Les variantes du jeu d'échecs - Echecs et informatique sur PC-Windows

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Variantes

Les variantes du jeu d'échecs




Il y a un très grand nombre de jeux utilisant le plateau et les pièces du jeu d'échecs, mais appliquant des règles plus ou moins différentes. Un très grand nombre signifie des centaines! Chaque année, de nouvelles variantes apparaissent ! Il est bien sûr hors de question de les examiner toutes. La plupart ne sont d'ailleurs que des curiosités pratiquées uniquement par quelques rares initiés. Je me contenterai pour ce site de passer en revue les versions "préhistoriques" des échecs - tel que le Chatrang, jeu qui est probablement à l'origine des échecs que nous connaissons aujourd'hui - les variantes objectivement les plus pratiquées, en compétition classique ou comme alternatives populaires sur les serveurs de parties en ligne, tels que FICS, ou Lichess.  Et enfin les variantes pour lesquelles il existe un moteur ou un programme gratuit pour y jouer.



Amazon Chess

La variante Amazon est une très ancienne variante des échecs, très courante au moyen âge en Europe et au Moyen-Orient. Elle était encore fréquemment utilisée dans les milieux populaires en Russie au dix-huitième siècle. Elle est très proche des échecs modernes. La disposition des pièces est identique. Il n'y a qu'une seule différence, mais elle est de taille : la dame est remplacée par une pièce féerique appelée "Amazone" dont les déplacements sont une combinaison des mouvements de la reine et du cavalier. Elle peut sauter par-dessus les pièces lorsqu'elle se déplace comme une cavalier mais pas lorsqu'elle se déplace comme une dame.

L'Amazone, généralement représentée comme un cavalier couronné,  est une pièce très puissante car elle contrôle un nombre de cases considérable. C'est sans doute cette trop grande puissante qui a conduit peu à peu à limiter ses pouvoirs à ceux de la reine actuelle.

Ci-contre, les déplacements possibles de l'Amazone. Les ronds noirs sont positionnés sur les cases où la pièce peut se déplacer comme un cavalier, en sautant par dessus les pièces voisines.

Je ne connais aucun logiciel proposant la variante Amazon. On peut y jouer depuis un navigateur Internet avec Jocly.



Antichess, suicide, loser's chess

Ce sont les variantes "Qui perd gagne" des échecs, connues sous le nom d'antichess ou anti-échec. En clair, pour gagner il faut soit ne plus avoir de pièce, soit être dans une situation de pat. Notons aussi que :
1/ Les pièces se déplacent toutes comme aux échecs standard, mais le roi est une pièce comme les autres. Il n'y a pas d'échecs, ni de mat, ni de roque.
2/ La capture est forcée, comme aux dames. Lorsque plusieurs captures sont possibles en même temps, le joueur au trait peut choisir la prise qu'il souhaite.

Le serveur de parties en ligne Lichess offre cette variante. Le serveur FICS en propose deux autres, légèrement différentes sous les noms de "suicide" et de "loser's chess".
Un applet Jocly permet d'y jouer, sous le nom de "Losing Chess".

Suicide

Les règles sont identiques, sauf sur un point de détail : le roi étant une pièce ordinaire, un pion peut-être promu en roi. Il peut donc y avoir deux rois de la même couleur sur l'échiquier.

Loser's chess

Loser's chess est également très proche dans son principe de l'antichess de Lichess, mais avec quelques différences plus importantes que suicide :
1/ Le but est toujours de perdre toutes ses pièces, mais cette fois à l'exception du roi.
2/ Le roi conserve un statut spécial. Il peut être mis en échecs et si c'est le cas, il doit être défendu. Si une défense implique une capture, elle doit être privilégiée.
2/ Pour gagner, il y a trois voies possibles :
-Perdre toutes ses pièces sauf le roi
-Être maté
-Être pat
3/ Les petits et grands roques sont possibles, bien que beaucoup moins utiles.
4/ la règle des 50 coups s'applique et aboutit à une partie nulle, de même que la règle des trois mouvements successifs identiques.


Autre nom possible pour cette variante : "losing chess", "giveaway chess", "killer chess"...


Atomic Chess

C'est l'une des variantes les plus complexes. Ici, les règles des échecs standards continuent à s'appliquer, mais avec une différence de taille : la pièce qui prend fait "exploser" toutes les cases autour d'elle, sienne comprise. Et toutes les pièces qui s'y trouvent, y compris la pièce attaquante et la pièce attaquée, sont retirées du jeu, sauf les pions.
Les pions ne peuvent être pris que par les méthodes des échecs standard, à une exception près: lorsque un pion est la pièce attaquante. Dans ce cas,  il est quand même retiré du jeu.
Quelques précisions s'imposent :

1/ Les rois ne peuvent pas exploser, de la même manière qu'ils ne peuvent pas être pris dans les échecs standard - mais seulement mis en échec. Cela entraîne que les rois ne peuvent pas  prendre de pièce. Mais :
Le mat traditionnel s'applique.
➤Si un coup abouti à menacer de faire exploser les cases où se trouve le roi adverse, cela équivaut à un mat. L'attaquant gagne la partie.
➤Un coup qui amènerait un joueur à menacer son propre roi est illégal.
➤Rois adjacents : avec la règle "atomic", les deux rois peuvent légalement se trouver sur des cases adjacentes, puisqu'ils ne peuvent prendre aucune pièce. La règle précédente entraîne que la partie ne peut pas être gagnée tant que les rois sont adjacents. Si les rois ne peuvent plus être séparés, la partie est nulle.


illustration : si le pion attaque la dame blanche il disparait dans "l'explosion", ainsi que la dame et le cavalier. L'autre pion reste en place.

On peut jouer à la variante atomic sur les serveurs de parties Lichess ou FICS.

En savoir plus ?
La règle d'atomic selon Lichess
"Study" Lichess illustrant la variante atomic

A noter : dans la variante "atomic" des échecs, les blancs ont un avantage décisif dû au fait qu'ils ont un 1/2 coup d'avance sur les noirs. Ceux-ci sont souvent contraints à la défensive et si les blancs jouent correctement, les noirs perdent, même s'ils ont eux aussi une bonne maîtrise du jeu. C'est pourquoi une sous-variante stipule comme règle supplémentaire qu'aucune pièce ne peut-être prise durant les trois premiers tours de jeu. Ni Lichess ni FICS n'ont toutefois retenu cette amélioration.



Capablanca Chess - et sous-variantes

Les échecs Capablanca sont une variante du jeu d'échecs, se jouant sur un échiquier 10×8 et proposée en 1920 par l'ancien champion du monde d'échecs, José Raúl Capablanca (1888-1942). Celui-ci estimait que l'on avait fait le tour des échecs et qu'il fallait modifier le jeu pour le rendre plus intéressant et limiter les occasions de parties nulles.
En fait, Capablanca a adapté la variante inventée au début du 17eme siècle par Pietro Carrera plutôt qu'inventé une nouvelle variante (voir plus bas).  

Dans la variante Capablanca, chaque joueur dispose, en plus des pièces habituelles des échecs, de deux nouvelles pièces, dites "féeriques" :
➤ Le Chancelier (ou l'Impératrice), qui combine les mouvements de la tour et du cavalier et qu'on représente comme un cavalier sur une tour ou comme une tour surmontant un fer à cheval (cas de Smirf Fullchess).
➤ Le Centaure (ou encore la Princesse), qui combine les mouvements du cavalier et du fou, représenté comme un cavalier au socle élargi, une tête de licorne ou par deux épées croisées
(cas de Smirf Fullchess).
Le Chancelier comme le Centaure peuvent passer par dessus les autres pièces lorsqu'ils se déplacent comme des cavaliers mais pas lorsqu'ils se déplacent comme des fous ou des tours.


Position de départ de la variante Capablanca

Contrairement aux échecs orthodoxes, chaque roi, au lieu de chaque reine, commence sur une case de sa propre couleur : le roi blanc sur une case claire ; le roi noir sur une case sombre. Le centaure est placé du côté dame, entre le cavalier et le fou ; le Chancelier occupe l'emplacement symétrique, côté roi.

Le roque est légèrement modifié : le roi se déplace de trois cases lors du roque au lieu de deux cases comme aux échecs standard.

Les logiciels gratuits Smirf FullChess et ChessV permettent de jouer à cette variante, ainsi qu'à de nombreuses variantes proches.  
Un applet Jocly permet aussi de jouer depuis un navigateur Internet quelconque.

La variante Capablanca Chess n'a jamais eu beaucoup de succès. Aucun grand joueur d'échecs de l'époque n'a daigné s'y intéresser.  Selon le champion britannique William Winter, il y aurait trop de pièces fortes, ce qui rendrait peu pertinente la présence des pièces faibles et nuirait à l'équilibre général du jeu. D'autres ont fait remarquer que l'on gagne beaucoup plus souvent lorsqu'on a les blancs. Néanmoins, la variante CC est considérée comme historiquement importante, sans doute à cause de la considérable notoriété de son promoteur. Beaucoup de variantes proches l'ont précédées ou suivies. En voici quelques unes :


Bird's array chess

Le grand joueur d'échecs anglais Henri Bird a proposé en 1874 une variante très proche de celle de Carrera. Seule la position des pièces des premier et huitième rangs est différente : Bird a placé les nouvelles pièces de part et d'autre du couple royal. Le Chancelier, qu'il nomme "Ecuyer" se trouve du côté dame ; le Centaure, qu'il appelle "Garde", est à côté du roi.


Position de départ de la variante Bird


Smirf FullChess et ChessV permettent de jouer à la variante Bird.



Capablanca Random Chess - CRC


Inventée par Reinhard Scharnagl en 2004, cette sous-variante combine le jeu de pièces et le plateau 10×8 de la variante CC avec l'idée de permutation des échecs aléatoires de Bobby Fischer (Fischer Random Chess ou Chess960). Les règles sont les mêmes qu'aux échecs de Capablanca, sauf que la configuration initiale est aléatoire et que le roque est un peu différent.
Les pièces du premier rang sont placées après tirage au sort avec les restrictions suivantes :
➤ Les fous doivent être sur des cases de couleur opposée, dans le but d'équilibrer la force des fous.
➤La reine et le Centaure doivent également commencer sur des cases de couleur opposée.
➤Le roi doit être entre les tours, afin de préserver la capacité de roquer.
➤Tous les pions doivent être protégés dans la configuration initiale, ce qui minimise l'avantage des Blancs de jouer en premier.
➤Les positions de départ avec les fous voisins doivent être évitées, car cela augmente l'avantage pour les blancs de jouer en premier.
➤Les pièces noires sont placées en huitième rangée en position miroir.
Ensemble, ces règles restreignent la configuration d'ouverture à 12.118 positions de départ.


Une position possible de la variante CRC

Le roque : il est possible, à la manière des échecs de Fischer, c'est-à-dire :
➤Le roi a toujours une tour du côté gauche et une autre du côté droit.
➤Quelle que soit la position initiale du roi et de la tour, l'emplacement d'arrivée des pièces  est le même qu'aux échecs orthodoxes.
Pour le reste, les restrictions sont identiques à celles des échecs classiques :
➤Le roi et la tour qui participent au roque ne doivent pas avoir déjà bougé.
➤Le roi ne doit pas être en échec.
➤L'espace entre les positions initiale et d'arrivée du roi et de la tour à roquer ne doit contenir aucune autre pièce.
➤Le roi ne peut pas traverser ou arriver sur une case attaquée par une pièce adverse.

Le logiciel Smirf FullChess permet de jouer à la variante Capablanca Random Chess.


Carrera's array chess


En fait, Capablanca n'a pas inventé sa version des échecs, il serait plus juste de dire qu'il a adapté celle qu'avait proposé Pietro Carrera au début du dix-septième siècle. Dans son livre "Il Gioco degli Scacchi", ce prête italien décrivait en 1617 une version des échecs se déroulant sur un plateau de 10x8 cases, avec deux pièces dotées des mêmes caractéristiques que celles de Capablanca - qu'il appelait alors le Centaure et le Champion. Ces nouvelles pièces lourdes sont positionnées entre les tours et les cavaliers. Les pièces noires et les pièces blanches sont disposées en miroir.



Variante de Carrera, position de départ


Smirf FullChess et ChessV permettent de jouer à la variante Carrera. Un applet Jocly permet aussi de jouer depuis un navigateur Internet quelconque.


Chancellor chess

Inventé par Benjamin R. Foster en 1887, la variante Chancellor se joue sur un échiquier 9x9. Il y a donc un pion de plus par côté. D'autre part, une pièce féérique, le Chancelier, prend place à la droite du roi blanc et à la gauche du roi noir.  Le Chancelier a les mêmes pouvoirs que celui de la variante Capablanca : il combine les mouvements de la tour et du cavalier.


Variante Chancellor : position de départ

Dans le livre où il expose sa variante Ben Foster décrit clairement sa filiation avec les échecs de Carrera, du duc de Rutland, de Tressan et de Henri Bird.

On peut jouer à la variante Chancellor avec ChessV.
Un applet Jocly permet aussi de jouer depuis un navigateur Internet quelconque.


Embassy Chess

Cette variante combine la variante Grand chess (pour la position des pièces) et le plateau 10x8 de Capablanca Chess. Les pièces nouvelles sont donc disposées à l'aile roi, le Chancelier à côté du roi et le Centaure à côté du fou.


Position de départ de la variante Capablanca Embassy

Smirf FullChess et ChessV permettent de jouer à la variante Capablanca Embassy.



Gothic Chess

Les échecs gothiques reprennent le principe de la variante Capablanca mais la position des pièces est différente. Elles sont disposées de cette façon : Tour, Cavalier, Fou, Dame, Chancelier, Roi, Centaure, Fou, Cavalier, Tour



Cette variante a été développée par Ed Trice au début des années 2000 afin de corriger certaines faiblesses des variantes Capablanca ou Bird. Selon Trice, le principal problème de ces variantes réside dans la configuration initiale des pièces, qui favorise trop les blancs. Ceux-ci auraient ainsi beaucoup plus de facilité à l'emporter, toute chose égale par ailleurs.
L'amélioration de Trice consiste à positionner toutes les pièces de telle sorte qu'aucun des pions ne reste sans défense au début de la partie. Concrètement, il a repris la position de la variante Bird, en échangeant les cases initiales de la reine et du chancelier.

Ed Trice a déposé un brevet pour sa variante, ce qui a beaucoup nui à sa diffusion. Il a abandonné le règlement des droits en 2006. La configuration "Gothic" est donc maintenant totalement libre. On peut y jouer avec ChessV et avec Smirf Fullchess, à condition de télécharger le PGN que j'ai construit pour cette variante.

Un applet Jocly permet aussi de jouer depuis un navigateur Internet quelconque.



Grotesque Chess

La variante Grotesque des échecs a été mise au point par Fergus Duniho et s'inspire largement de la variante Capablanca. Duniho a repris cependant les termes de Pietro Carrera pour les nouvelles pièces lourdes. Le Garde correspond au Chancelier de Capablanca (combinaison d'une tour et d'un cavalier) et l'Ecuyer au Centaure (combinaison d'un fou et d'un cavalier).
La position des pièces, sur un échiquier 10x8, est telle qu'aucune pièce reste non-protégée en début de partie. Voici la configuration de départ :



Comme vous le voyez, Fergus Duniho a eu l'idée de redessiner toutes les pièces sur un mode abstrait, ce qui ne facilite pas les choses. C'est pourquoi je détaille la correspondance des pièces. Cela peut être utile, d'autant que le seul programme proposant de joueur à la variante grotesque, ChessV, a pris le parti de représenter la variante avec les graphismes de Dunhilo.

L'autre différence d'avec la variante Capablanca concerne la règle du roque. Lorsqu'un roi roque, il peut se déplacer de deux cases ou plus vers la tour et s'arrête à côté d'elle. La tour saute par-dessus le roi et s'installe juste à côté de lui, sur la dernière case qu'il vient de traverser.  
Les situations empêchant le roque sont les mêmes que pour la variante CC, de même d'ailleurs que les échecs orthodoxes.

Comme indiqué plus haut, ChessV permet de jouer à la variante grotesque, avec le dessin abstrait des pièces.


Grand Chess

Variante assez récente, inventée en 1984 par un designer de jeux néerlandais, Christian Freeling. Elle est assez proche de la variante Capablanca, avec le même Chancelier, appelé ici Maréchal (combinant le mouvement des tours et des cavaliers) et le même Centaure, devenu Cardinal (combinant le mouvement des fous et des cavaliers).
Grand chess s'éloigne de la variante Capablanca par la position des pièces et par la taille du plateau. Grand Chess se joue sur un échiquier 10x10 et la disposition des pièces est vraiment particulière :




Notez que les pièces féériques sont en position "miroir" sur les mêmes colonnes, à droite du roi blancs et à gauche du roi noir. Et la position des tours, seules dans les angles. Cette disposition augmente leur puissance car elles peuvent agir très vite, étant beaucoup plus libres de leurs mouvements qu'aux échecs orthodoxes ou Capablanca.
La règle de promotion diffère aussi fortement : un pion atteignant le huitième rang ou le neuvième rang peut-être promu, si le joueur le souhaite. S'il atteint le dixième rang, la promotion est obligatoire, à condition toutefois que l'adversaire ait déjà capturé une pièce légère ou lourde. En effet, la promotion ne peut avoir lieu qu'en reprenant l'une des pièces déjà perdue. A défaut,  le pion reste au neuvième rang. Il peut néanmoins faire échec au roi.
La prise en passant s'applique, le mat est standard, la partie peut finir par un match nul (appelée Impasse). Par contre, le roque n'existe pas.

On peut jouer à la variante Grand Chess avec ChessV et avec un applet Jocly.


Janus Chess

Janus Chess est une variante des échecs inventée en 1978 par l'Allemand Werner Schöndorf de Bildstock. Il se joue sur un échiquier 10x8 et comporte une pièce féerique, le Janus, dotée des mouvements combinés d'un fou et d'un cavalier. Autrement dit, la pièce correspond exactement au Centaure de la  variante Capablanca.  
A noter : Janus est le nom d'un dieu romain souvent représenté avec deux visages regardant dans des directions opposées. D'où son nom ici.
Il y a deux pions de plus pour la seconde rangée et deux Janus par joueur, représentés par un cavalier au socle élargi,  par une tête de licorne ou encore par deux épées croisées.

Les janus sont placés entre les tours et les cavaliers. La position relative du roi et de la reine est inversée par rapport aux échecs.
Après le roque, le roi se tient sur la colonne b ou i et une tour se tient sur la colonne c ou h, selon le côté où le roque est effectué.


Position de depart de la variante Janus

Le Janus est considéré comme presque aussi puissant qu'une reine et est généralement évalué à 8 points. C'est la seule pièce du jeu qui est capable de mater le roi adverse sans l'aide d'aucune autre pièce, si le roi est acculé dans un coin.
Les joueurs débutent la partie avec une puissance matérielle très supérieure aux échecs orthodoxes, mais cet excès est relativisé par la taille du plateau de jeu, qui dilue la puissance des pièces, les joueurs ayant beaucoup plus d'espace pour manoeuvrer.  

La variante Janus est assez populaire en Europe, où des compétitions sont régulièrement organisées, auxquelles participent parfois de forts joueurs d'échecs.  Korchnoï appréciait par exemple beaucoup les échecs Janus, qui permettait, selon lui, plus de créativité que les échecs normaux. Plus près de nous,  Peter Léko ou Artur Yusupov pratiquent aussi cette variante.


Smirf FullChess et ChessV permettent de jouer à la variante Janus Chess. Un applet Jocly permet aussi de jouer depuis un navigateur Internet quelconque.


Chatrang (ou shatranj)

On ignore où se situent exactement les origines du jeu d'échecs. Les formes les plus primitives sont nées probablement quelque part en Asie entre le 3eme et 4eme siècle de notre ère. On sait en revanche qu'au sixième siècle, un jeu très proche de nos échecs modernes, le "chatrang", est apparu en Perse. Le jeu est devenu assez vite très populaire dans le monde musulman, au moyen-orient. Puis le "chatrang" a accompagné naturellement la poussée musulmane en Europe du sud (Espagne, Italie) et en Afrique du nord, au milieu du moyen-âge.



Les règles du jeu sont très proches de celles des échecs modernes. La position initiale des pièces est la même qu'aujourd'hui.
➤Le roi se déplace comme aux échecs d'une case dans toutes les directions. Il peut au cours de la partie réaliser une seule fois un mouvement en L comme un cavalier; ce mouvement ne peut pas être réalisé s'il est en échec.
➤Le conseiller (vizir), qui occupe la position de la dame, se déplace d'une case en diagonale.
➤Les éléphants, sur la position des fous, se déplacent de deux cases en diagonale. Comme les cavaliers, ils peuvent passer par dessus les pièces qui font obstacle.
➤Les chevaux (faras) occupent la position des cavaliers et se déplacent de la même façon.
➤Les chars (roukh) occupent la position des tours et se déplacent de la même façon.
➤Les soldats (baidaq) occupent la position des pions, se déplacent de la même façon et prennent en diagonale. Mais ils ne connaissent pas la possibilité de se déplacer de deux cases à leur coup initial. De plus leur promotion ne se fait qu'en conseiller.

Le déroulement du jeu est identique à celui des échecs. Le but est de bloquer le roi, ce qui correspond exactement à la règle du mat. Les prises fonctionnent comme aux échecs. Les blancs jouent en premier. En revanche, le roque est inconnu.

Remarque : les possibilités de mouvement des pièces au chatrang font que les débuts de partie sont beaucoup plus lents qu'aux échecs. C'est probablement l'une des causes de l'évolution du jeu vers les échecs modernes.



La règle ci-dessus correspond à la variante la plus moderne du "Chatrang". C'est celle que vous pourrez pratiquer avec ChessV (ce programme propose un set de pièces spécifique - ci-dessus) ou avec Rival Chess (sur un échiquier standard).
A ma connaissance, aucun serveur de parties en ligne ne propose de jouer à cette variante ancienne. Par contre on y joueur depuis un navigateur Internet avec un applet Jocly.



Corner chess

La variante Corner se joue sur un échiquier 8x8 classique et avec les mêmes pièces que les échecs orthodoxes. Elle diffère principalement par la position initiale des pièces. Notamment, les rois sont positionnés dans le coin droit de la première rangée pour les blancs et dans le coin gauche de la huitième rangée pour les noirs (vu des blancs). Les autres pièces sont disposées de manière totalement symétrique, comme sur l'image ci-dessous :



C'est la version que propose le logiciel Smirf Fullchess.
Il existe une sous-variante pour laquelle la position des cavaliers, fous, dames et tours est déterminée de manière aléatoire. Je ne connais aucun programme qui propose d'y jouer mais il est possible de la créer avec Smirf.

Seconde différence majeure : il n'y a pas de roque dans la variante Corner.


Crazyhouse

Le "Crazyhouse" est une variante des échecs qui emprunte au shogi la possibilité de poser sur n'importe quelle case libre du plateau une pièce précédemment capturée, comme si elle était une des siennes. On appelle cela le "parachutage" ou "drop".

Les règles habituelles des échecs sont conservées. S'y ajoutent les règles de parachutage. Voici comment cela fonctionne :
1/ Une pièce que vous capturez est stockée dans votre réserve de pièces, en prenant votre couleur ;
2/ Vous pouvez prendre l'une de ces pièces à votre tour de jeu et la poser sur n'importe quelle case libre de l'échiquier. Cela équivaut à un coup.
3/ Un parachutage peut entraîner un mat immédiat.
4/ Les pions peuvent être parachutées, mais pas sur les 1e et 8e rangées.
5/ Si un pion promu est capturé, il entre dans la réserve du joueur sous forme d'un simple pion.


Ici, les blancs s'apprêtent à remettre en jeu le fou noir - devenu blanc-  sur la case C3, mettant le roi noir en échecs.

Voir une démo ?

La variante Crazyhouse a aujourd'hui beaucoup de succès sur les serveurs de parties, notamment sur Lichess. On peut y jouer également sur FICS.

A noter : la variante "double blitz" ressemble beaucoup à "crazyhouse", mais se joue à quatre et sur un rythme très rapide.   


Double Blitz (blitz à quatre) ou bughouse

Le "double blitz" ou "blitz à quatre" est une variante du jeu d'échecs assez populaire qui se joue en deux équipes de deux joueurs, avec deux échiquiers, les équipiers ayant des couleurs alternées.
En cours de partie, lorsqu'un joueur prend une pièce adverse, celle-ci est transférée dans la réserve de son équipier. Lequel peut, lorsqu'il est au trait, poser la pièce sur un emplacement vide de l'échiquier. Cela équivaut à un coup.
Le "double blitz" est joué à la pendule et le temps de chaque joueur est assez bref, souvent 5 minutes. Comme le nom l'indique, il s'agit bien de parties blitz.
La victoire est obtenue idéalement par l'équipe qui arrive la première à faire échec et mat. La victoire est acquise si l'un des joueurs adverses abandonne ou encore perd au temps.  
Autres points particuliers :
➤Lorsqu'un pion est capturé, le partenaire ne peut pas le poser sur la première ou la dernière rangée de l'échiquier.
➤La promotion des pions fonctionne, mais si un pion promu est pris, il ne pourra réapparaitre sur l'échiquier du partenaire que comme un simple pion.
➤Un pion réactivé sur l'échiquier du partenaire posé sur sa seconde rangée peut avancer de deux cases pour son premier coup, comme un pion "natif".
➤La communication orale entre les équipiers est tolérée.

Vous aurez remarqué que cela ressemble beaucoup à la règle du "crazyhouse", mais à quatre.
Le "double blitz" est employé régulièrement en championnat. Le serveur de parties FICS propose la variante sous le nom de anglo-saxon "bughouse".



Echecs 960 - Echecs aléatoires de Fischer / Shuffle chess

Inquiet de voir les champions d'échecs passer leur temps à apprendre par coeur toutes les bonnes lignes d'ouvertures jusqu'à 20 coups ou plus, l'ancien champion du monde Bobby Fischer a mis au point une nouvelle règle du jeu d'échecs appelée "Chess 960" - ou souvent aussi les "échecs aléatoires de Fischer" (Fischer Random Chess) - qui rend inutile l'apprentissage des ouvertures.
Les changements sont finalement relativement modestes. On peut même dire que les règles sont rigoureusement les mêmes, sauf sur deux points: la position de départ et le fonctionnement du roque.



Une position de départ possible aux échecs 960

Dans la version 960, les pièces de la première et de la huitième rangées - où se trouvent les pièces majeures - sont positionnées au hasard, et changent donc à chaque parties, la configuration des noirs étant exactement symétrique de la configuration des blancs. Il y a quelques petites restrictions fort logiques :

➤Le roi doit être entre deux tours, pour pouvoir roquer (car la règle 960 conserve la manoeuvre du roque).
➤Les fous doivent évidemment être sur des cases de couleur différente.
➤Les pions seront par contre à leur place habituelle.

Bobby Fischer avait calculé que cela faisait 960 possibilités de coup de départ possibles, contre à peine une vingtaine pour les échecs classiques. D'où le nom de sa variante.
Le bouleversement de la première rangée a toutefois contraint Fischer à aménager un peu la règle du roque de la façon suivante :  

➤Le roi a toujours une tour du côté gauche et une autre du côté droit
➤Quelque soit la position initiale des pièces, le roi et la tour atterrissent toujours, au cours de la manoeuvre du roque, là où elles devraient être dans une partie classique. Pour le petit roque, blancs ou noirs peu importe,  la tour arrive sur la colonne f et le roi sur la colonne g. Pour le grand roque, la tour atterri en d et le roi en c.
Pour le reste, les règles habituelles s'appliquent : il ne doit plus y avoir de pièces entre le roi et la tour, le roi ne doit pas être en échecs, etc.
Une fois l'ouverture terminée, une partie 960 ressemble beaucoup à une partie classique.


Informatique et échecs 960

La variante Fischer était vraiment intéressante et aurait mérité davantage de succès. Elle a dû faire face à trois écueils : à chaque début de partie il fallait organiser une fastidieuse opération de tirage au sort des pièces. L'autre obstacle résidait dans la complexité apparente de la nouvelle règle du roque - qui a souvent été mal comprise. Enfin, le conservatisme du milieu des échecs est aussi en cause.

Par contre, beaucoup de bons moteurs d'échecs supportent nativement la variante 960 : par exemple Stockfish, Komodo, Fruit, Spike, Hermann...
Les interfaces d'échecs l'emploient parfois également. C'est le cas de l'interface commerciale Fritz. Dans le domaine libre et gratuit, Scid vs PC la propose, mais uniquement en partie tactique contre le moteur Phalanx, pas en partie sérieuse contre un moteur UCI, même s'il supporte la variante.
Sur ce point par contre Arena fait très fort. Avec cette interface, on peut jouer à la variante 960 dans toutes les conditions et avec n'importe quel moteur, UCI ou Winboard, qu'il supporte ou non nativement la variante. Il faudra juste être attentif à désactiver la bibliothèque d'ouvertures du moteur ou celle d'Arena si elle avait été sélectionnée, ceci afin d'éviter qu'il ne perde du temps à chercher dans la table des coups qui ne peuvent pas s'y trouver.
Crafty Chess Interface et Lucas Chess ont fait par contre l'impasse totale sur la variante 960.

Côté programme d'échecs, ChessV et Smirf Fullchess proposent tous deux  la variante 960. On peut y jouer aussi depuis un navigateur Internet avec un applet Jocly.

Enfin, tous les serveurs de parties, en particulier les gratuits FICS et Lichess, offrent la possibilité de jouer aux échecs aléatoires de Fischer.


Shuffle Chess, Wild castle

En réalité, Bobby Fischer n'a pas tout inventé de sa variante 960. Elle est une adaptation de la variante "Shuffle" (qui signifie "mélange" ou "tirage au sort"), apparue à la fin du 18eme mais tombée en désuétude sans avoir connu le succès. Comme pour la 960, la variante Shuffle prévoit un tirage au sort de la position de toutes les pièces de la première rangée, avec une seule restriction : les fous devront toujours être sur une couleur différente. Mais elle abandonne le roque.

Seule l'interface Arena permet de jouer à la variante shuffle pure. Le programme ChessV permet de joueur à "Wild Chess", une forme très proche de Shuffle, qui s'en différencie seulement par le fait que le roque reste possible, parce que le roi et les tours échappent au tirage au sort de la position. Les rois sont positionnés toujours sur la colonne "e" et les tours sur les colonnes "a" et "h".


Chess 480

Cette variante a été inventée en 2005 par John Kipling Lewis. Elle s'inspire beaucoup de la variante Fischer (Chess 960) mais introduit quelques différences. Elle se joue sur un échiquier de 8x8 cases et avec les pièces habituelles du jeu d'échecs mais comme pour les échecs 960, il y a un tirage au sort de la position des pièces du 1er rang, selon les règles suivantes :

➤ Les pions sont placés comme pour les échecs
➤ Toutes les pièces restantes sont placées au premier rang, après tirage au sort
➤ Le roi est positionné quelque part entre les deux tours blanches.
➤ Les fous blancs sont placés sur des cases de couleurs opposées.
La situation sur l'échiquier est symétrique : les pièces noires sont positionnées en miroir des pièces blanches.



Les règles des échecs s'appliquent sauf en ce qui concerne le roque.  Il est conservé mais fonctionne de la façon suivante :
➤ Le roi est déplacé de sa case d'origine de deux cases en direction de la tour et cette tour est transférée sur la case que le roi vient de traverser (si elle n'y est pas déjà).
➤ Si le roi et la tour sont adjacents dans un coin et que le Roi ne peut pas se déplacer de deux cases vers la Tour, alors le roi et la tour échangent les cases.
Il n'est plus possible de roquer si :
➤ Le roi a déjà bougé
➤ Une tour à déjà bougé
Le roque est temporairement empêché si :
➤ Si la case sur laquelle se tient le Roi, ou la case qu'il doit traverser, ou la case qu'il doit occuper, est attaquée par une ou plusieurs pièces de l'adversaire.
➤ S'il y a une pièce entre le Roi et la Tour avec laquelle le roque doit être effectué.


Le logiciel Smirf FullChess permet de jouer à la variante Chess 480.




Horde et Dunsany's chess

Dans cette variante, dérivée du "jeu de Dunsany", les noirs débutent la partie avec toutes les pièces du jeu standard et dans les mêmes positions. De leur côté, les blancs n'ont que des pions, mais en nombre : 36 pions, disposés comme ci-dessous :



C'est la horde. Le job des noirs est de la décimer entièrement ; celui des blancs est de les en empêcher et de mettre mat le roi noir. Précisions :
1/ Les pions du premier et du deuxième rang peuvent se déplacer de deux cases.
2/ Les pions noirs ne peuvent pas capturer les pions du premier rang qui ont bougé de deux cases car ce n'est pas une capture en passant valide.

Si le départ est assez simple, les prolongements tactiques de cette variantes sont assez complexes. Le canadien Philippe Saner a rédigé une excellente petite étude théorique permettant de découvrir les rudiments tactiques et stratégiques de cette variante. Je l'ai traduite pour vous.
Télécharger l'étude "guide détaillé de la horde" de Philippe saner, en français ?


Dunsany's chess

Le "jeu de Dunsany" est une variante d'échecs asymétrique inventée par un anglais, Lord Dunsany, en 1942, dans laquelle les noirs ont toutes les pièces du jeu d'échecs standard, avec la même configuration tandis que de l'autre côté, les blancs ont 32 simples pions. Comme ceci :



Les règles sont les mêmes que pour les échecs standard, avec les exceptions suivantes:
1) Les noirs se déplacent en premier.
2) Les pions noirs peuvent avancer comme d'habitude d'une ou deux cases pour leur premiers coups, mais pas les pions blancs.
3) Pour gagner, les noirs doivent capturer les 32 pions blancs, tandis que les blancs gagnent en matant les noirs.
A noter :
1) Les pions noirs comme blancs bénéficient de la promotion en arrivant au bout du camp adverse.
2) Si le jeu est bloqué du fait que les blancs n'ont plus de mouvement légal, la partie est déclarée nulle.

A ma connaissance, aucun site de parties en ligne ne propose la version originale de lord Dunsany. Et cette variante pourtant importante est ignorée de ChessV. Un peu dommage.


Kinglet (ou Imperial Fiddlesticks)


Encore une invention du prolifique Vernon Parton. La variante "Kinglet" a été révélée en 1953. Les pièces, leur capacité de déplacement, leur position de départ sur l'échiquier sont les mêmes qu'aux échecs standard. Mais ici le but de chaque joueur et d'éliminer les huit pions de l'adversaire. Le roi n'est qu'une pièce comme les autres. Il n'y a ni échec ni mat. Les rois peuvent d'ailleurs être capturés. Autre point important : lorsqu'un pion arrive en position de promotion, il se transforme automatiquement en roi.

Bien que la variante "Kinglet" ait connue une certaine popularité, elle n'a pas été reprise par les serveurs de parties en ligne. Par contre les programmes ChessV et Rival Chess permettent d'y jouer dans de bonnes conditions.


King of the Hill

Dans la variante "Roi de la colline" (ou de la "montagne"),  toutes les règles des échecs s'appliquent y compris le mat, mais il y a une autre voie pour gagner la partie : arriver à amener son roi sur l'une des quatre cases centrales (e4, e5, d4, d5), la colline ou montagne. Notez qu'un roi ne peut se positionner sur l'une de ces cases si cela le met en échec.
On peut jouer à la variante "King of the hill" sur Lichess.



Racing kings (course de rois)

Une variante légère mais très amusante, inventée par Vernon R. Parton en 1961 (par ailleurs aussi à l'origine des variantes "Alice" et "Kinglet"). Les deux joueurs démarrent la partie du même côté de l'échiquier avec toutes les pièces habituelles sauf les pions. Les noirs occuppent l'aile dame et les blancs l'aile roi. La configuration est la suivante :



Le but du jeu est de faire parvenir le premier son roi sur la huitième rangée.
Détail des règles :
1/ Les pièces se déplacent toutes comme dans la version standard des échecs
2/ Le roi reste une pièce à part. Ici, il ne peut pas être mis en échecs ou attaqué de quelques manière que ce soit. Ainsi par exemple, dans la position de démarrage, le cavalier ne peut pas attaquer le fou à sa porté car dans cette position il mettrait le roi en échec. Pour la même raison, un roi ne peut pas se déplacer sur une case où il serait lui même attaqué, comme dans la règle standard.
3/ Les blancs commencent la partie et ont donc une avance d'un 1/2 coup sur les noirs. C'est pourquoi, si le roi blanc arrive premier sur la huitième rangée et que le roi noir suit immédiatement, il y a naturellement égalité. La partie est considérée comme nulle.

La "course de rois" est proposée sur Lichess.



Three-check chess

Dans cette variante on peut gagner en réussissant à mettre trois fois le roi en échec. Toutes les autres règles des échecs s'appliquent. Quelques précisions :
1/ Si votre roi est en échec, vous devez y porter remède avant toute chose, comme aux échecs standard. Vous ne pouvez pas par exemple gagner en mettant pour la 3eme fois votre adversaire en échec si votre roi est lui même en échec.
2/ On peut toujours gagner en matant à la manière traditionnelle.
3/ Si plusieurs pièces mettent un roi en échec, cela ne compte que comme un seul échec.

On peut jouer à la variante "Three-check" sur Lichess.



Les mini-échecs

Il s'agit de variantes dont les règles sont quasi-identiques à celles des échecs orthodoxes mais qui se jouent sur des échiquiers plus petits : 4x4, 4x5, 4x6, 4x8, 5x5, 5x6…
Elles sont souvent très intéressantes et pourtant ChessV, le spécialiste des variantes qui en propose plus d'une centaine, les ignore superbement. En revanche, beaucoup d'entres-elles ont fait l'objet d'un applet Jocly. Même si le niveau de force de Jocly est faible, il est suffisant en général pour découvrir une variante. Car la plupart du temps votre expérience des échecs orthodoxes sera inutile…

Mini-Chess Silverman 4x4

Proposé en 1981 par le mathématicien David Silverman, cette variante  se présente plus comme un casse-tête que comme un jeu de stratégie. Il s'agit en effet pour les blancs de trouver l'une des deux combinaisons gagnantes. Amusant, mais limité.

Jouer à Mini-Chess 4x4 avec Jocly ?


Mini-Chess Silverman 4x5

Silverman a ajouté une ligne de plus à son plateau, de façon à obtenir une version de Mini-Chess plus jouable. Dans cette configuration, les pions peuvent avancer de deux cases pour le premier coup, s'il y a la place.

Jouer à Mini-Chess 4x5 avec Jocly ?


Microchess Glimne 4x5

Variante inventée par Glimne en 1997. Sur un plateau 4x5 chaque joueur n'a plus qu'un pion, une tour, un fou, un cavalier et son roi. Le roque est possible.  Le nombre limité de pièces rend le jeu plus intéressant.

Jouer à Microchess avec Jocly ?


Demi-Chess Krystufek 4x8

Inventé par Peter Krystufek en 1986, ce jeu se joue sur une moitié de plateau d'échecs. Chaque joueur n'a plus que 4 pions, une tour, un fou, un cavalier et son roi. Le roque est possible.

Jouer à Demi-Chess avec Jocly ?


L'illustration ci-dessus est tirée de Wikipédia

Les variantes utilisant 5 colonnes sont aussi nombreuses et ont l'avantage de permettre d'utiliser toutes les variétés de pièces des échecs orthodoxes.


Mini-Chess Gardner et Baby Chess 5x5

Martin Gardner a été l'un des premiers à proposer, en 1969, une variante sur plateau 5x5 dans laquelle tous les coups des échecs sont autorisés, y compris la double avancée de pions, la prise en passant et le roque. La variante Gardner paraissait assez équilibrée, bien qu'il soit apparu assez vite qu'elle donne un avantage important aux blancs (les blancs remportent 40% des parties, contre seulement 28% pour les noirs). Assez couramment pratiquée dans les années soixante-dix, la variante a donné lieu à des développements théoriques importants, notamment à l'établissement d'une théorie des ouvertures. Puis elle a perdu de son intérêt car les progrès dans la connaissance du jeu ont abouti à une quasi-résolution et à la certitude que deux très bons joueurs ne peuvent arriver qu'à un match nul. C'est pourquoi Gardner à proposé 20 ans plus tard une sous-variante, qu'il a appelé Baby Chess. Il n'y a qu'un seul changement : les pièces des noirs sont disposées non en miroir mais symétriquement.

Jouer à Mini-chess Gardner ?
Jouer à Baby chess ?


Malett Chess 5x5

Auteur du programme de variantes Zillions of games, Jef Malett a proposé une nouvelle version des échecs 5x5, dans laquelle les blancs ont deux cavaliers tandis que les noirs se débrouilleront avec deux fous.

Jouer à Malett Chess avec Jocly ?




Chess Attack 5x6

Les versions 5x6 sont encore plus nombreuses. Impossible d'en faire le tour en quelques lignes. Je retiendrais surtout la variante "Attack", la plus jouée actuellement. Commercialisée par la société norvégienne Yes Games AS à partir de 2008, elle est fortement soutenue par Magnus Carlsen en personne, ainsi que par la championne du monde féminine Alexandra Kosteniouk. Chess Attack est en fait une sous-variante de Mini-Chess Gardner, avec une ligne de plus.

Jouer à Chess Attack avec Jocly ?


Les illustrations ci-dessus sont tirées de Wikipédia.


 
 
 
 
 
 
 
 
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