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Grands Maîtres


Adolf Anderssen


Adolf Anderssen est né en 1818 à Breslau, royaume de Prusse (aujourd'hui Wroclaw, en Pologne).  Il est mort à 1879 , à 60 ans, dans la même ville, appartenant alors à  l'Empire allemand.  Bien qu'étant resté un joueur amateur, il a été considéré comme le champion du monde des échecs officieux de 1851 à 1858. Il est l'un des plus illustres représentants de l'école "romantique".


Carrière

Anderssen a appris à jouer aux échecs à l'âge de neuf ans et a lu dans sa jeunesse tout ce qu'il a pu trouver sur les échecs. Il a publié, à 24 ans, un traité sur les finales qui lui a apporté une certaine notoriété. Mais sa démarche est restée celle d'un amateur. Il a donné la priorité à ses études et ce n'est qu'une fois installé dans la vie (il obtient un poste de professeur de mathématique à Breslau) qu'il recommence à jouer avec intensité. Il a déjà la trentaine.

<- Ci-contre, Anderssen vers 1860...

Son premier grand succès, il l'obtient en 1948 en faisant match nul (5-5) contre Daniel Harrwitz, l'un des meilleurs joueurs de l'époque. Mais c'est sa victoire au tournoi de Londres de 1851 qui en fait un joueur de premier plan. C'est l'épreuve la plus prestigieuse de l'époque et Anderssen y défait le plus gros de l'élite européenne: Lionel Kieseritzky, Szén, Wyvill et William Staunton, alors considéré comme le meilleur joueur du monde.

A son tour, Anderssen acquiert la réputation de champion du monde officieux. En 1858, l'américain Paul Morphy lui met une claque monumentale, au cours d'un tournoi de 10 parties. Il n'en gagne que deux et obtient deux parties nulles. Le fait est : Morphy est bien plus fort. Mais après un tour de piste prodigieux, le champion américain disparaît du paysage et Anderssen reprend sa place de leader mondial. Il gagne à nouveau le tournoi de Londres en 1862, mais baisse sa garde. Il ne participe à aucun tournoi dans les cinq années suivantes. Et lorsqu'il affronte Steinitz en 1866, il n'est pas près. Le futur champion du monde ne l'écrase pas mais gagne tout de même assez nettement, avec huit parties gagnées contre six pour Anderssen. Il n'y a pas de partie nulle.
Par la suite, sa victoire la plus notable fut de remporter le tournoi de Baden-Baden, en 1870. Les 10 dernières années de sa vie ne seront pas très fécondes sur le plan des échecs. Bien que participant à de nombreuses compétitions de niveau mondial, il s'enfonça peu à peu dans les classements. Le temps des échecs romantiques était révolu, laissant la place aux échecs scientifiques et positionnels.



Style romantique

Adolf Anderssen est un joueur offensif aux brillantes combinaisons tactiques. Alors que le championnat du monde n'existait pas encore, il était considéré comme le plus fort joueur du monde,  jusqu'à sa défaite contre l'américain Paul Morphy.  A l'instar de la plupart des joueurs de son époque, il ne connaissait que l'attaque. Mais en ce domaine, il n'avait pas d'égal. Deux de ses victoires sont devenus des classiques, sous les noms de "L'immortelle" et la "Toujours jeune" (ou "La toujours verte").

Anderssen encore jeune (source et auteur inconnus) ->


Son style est cependant moins typiquement romantique qu'on ne le croit généralement. Quelques parties très brillantes montrent effectivement un Anderssen très vif, sacrifiant allègrement des pièces pour forcer le mat. Mais dans beaucoup d'autres parties, il avance avec une certaine prudence et fait preuve d'un jeu assez matérialiste, n'acceptant les échanges qu'avec parcimonie. Si d'aventure il accepte un échange de pièces très déséquilibré, cela signifie que son adversaire a beaucoup de soucis à se faire au sujet de l'issue de la partie.



Jouer contre une simulation d'Adolf Anderssen ?

C'est possible avec Chessmaster et Rodent.

Anderssen version Chessmaster 11


Il est possible aussi de jouer contre la simulation d'Anderssen accompagnant le moteur The King. Ce moteur ne fonctionnant en pratique qu'avec Arena, vous trouverez également deux bibliothèques au format abk d'Arena, une petite (18 1/2 coups) et une grosse (45 1/2 coups).

Anderssen version Rodent III de Pawel Koziol


La simulation Anderssen de Pawel Koziol pour Rodent III est toujours disponible. Télécharger le profil Adolf Anderssen pour Rodent III ?


Anderssen version Rodent IV de Rob Robinson

N'étant pas totalement convaincu par l'ancien profil de Rodent III, je suis parti de zéro pour en créer un nouveau, pour Rodent IV. Une fois n'est pas coutume. Si vous souhaitez en savoir plus sur cette version, notamment comment le profil a été constitué, voir la page "Adolf Anderssen pour Rodent IV".

Moteur Grand Maître Anderssen

Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Anderssen, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus ?

Fiche d'Anderssen sur Chess.com. Notice biographique détaillée (en anglais), huit parties commentées, sélection de parties (862), ouvertures les plus jouées...

Biographie d'Anderssen sur Wikipédia

La partie "Immortelle" commentée : Anderssen contre Lionel Kieseritzky en 1851

La "toujours jeune", partie commentée : Anderssen contre Jean Dufresne en 1852.


Cette célèbre partie est également proposée dans la collection "Parties mémorables" du jeu commercial Power Chess, désormais abandonware (et donc gratuit). La partie est commentée par la reine, l'une des personnalités du jeu.




Henry Bird

Henry Bird est né à Portséa, dans le Hampshire, en 1830. Il est mort à 77 ans en 1908. Il fut l'un des plus brillants joueurs britanniques de son époque.


Carrière échiquéenne

Bird a appris à jouer aux échecs en regardant des adultes jouer dans un café de Londres, alors qu'il n'avait que 10 ans. A 16 ans il était déjà un très bon joueur, fréquentant le Divan du quartier du Strand, l'un des hauts lieux des échecs à Londres, au milieu du 19 eme siècle.
En matière de compétition, le premier fait marquant de sa carrière échiquéenne fut sa participation au tournoi international de Londres, en 1851. Tournoi qu'il gagna, sous ses diverses formes, à trois reprises, en 1879, 1889 et 1891. Il remporta également un certain nombre de compétitions à l'étranger, notamment le tournoi de Gouda en Hollande, en 1880. Au tournoi de New York de 1876, Bird reçut le tout premier prix de beauté jamais décerné, pour une partie jouée contre James Mason.

En 1859, il fut l'un des cinq joueurs britanniques choisis pour affronter Paul Morphy, en visite à Londres et alors considéré comme le meilleur joueur du monde. Le champion américain battit facilement le champion britannique.  Bird avait une époque de retard sur Morphy, mais il resta néanmoins jusqu'à sa mort en 1908 l'un des meilleurs joueurs de son pays, continuant à jouer aux échecs "contre n'importe qui, n'importe quand, dans n'importe quelle condition."


Contribution aux échecs

Bird n'a jamais pris les échecs suffisamment au sérieux pour penser en faire sa profession. En matière théorique, sa contribution a été modeste. Le seul livre qu'il ait écrit sur les échecs, "Chess History and Reminiscences", est loin d'être une œuvre majeure. Par sa pratique toutefois, il a beaucoup enrichi la connaissance des ouvertures, laissant à la postérité au moins deux lignes importantes : la fameuse "ouverture Bird": 1. f4 ;  et la "défense Bird" : 1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fb5 Cd4.


Le style de Bird

Bird est typiquement un joueur du milieu du 19 ème siècle, très offensif, concentré sur ses attaques et relativement peu intéressé par la sécurité de son roi ou la solidité de sa position. Il faisait peu de cas de la théorie et ne jouait pas toujours des ouvertures très solides.  La beauté d'une partie comptait autant sinon plus que de la gagner.  Bref, un romantique anglais !


Jouer contre une simulation de Bird ?

Seul Chessmaster propose une simulation d'Henri Bird. Pour l'utiliser, installez le moteur The King de Chessmaster dans l'interface Arena et sélectionnez Bird dans la collection de GM proposée. Vous trouverez également sur cette page trois bibliothèques d'ouvertures obtenues à partir de jeux du vieux champion anglais (une petite, une moyenne, une grande, afin de s'adapter à des niveaux de force différents).


En savoir plus sur Bird ?

La fiche biographique de Bird sur Wikipedia

La fiche de Bird sur Chess.com : notice biographique succincte, une partie commentée, ouvertures préférées, sélection de 514 parties.



Paul Morphy

Si l'appartenance de Paul Morphy à "l'école" romantique des échecs est discutable, la vie de celui qui a été presque malgré lui le meilleur joueur d'échecs de son temps sera  tout ce qu'il a de plus romantique.

Paul Morphy est né en 1837 à la Nouvelle Orléans, dans une famille bourgeoise et fortunée. Son père était juge à la Cour suprême de Louisiane et sa mère une pianiste renommée.  Il a appris les règles des échecs en regardant faire son père et lorsqu'il a commencé à jouer avec lui, il ne lui faudra que quelques semaines de pratique pour le battre à tous coups.
A l'âge de 10 ans il a affronté le célèbre général Winfield Scott, héros militaire aux brillants faits d'armes et proche conseiller du président Abraham Lincoln. L'évènement est bien connu: de passage à la Nouvelle Orléans, le général, qui se targuait d'être un excellent joueur d'échecs, a demandé à affronter un bon joueur local. Il a cru à une farce de mauvais goût quand on lui a présenté le jeune garçon timide en culotte courte. Le général a été déçu mais pas par les faibles forces du joueur. Première partie :  Winfield Scott est mis mat en 10 coups. La seconde partie ne lui a pas été beaucoup plus favorable. Le général aurait pris la fuite, mortifié.


Un joueur peu assidu

A 13 ans il riduculisa le Hongrois Johann Lôwenthal (illustration ci-contre), venu aux Etats Unis en 1850 pour une série de matchs exhibitions. Lôwenthal était très fort en particulier pour jouer des parties à l'aveugle, c'est à dire en dictant les coups sans voir l'échiquier. Mais  Morphy était encore plus fort.

A ce qu'on sait, Paul Morphy pratiqua cependant très peu les échecs dans les années suivantes, se contentant de battre tous les joueurs de sa région et les maîtres de passage.  Il fit de brillantes études de droit, pendant lesquelles il ne joua pratiquement plus. Il obtint son diplôme bien avant l'âge habituel. Avec comme conséquence qu'il était trop jeune pour exercer professionnellement.  Selon la légende c'est ce qui ramena un Morphy désoeuvré aux échecs. Invité à participer au premier congrès américain, qui avait  lieu à New York en 1857, il gagna le tournoi et devint à 20 ans champion des États-Unis. On le pressa alors d'aller affronter les grands joueurs européens.


Champion du monde officieux


En Angleterre, en 1858, il défit  au cours de parties amicales tous les bons joueurs anglais, sauf le plus connu, Howard Staunton, qui se défila sans cesse tout en essayant de faire croire que le problème venait de Morphy.


"The Exploits and Triumphs in Europe of Paul Morphy, the Chess Champion" / Edge, Frederick Milnes

Comprenant que Staunton ne prendrait pas le risque d'être battu par lui, il quitta l'Angleterre pour la France où il affronta son meilleur joueur, Daniel Harrwitz. Après quelques débuts difficiles il reprit l'avantage et ne fit plus qu'une bouchée du français. C'est aussi à Paris, affaibli pourtant par une mauvaise grippe, qu'il battit très facilement Adolf Anderssen, considéré alors comme le meilleur joueur du monde. Beau joueur, Anderssen reconnu que Morphy était tout simplement meilleur que lui, en dépit de son jeune âge et de son inexpérience.  
Peu après, le champion américain, mordu d'Opéra, affronta dans une partie amicale le duc Charles II de Brunswick, aidé du comte Isouard dans la loge du duc, à l'Opéra de Paris. C'est la fameuse "partie de l'opéra", la plus célèbre de Morphy.

Bien que le titre n'exista pas encore et qu'il n'ait pas participé à une compétition en bonne et due forme, on avait coutume alors de parler de Morphy comme du "Champion du monde des échecs", ce qu'il était de fait. Les américains lui firent un triomphe lorsqu'il retourna au pays en 1858. Les échecs l'occuperont  encore un peu, à New York, jusqu'en 1860 puis il retourna en Louisiane et déclara à la surprise générale, qu'il abandonnait le jeu. Il prétendit qu'il s'agissait d'un loisir et non d'une occupation sérieuse. Il est vrai qu'à l'époque les échecs, aux Etats Unis, avaient mauvaise réputation. Faisant l'objet de paris d'argent dans des lieux peu recommandables pour des gentilshommes, ils étaient à peine mieux considérés que le poker. Or, socialement, Morphy était très conformiste. Mais plusieurs psychologues virent plutôt dans cette décision un comportement d'échec - sans mauvais jeu de mot - qui avait davantage à voir avec son état mental.  



Quel héritage nous a laissé Paul Morphy ?


Il reprit le droit mais son opposition à la guerre de sécession ainsi que ses opinions anti-esclavagistes lui attirèrent beaucoup d'inimitiés et l'empêchèrent d'exercer. Il préféra fuir à Paris, en attendant que les choses se tassent. Il revint à la Nouvelle Orléans après la guerre civile, très déprimé. Son état mental était inquiétant. Déambulant dans le quartier français de la ville, il parlait à des personnes invisibles, fixait certaines femmes bizarrement et donnait des signes de délire de persécution et de paranoïa. Il mourut dans sa baignoire à 47 ans, officiellement  d'une attaque cérébrale. Mais la rumeur a laissé entendre qu'il pourrait s'agir d'un suicide.

Sa carrière échiquéenne internationale s'étend en tout et pour tout sur 18 mois. Mais malgré cette courte durée, la mauvaise volonté qu'il a mis à transmettre son savoir, son désir de ne pas contribuer à populariser les échecs, Paul Morphy aura tout de même influencé durablement le monde des échecs. Très en avance dans tous les domaines du jeu sur les pratiques de son époque, il n'est pas absurde de dire qu'il est le premier "joueur moderne" des échecs. Bien que formellement classé dans les "romantiques", Paul Morphy est en réalité le premier véritable joueur positionnel. Il annonce et inspire la génération suivante : Steinitz, Lasker, Tarrasch...



Paul Morphy,  Bobby Fischer: une malédiction américaine ?


Les américains n'ont eu dans toute leur histoire que deux champions du monde des échecs et leur destin fut assez semblable. Bobby Fischer, champion du monde des échecs en 1972, a beaucoup de points communs avec Morphy, champion de 1858. Il s'agit bien sûr de coïncidences, mais elles sont étonnnantes. Tous deux ont été très jeunes champions des Etats-Unis, avant leur succès sur la scène internationale. Leurs façons de jouer présentaient des similitudes: ils étaient des "attaquants-positionnels", catégorie assez peu représentées parmis les grands joueurs d'échecs. Enfin, Morphy et Fischer étaient psychologiquement fragiles et affligés de bouffées paranoïaques. Alors qu'un immense boulevard s'ouvraient devant eux, l'un et l'autre ont abandonnés prématérément les échecs et ont basculé dans la psychose.


Jouer contre une simulation de Paul Morphy ?

Plusieurs possibilités s'offrent à nous :

Paul Morphy de Chessmaster 4000 Turbo

Chessmaster 4000 Turbo est la première version de la célèbre franchise d'échecs à proposer des simulations de grands maîtres. Dont un Paul Morphy. L'avantage de celle-ci est qu'elle est immédiatement disponible, sans installation particulière. Il suffit de lancer CM 4000, aujourd'hui abandonware.

Paul Morphy pour Chessmaster 10 et 11

Les dernières versions de Chessmaster proposent une simulation de Paul Morphy plus fine que celle Chessmaster 4000 et utilisant une bibliothèque d'ouverture dédiée. Si vous n'avez pas ce programme commercial, je vous conseille d'installer dans l'interface Arena la version UCI du moteur
The King de Chessmaster. Elle est accompagnée de 49 simulations de grands maîtres, parmi lesquels Paul Morphy. La personnalité est enrichie de deux bibliothèques d'ouvertures au format abk d'Arena.

Paul Morphy pour Rodent IV par Pawel Koziol


Alors que Morphy avait été "oublié" par Pawel Koziol pour Rodent III (ce qui m'avait poussé à développer ma propre simulation de Morphy pour ce moteur) il a comblé le manque en fournissant un Morphy très travaillé pour Rodent IV. Voir le profil commenté "Paul Morphy pour Rodent IV".

Paul Morphy pour Rodent III par Rob Robinson

Mon vieux profil Morphy pour Rodent III existe toujours. Je le regarde avec un peu de tendresse car c'est la première simulation d'un grand maître que j'ai réalisé avec Rodent. Il me semble qu'il reste d'actualité, bien que le Morphy pour Rodent IV soit plus fin.  La personnalité est proposée avec une bibliothèque guide que j'ai produite à partir des rares parties connues de Morphy.

Moteur Grand Maître Morphy

Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Morphy de Pawel Koziol, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Morphy ?

Voici quelques pages utiles pour en savoir plus sur le champion américain :

Fiche biographique de Paul Morphy sur Wikipédia

Paul Morphy sur Chess.com : biographie succincte, trois parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 377 parties de Morphy.

La partie "de l'Opéra" commentée : la fameuse partie entre Paul Morphy et le duo Duc de Brunswick associé au Comte Isouard, en 1858.

Cette célèbre partie est également proposée dans la collection "Parties mémorables" du jeu commercial Power Chess, désormais abandonware (et donc gratuit). La partie est commentée par la reine, l'une des personnalités du jeu.




Blackburne Joseph Henry

Blackburne est né en 1841 à Manchester, en Angleterre. Il est mort en 1924, à 82 ans, à Londres. Il fut l'un des meilleures joueurs britanniques du 19 ème siècle.


Compétiteur et bateleur

Blackburne est venu tardivement au échecs (il n'a appris à jouer qu'à 18 ans), mais se révéla vite un joueur de grands talents. En 1869 il remporta le championnat d'échecs de Grande Bretagne (le Challenge Cup de la British Chess Association) et la notoriété acquise lui permit de devenir professionnel. Il gagnait sa vie en donnant des exhibitions, en particulier d'impressionnantes démonstrations de jeu en aveugle, mais aussi grâce à ses résultats de compétiteur de très haut niveau.
De 1870 à 1893 il participa à de nombreux tournois, en gagnant un certain nombre et se maintenant facilement dans l'élite mondiale des échecs. Il était cependant un cran en dessous des meilleurs de son époque, Steinitz et Lasker.
Après 93, ses résultats déclinèrent doucement mais il resta un joueur très populaire dans son pays.


Aucun apport théorique

Blackburne n'a pas contribué à enrichir la science des échecs. Il n'a mis à jour aucune ligne d'ouvertures nouvelle et n'a publié qu'un seul livre sur les échecs, de faible intérêt théorique.


Style de jeu : la "mort noire"

Blackburne est le pur représentant de l'école romantique, version britannique. davantage "joueur de bistrot" et bateleur que compétiteur mondial. Aussi tacticien qu'Anderssen, mais encore plus agressif et encore moins préoccupé que lui par la solidité de sa position, le joueur britannique gagnait souvent grâce à ses combinaisons complexes et brillantes - celles qui font les prix de beauté pour la postérité et l'avaient fait surnommer "la mort noire" (son nom et son inquiétante barbe noire y étaient aussi pour quelque chose). Mais ce style bouillant lui faisait perdre également beaucoup de parties, trop contre l'élite de l'époque, mieux armée que lui sur le plan théorique.


Jouer contre une simulation de Blackburne ?

C'est possible avec le moteur The King. Le "cerveau" du programme de jeu Chessmaster est doté de 49 profils de personnalité dont l'un imite Blackburne. Téléchargez-le sur mon site et installez-le dans l'interface Arena, avec au moins une des trois bibliothèques d'ouvertures que j'ai générées pour lui.


En savoir plus sur Blackburne ?

La fiche Wikipedia de Blackburne

Blackburne sur Chess.com : biographie succincte, une partie commentée, ouvertures préférées et collection de 1263 parties de Blackburne.



Siegbert Tarrasch

Siegbert Tarrasch est né en 1862 à Breslau, Allemagne. Il est mort en 1934 à Munich, à l'âge de 72 ans. Il a été l'un des meilleurs joueurs d'échecs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, ainsi qu'un brillant théoricien.



Il passe à côté du championnat du monde

A la fin de ses études de médecine en 1880 Siegbert Tarrasch exerce comme médecin. Les échecs ne sont pour lui qu'un loisir mais il y consacre beaucoup de temps. A partir de 1883, il remporte tournois sur tournois : Nuremberg en 1883, Breslau en 1889, Dresde en 1892 et Leipzig en 1894, puis le congrès britannique de Manchester en 1890...

<- Photo : Docteur Siegbert Tarrasch, 1908.

Il est incontestablement l'un des plus forts joueurs mondiaux, mais en 1893, il échoue à battre Mikhail Tchigorine contre qui il fait match nul  (9 victoires, 9 défaites et 4 parties nulles). Et, pour des raisons professionnelles, il ne peut répondre favorablement à une proposition de jouer pour le titre mondial contre Wilhelm Steinitz, qu'il a pourtant déjà battu trois fois. L'année suivante, il refuse d'affronter Emanuel Lasker. Il ne le prend pas suffisamment au sérieux et celui-ci devient alors le 2eme champion du monde, après avoir battu Steinitz aux Etats Unis. Enfin, en  1896, il ne participe pas au tournoi de Saint-Pétersbourg qui réunissait les meilleurs joueurs du monde : Lasker, Pillsbury, Steinitz et Tchigorine. En laissant passer d'aussi nombreuses occasions, Tarrasch s'est condamné lui-même à ne jouer que les seconds rôles, dans la course au titre mondial.  Lorsqu'enfin il affronte Lasker pour le championnat du monde de 1908, il est trop tard, sa chance est passée. Lasker le bat très facilement. Par la suite, ses résultats ont décliné doucement. Son dernier fait d'armes un tant soit peu remarquable fut une modeste 5eme place au tournoi de Saint-Pétersbourg de 1914.



Style

Sur le plan du style, Tarrasch est un attaquant agressif et très mobile, avec une préférence marquées pour  les lignes ouvertes mais n'ignorant pas les principes positionnels. Il est le digne héritier à la fois des romantiques et de son compatriote Wilhelm Steinitz, dont il a affiné les principes théoriques.


Grand théoricien


Siegbert Tarrasch a été un grand théoricien des échecs. Il a écrit plusieurs livres majeurs, dont le "traité pratique du jeu d'échecs". Ses conceptions ont diffusé largement dans les milieux échiquéens, amateurs comme professionnels. Tarrasch a développé les idées positionnelles de Steinitz : contrôle du centre, bonus à la paire de fous, avantage spatial... Ce qui l'a fait passer souvent pour un théoricien de l'école classique, alors que ses idées étaient assez modernes. Par exemple, il attachait beaucoup plus d'importance à la mobilité des pièces que Steinitz et a toujours mis en garde contre la peur excessive des faiblesses structurelles.

Le grand maître allemand avait cependant une manière péremptoire de présenter ses idées et faisait preuve d'une auto-satisfaction excessive ce qui l'a fait passer injustement pour un dogmatique et lui a valu d'être la tête de turc des tenants de l'école hypermoderne, en particulier d'Aaron Nimzowitsch, avec qui il eut une relation très conflictuelle. Il était en réalité beaucoup plus proche des hypermodernes que ceux-ci ne voulaient bien le reconnaître. L'analyse de ses parties en témoigne. Son jeu dynamique était finalement plus proche de celui de Bobby Fischer que de Wilhelm Steinitz.


Jouer contre une simulation de Tarrasch ?


Siegbert Tarrasch de Chessmaster 4000 Turbo

Chessmaster 4000 Turbo est la première version de la célèbre franchise d'échecs à proposer des simulations de grands maîtres. Dont un Siegbert Tarrasch acceptable. L'avantage de celle-ci est qu'elle est immédiatement disponible, sans installation particulière. Il suffit de lancer CM 4000.


Tarrasch version Chessmaster 11


Un profil "Tarrasch" plus fin que celui de CM 4000 était proposé avec les dernières version de la franchise Chessmaster. Vous pouvez le lancer en installant dans l'interface Arena une vieille version du moteur The King de Chessmaster, téléchargeable sur ce site, et en lançant le profil Tarrasch.

Tarrash pour Rodent III et Rodent IV de Pawel Koziol

Tarrasch était l'une des personnalités GM de Pawel Koziol disponibles pour Rodent III.

Télécharger le profil Tarrasch pour Rodent III ?

Ce profil ne pouvant pas fonctionner avec la dernière version du moteur Rodent, je l'ai adapté à la version IV de Rodent. Voir : "Tarrasch pour Rodent IV ?".

Moteur Grand Maître Tarrasch

Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Tarrasch, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Tarrasch ?

Biographie de tarrasch sur Wikipédia

Tarrasch sur Chess.com : biographie, six parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 1014 parties.



Wilhelm Steinitz

Né en 1836 à Prague, Empire d'Autriche, mort en 1900 à New York à 64 ans.

Ce joueur d'échecs autrichien, naturalisé américain en 1888 (à cette occasion, il changea officiellement son prénom en William) a été le premier champion du monde officiel des échecs de 1886 à 1894 et le premier joueur à étudier scientifiquement le jeu d'échecs pour en dégager des règles générales. À ce titre, il est considéré comme le père des échecs modernes.



Premier champion du monde

Bien qu'il ait presque le même âge que Paul Morphy, Steinitz ne commença sa carrière aux échecs qu'en 1859, au moment où le génial joueur américain arrêtait la sienne. Il participa trois fois de suite au championnat de Vienne et termina 3eme, puis 2eme puis premier en 1861. Des débuts prometteurs.
Steinitz s'installa en Angleterre en 1862. En 1866, il battit Adolf Anderssen à Londres, alors considéré comme le plus fort joueur d'échecs du monde. Cela lui apporta une très grande notoriété mais ses résultats en tournoi étaient moins bons. Il s'affirmera véritablement en 1872, en gagnant le prestigieux championnat de Londres, et en 1873, en remportant  à nouveau le championnat de Vienne, où, fait marquant, il écrasa Joseph Blackburne par 7 victoires à 0.


En 1883 il quitta l'Angleterre pour les Etats Unis et commença à rédiger des articles théoriques, qu'il publiait notamment dans sa propre revue, "The International Chess Magazine".  En 1886 il battit Johannes Zukertort par 10 victoires à 5 (et 5 nulles) et devint officiellement le premier champion du monde d'échecs.


Le champion ayant à cette époque la possibilité de choisir lui-même son challenger, Steinitz porta son choix sur le Russe Mikhail Tchigorine qu'il élimina en 1889 à La Havane par 10 victoires à 7 et une nulle. En 1890 c'est le Hongrois Isidor Gunsberg, qu'il défait avec beaucoup de difficulté. Enfin, en 1894, il remit son titre en jeu en acceptant d'affronter Emanuel Lasker. Il perdit contre le joueur Allemand par 5 victoires à 10 et 4 nulles. La revanche contre Lasker, en 1896, fut encore plus cruelle, Steinitz étant cette fois véritablement écrasé.
L'ancien champion du monde déclinait physiquement et il abandonna définitivement les échecs en 1899. Il mourut à New York l'année suivante, seul et dans la misère.  



Style de jeu

Steinitz apparaît en pleine période romantique des échecs et joue dans les premiers temps un peu comme tout le monde, c'est-à-dire de manière très offensive sans trop de soucis pour la position. Mais au fur et à mesure que son expérience grandit, ses conceptions théoriques s'affirment et son jeu devient plus positionnel. Il sera d'ailleurs le premier à formaliser sur le plan théorique les principes de base de ce style de jeu.
Sa manière de jouer reste cependant dans un entre-deux. Il accordait beaucoup plus d'importance à la qualité de la position que les autres joueurs de son époque et il jouait plutôt en défense, mais il était aussi un capable de monter de brillantes combinaisons tactiques. Simplement, il attendait d'avoir une nette supériorité positionnelle avant d'attaquer. En résumé, il avait un style qu'on qualifierait aujourd'hui d'équilibré.

Néanmoins, à l'époque, la manière de joueur de Steinitz, prudente et méthodique - donc plus fade que celle des grands maitres romantiques - fut sévèrement critiquée. Il n'est pas toujours facile d'être en avance sur son temps !

Photos : en haut, portrait de Wilhelm Steinitz (date exacte, lieu et auteur inconnu, mais le cliché est avec certitude d'avant 1900) / Ci-dessus, la plaque érigée à Pragues en l'honneur de Steinitz.



Jouer contre une simulation de Steinitz

Nous n'avons que l'embarras du choix :

Steinitz version Chessmaster 11

Steinitz était naturellement l'une des personnalités proposées avec le programme Chessmaster. Vous pouvez le lancer en installant dans l'interface Arena la vieille version du moteur  The King de Chessmaster, que je propose sur ce site.

Steinitz "Moteur GM" de Lucas Chess

Lucas Chess propose un profil "Steinitz" dans sa série des "Moteurs GM".

Steinitz version Rodent III et IV, de Pawel Koziol

Pawel Koziol a développé une simulation de Steinitz pour accompagner Rodent III. Elle peut toujours être utilisée avec la version II du moteur.


Télécharger le profil Wilhem Steinitz pour Rodent III ?

Ce profil Steinitz
ne pouvant fonctionner avec Rodent IV, je l'ai adapté à la cette ultime version du moteur de Pawel Koziol. Voir : "Steinitz pour Rodent IV ?"

Moteur Grand Maître Steinitz

Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Steinitz, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Wilhelm Steinitz ?

Biographie de Steinitz sur Wikipédia

Steinitz sur Chess.com : biographie, cinq parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 946 parties.

Steinitz vs Curt von Bardeleben, Hastings, 1895 :
Cette célèbre partie est proposée dans la collection "Parties mémorables" du jeu commercial Power Chess, désormais abandonware (et donc gratuit). Elle est commentée par la reine, l'une des personnalités du jeu.



Mikhaïl Tchigorine


Mikhaïl Ivanovitch Tchigorine* est né en Russie, près de Saint-Pétersbourg, en 1850. Il est mort à Lublin, actuellement en Pologne, en 1908. Il fut le premier joueur russe de renommée internationale et un théoricien majeur des échecs.


Carrières échiquéenne

Fait rarissime chez les grands joueurs d'échecs, Tchigorine n'a appris à jouer que tardivement, à 16 ans, et n'a commencé à jouer sérieusement qu'à 25 ans. Il s'avéra néanmoins très vite être un joueur exceptionnel et ne tarda pas à devenir professionnel. A trente ans, il était le plus fort joueur russe.
Sa carrière s'internationalisa à partir de 1881. Cette année-là, il finit troisième du tournoi de Berlin. En 1883 il obtient la quatrième place du tournoi de Londres, derrière Zukertort, Steinitz et Blackburne. Ce n'est pas un classement phénoménale, mais le tournoi de Londres était le plus prestigieux de cette époque. Cette quatrième place signa son appartenance à l'élite mondiale des échecs de la fin du 19eme siècle.
Tchigorine resta plusieurs années parmi les cinq meilleurs mondiaux. Il ne réussit pas à conquérir le titre mondial mais n'en fut pas très loin. Il disputa deux matchs contre Steinitz pour le championnat du monde, le premier en 1889 et le second en 1892. Il ne s'est pas ridiculisé et le résultat de la seconde rencontre sera même assez serré. Mais le grand maître russe ne réussit pas à faire la différence. En 1893, il fit match nul contre Tarrasch, ce  qui ne lui permit pas de prétendre à la succession de Steinitz. Finalement Tarrasch dut renoncer à affronter Steinitz pour cause d'empêchement professionnel et c'est Lasker qui remporta le titre.
Après 1896, ses résultats à l'international s'affaiblirent. Probablement en raison de la progression de la maladie qui viendra à bout de lui 10 ans plus tard.


Tchigorine théoricien et pédagogue

Très bon pédagogue, Tchigorine écrivait régulièrement sur les échecs pour diverses publications ou pour sa propre revue et donnait beaucoup de conférences. Non seulement il a été le premier grand maître international russe mais il est aussi considéré comme le père fondateur de l'école russe des échecs, laquelle deviendra soviétique, avec le succès que l'on sait. Sa contribution à la science des échecs est très importante, mais n'a été reconnue que bien après sa mort. On lui doit de très nombreuses ouvertures, toujours pratiquées à haut niveau. Il a élaboré par exemple plusieurs variantes majeures de l'espagnol et de la défense sicilienne. On lui doit également l'amélioration des théories sur le contrôle des cases centrales.

Ci-contre, Tchigorine photographié en 1908, quelques mois avant sa mort.


Style de jeu

Comme nombre de joueurs de son époque, Tchigorine est un attaquant au style très tactique et sacrifiant facilement ses pièces. Mais contrairement à beaucoup d'autres, ce tempérament agressif s'accompagne d'une excellente maîtrise du jeu positionnel. Même s'il reste en général peu attentif à la préservation d'une bonne structure de pions, il peut camper solidement en défense, si cela s'avère nécessaire.
Ses combinaisons tactiques et ses ouvertures atypiques ont laissé de très belles parties, étudiées dans de nombreux livres et articles. Elles ont fortement inspiré les joueurs russes, par la suite. Beaucoup de grands joueurs de l'époque soviétique, notamment Mikhail Botvinnik, lui doivent beaucoup.


Jouer contre une simulation de Tchigorine ?

Seul Chessmaster propose jusqu'ici une simulation de Mikhaïl Tchigorine. Si vous n'avez pas ce programme, il vous suffira de lancer le moteur The King version UCI depuis l'interface Arena et de sélectionner le profil "Tchigorine" dans la liste des 49 personnalités proposées.  Sur la page  consacrée au moteur de Chessmaster, vous trouverez également un lien pour télécharger trois bibliothèques d'ouvertures au format d'Arena. Elles ont été réalisées à partir d'environ 700 parties de Mikhaïl Tchigorine.


En savoir plus sur Tchigorine ?

Biographie de Mikhaïl Tchigorine sur Wikipedia


Tchigorine sur Chess.com : biographie, six parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 912 parties.



* On trouve souvent le nom avec l'orthographe "Chigorin" ou encore "Tschigorin"...



Frank Marshall

L'américain Frank James Marshall est né à New York en 1877. Il est mort en 1944 à Jersey City, à 67 ans. Il fut l'un des plus forts joueurs du début du xxe siècle, remportant quatre médailles d'or par équipe et une médaille d'or individuelle lors des olympiades d'échecs de 1931 à 1937.


Le meilleur américain et le dernier romantique


Frank Marshall fut du début du siècle jusqu'en 1935 le meilleur joueur américain. Sa faiblesse était de s'accrocher à l'époque romantique des échecs, alors que l'heure n'était plus vraiment à l'épique. Comme  Alekhine, il avait un sens inné de la tactique et des combinaisons gagnantes, ce qui compensait, jusqu'à un certain point,  ce qu'il y avait de dépassé dans sa technique. Pas suffisamment toutefois pour vaincre les grosses pointures de son époque,  Emanuel Lasker et  José Raùl Capablanca. Leur science positionnelle a rendu le jeu de Marshall inefficace. Il n'a pas réussi vraiment à s'imposer au delà du territoire américain, mais il n'en reste pas moins vrai qu'à part Lasker et Capablanca, il a vaincu la plupart des grands maîtres de l'époque. Si Marshall a conservé une certaine notoriété jusqu'à nos jours c'est pour ce palmarès mais aussi parce que plusieurs de ses parties sont devenus des classiques, des oeuvres d'art belles à regarder et agréables à enseigner.

Photo : Frank James Marshal, 1904 (auteur inconnu - Oxford and Dilhoff)


Style


Joueur fortement agressif, Marshall affectionne les gambits et la prise de risque, avance à un rythme élevé. C'est un maître en tactique, dont les combinaisons pouvaient être époustouflantes, mais sa défense est faible et sa position souvent peu solide
.


Jouer contre une simulation de Marshall ?

Plusieurs possibilités :

Frank Marshall de Chessmaster 4000 Turbo

Frank Marshall est l'une des 22 personnalités de grands maître simulés par Chessmaster 4000 Turbo. Ce programme étant abandonware, vous pouvez l'utiliser sans frais pour lancer ce Marshall assez bien reproduit.


Marshall version Chessmaster 11


Une personnalité "Marshall" est proposée avec les dernières versions de la franchise Chessmaster (9, 10 et 11). Si vous n'avez pas ce programme, vous pouvez toujours lancer le profil Marshall en installant dans l'interface Arena une vieille version du moteur The King de Chessmaster, que vous pouvez télécharger sur ce site.

Marshall version Rodent III et IV

Pawel Koziol propose depuis plusieurs années une simulation de Frank Marshall pour Rodent III.


Télécharger le profil Marshall pour Rodent III ?

L'auteur ne propose pas de bibliothèque guide spécifique pour le grand maître américain. Je vous suggère de télécharger mon petit livre guide Marshall.bin, obtenu à partir d'une sélection d'environ 700 parties du champion américain.

Ce profil ne pouvant fonctionner avec la dernière version de Rodent, je l'ai adapté pour que cela soit possible. Voir à ce sujet : "Frank Marshall pour Rodent IV".

Moteur Grand Maître Marshall


Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Marshall, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Frank Marshall ?

Biographie de Marshall sur Wikipédia

Marshall sur Chess.com : biographie, six parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 1439 parties.


Levitski - Marshall, Breslau, 1912 : une partie célèbre, l'un des plus beaux sacrifices de dame de l'histoire des échecs.  



Pillsbury Harry Nelson


Né en 1872 à Somerville, dans le Massachusetts, le grand maître américain Harry Nelson Pillsbury était de l'étoffe qui font les champions du monde. Malheureusement, son parcours a été entravé par la forme sévère de la Syphilis dont il souffrait et qui l'a emporté très jeune, à 33 ans, en 1906. Mais si sa carrière a été brève, elle a été fulgurante et brillante.


Carrières échiquéenne

Pillsbury n'a appris à jouer aux échecs que tardivement, à 16 ans, mais à peine deux ans plus tard, il faisait déjà parler de lui. Son premier exploit vraiment marquant fut de battre Steinitz, à New York, en 1892 ; le champion autrichien lui avait concédé un avantage d'un pion mais cela lui apporta néanmoins beaucoup de notoriété et le décida de devenir joueur d'échecs professionnel.
Le club d'échecs de Brooklyn financa son voyage en Grande Bretagne pour le tournoi d'Hastings de 1895 où, à 22 ans, il réussit à battre l'élite mondiale des échecs, notamment le champion du monde en titre Emanuel Lasker et l'ex-champion du monde Wilhelm Steinitz.
Dans la foulée, il participa au tournoi de Saint-Pétersbourg, qui eut lieu quelques mois plus tard, et c'est là que les premiers symptômes de la maladie apparaîtront. Au milieu du tournoi, alors qu'il était en tête de classement, il souffrit de violentes céphalées. Ses résultats s'effondrèrent. Il finit troisième derrière Lasker et Steinitz. S'il avait gagné ce tournoi, comme cela semblait prévisible, Lasker n'aurait sans doute pas pu éviter d'affronter l'américain pour le titre mondial.

Pillsbury continua à jouer à très haut niveau, mais la maladie l'empêcha d'être au mieux de ses capacités. Alors qu'il semblait en mesure de battre les plus forts joueurs de l'époque, Lasker, Steinitz et Tarrasch, ses résultats devinrent moins brillants. En 1998, il termina second au départage du tournoi de Vienne. Puis deuxième au tournoi de Paris en 1900 et encore deuxième du tournoi de Munich, la même année.
Les progrès de la maladie l'éloignèrent des compétitions internationales mais Pillsbury continua à jouer à haut niveau dans son pays. Champion des Etats Unis depuis 1897, il conserva le titre jusqu'à sa mort en 1906.


Style de jeu

Pillsbury est un attaquant qui déploie un jeu vif et tactique, volontiers combinatoire.  Il est moins à l'aise dans les finales ou lorsque les parties s'éternisent dans un jeu lent et défensif. Ce sont des faiblesses qu'il aurait probablement pu corriger, s'il en avait eu le temps. En matière d'ouvertures, il a popularisé le gambit de la dame et ses variantes ; il a beaucoup joué également les ouvertures espagnoles.



Jouer contre une simulation de Pillsbury ?

Une simulation de Pillsbury accompagnait le jeu Chessmaster. Si vous ne disposez pas de cette célèbre franchise d'échecs, vous pouvez lancer une version UCI du moteur The King de Chessmaster et sélectionner le profil Pillsbury parmi les 49 profils de grands maîtres proposés avec le moteur. Vous trouverez également sur cette page une collection de trois bibliothèques d'ouvertures construites à partir des parties du champion américain.


En savoir plus sur Pillsbury ?

Voici quelques pages utiles pour en savoir plus sur le champion américain :

Biographie de Pillsbury sur Wikipédia

Pillsbury sur Chess.com : biographie succincte, cinq parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 573 parties de Pillsbury.

La partie "Pillsbury - Lasker" de St-Pétersbourg, en 1896, gagnée par Lasker, commentée par Kasparov.



Emanuel Lasker

Emanuel Lasker est né en 1868 à Berlinchen, Prusse (aujourd'hui en Pologne). Il est mort en 1941 à New York. Il a régné sur les échecs pendant 27 ans.


Deuxième champion du monde

Ce juif Allemand a été le second champion du monde d'échecs en 1894, titre qu'il conserva jusqu'en 1921. Depuis sa création en 1886, il est celui qui l'a conservé le plus longtemps, de 1894 à 1921, soit 27 ans.



La dimension psychologique des échecs

Emanuel Lasker avait une formation scientifique et était un brillant mathématicien. Marchant dans les pas de Steinitz, qu'il admirait beaucoup, il a lui aussi fait des échecs une matière à étudier scientifiquement. Steinitz avait édicté les principes du jeu positionnel. Lasker va approfondir cet héritage en enrichissant la théorie, notamment sur le thème de la préservation d'une bonne structure de pions.

<- Ci-contre, Emanuel Lasker en 1933 (archives fédérales allemandes)


Il introduisit aussi dans les échecs une dimension nouvelle, malheureusement bien difficile à apprendre à un moteur : la psychologie. Pour Lasker une partie d'échecs est d'abord une confrontation entre deux êtres humains, entre deux volontés. Il n'y a donc aucune raison de ne pas introduire dans les échecs une dimension psychologique. Avant d'affronter un adversaire, il passait beaucoup de temps à l'étudier, afin de prévoir ses réactions. Son jeu était ainsi en partie fondée sur la déstabilisation psychique de l'adversaire. Sa méthode: jouer des coups inhabituels, voire illogiques, concéder un avantage positionnel uniquement dans le but d'éveiller la crainte dans l'esprit adverse et le détourner de son plan initial,  le priver de ses repères analytiques, l'entrainer dans des positions chaotiques...



Style : un joueur avant tout positionnel

C'est pourquoi son style est difficile à définir avec précision. Pour Lasker, pas question de s'en tenir à une méthode de jeu, aussi efficace soit-elle. Pour gagner, il faut savoir s'adapter à son partenaire - et donc éviter de s'enfermer dans son propre style.

Emanuel Lasker vers 1894 (Auteur inconnu. Source : Yenowine's Illustrated News, Milwaukee) ->


Néanmoins il était avant tout un joueur positionnel, veillant à avoir une bonne structure de pions et à éviter les faiblesses, tout en cherchant à créer des faiblesses dans le camp adverse. Il était très fort en finale, condition nécessaire pour convertir en victoire les avantages positionnels obtenus tout au long de la partie.
On lui a reproché de ne pas connaître très bien les ouvertures et de livrer des premières parties un peu faibles, dans lesquelles souvent il tardait à développer son jeu. Ce n'est pas faux mais ça ne l'a pas empêché d'apporter des contributions importantes à la science des ouvertures, avec notamment "la défense Lasker du gambit dame refusé".  


Jouer contre une simulation d'Emanuel Lasker ?

Les possibilités sont nombreuses.

Emanuel Lasker de Chessmaster 4000 Turbo

C'est la simulation la plus ancienne et la plus schématique mais elle a l'avantage d'être immédiatement utilisable. Il suffit de lancer, Chessmaster 4000 Turbo, programme à présent abandonware, et de sélectionner la personnalité Lasker.

Emanuel Lasker version Chessmaster 10 et 11

Les dernières versions de Chessmaster proposent une simulation de Lasker plus fine que celle Chessmaster 4000 et utilisant une bibliothèque d'ouverture dédiée. Si vous n'avez pas ce programme commercial, je vous conseille d'installer dans l'interface Arena la version UCI du moteur The King de Chessmaster. Elle est accompagnée de 49 simulations de grands maîtres, parmi lesquels figure aussi Lasker.

Lasker, "moteur GM" de Lucas Chess


Lucas Chess propose également un profil "Lasker" dans sa série des "Moteurs GM".


Lasker version Rodent III et Rodent IV, par Pawel Koziol

Le vieux profil Lasker de Rodent III, conçue par Pawel Koziol, est toujours disponible pour la version III du moteur Rodent. A
ucune bibliothèque n'étant fourni avec le profil j'en ai réalisé une, que vous trouverez dans l'archive.
Récemment, j'ai adapté la vieille personnalité Lasker de Rodent III
pour qu'elle puisse fonctionner avec Rodent IV. Voir "Emanuel Lasker pour Rodent IV".

Moteur Grand Maître Lasker


Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Lasker, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Lasker ?

Voici quelques pages utiles pour en savoir plus sur le champion américain :

Biographie de Lasker sur Wikipédia

Lasker sur Chess.com : biographie succincte, six parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 1321 parties de Lasker.

La partie "Pillsbury - Lasker" de St-Pétersbourg, 1896, gagnée par Lasker, commentée par Kasparov.

Lasker - Bauer, Amsterdam 1889 : partie commentée où l'on peut observer un double sacrifice de fous.




Akiba Rubinstein

Akiba Rubinstein est né en 1882 à Stawiski, Pologne, dans l'Empire russe ; il est mort en 1961 à Anvers, Belgique, à 79 ans.  


Au sommet de l'élite mondiale au mauvais moment


Issue d'une famille juive polonaise, Akiba Rubinstein était destiné à devenir rabbin. Il n'a appris à jouer aux échecs que tardivement, à 16 ans, mais ses capacités en la matière devinrent vite évidentes et il se consacra de plus en plus activement à ce jeu. En 1903, ayant enregistré des premiers résultats encourageants en tournoi, il abandonna ses études rabbiniques pour devenir joueur professionnel. A partir de 1907, son talent éclata littéralement.

<- Akiba Rubinstein en 1908 (auteur inconnu - Deutsche Schachzeitung).


Entre 1907 et 1914, malgré une timidité pathologique, il s'est imposé au sommet de l'élite mondiale des échecs, remportant plusieurs fois le championnat de Russie, le tournoi de Carlsbad puis consécutivement cinq tournois majeurs: Saint-Sébastien, Pistyan, Breslau, Varsovie et Vilnius. Il était souvent présenté comme le meilleur joueur du monde, mais Rubinstein n'avait encore jamais rencontré des deux plus grands joueurs de l'époque,  Capablanca et  Emanuel Lasker.
Le premier conflit mondial mit sa carrière entre-parenthèse. Après la guerre, il s'installa avec sa famille en Suède. Mais ses performances devinrent moins régulières, même s'il resta un très fort joueur tout au long des années 20.


Une carrière paralysée par une crainte phobique des gens

En 1922 il déménage en Allemagne. La même année il gagne le tournoi de Vienne, battant le futur champion du monde  Alexandre Alekhine.  Dans les années suivantes, ses résultats sont en dents de scie. En 1926 il s'installe définitivement en Belgique.

A la tête de l'équipe olympique polonaise, il gagne l'olympiade de 1931. Mais, compte tenu de son niveau, ce n'est qu'un demi-succès. Il ne peut participer au championnat du monde, n'ayant pas l'argent ni le soutien nécessaire. Ses résultats auraient eus la régularité d'avant guerre, il aurait sans doute trouvé des sponsors pour l'aider. Mais Rubinstein commençait à donner des signes forts de la maladie mentale qui le conduira à passer les 30 dernières années de sa vie à l'écart du monde. En effet, ce qui n'était dans sa jeunesse qu'une timidité maladive a évolué en anthropophobie, une crainte phobique de la compagnie des gens. En 1931 il participe à un dernier grand tournoi, à Rotterdam, où il termine bon dernier. La maladie a pris une forme très invalidante et il se retire définitivement de la compétition. Il passera les dernières années de sa vie caché dans un grenier, où même ses familiers auront du mal à l'approcher.


Style ultra-positionnel

Rubinstein est l'un de ces joueurs qui ont mis un terme définitif à l'école romantique, faites d'attaques débridées et de combinaisons tactiques audacieuses et risquées, au détriment de la position. En bon joueur ultra-positionnel,  une partie gagnée est pour Rubinstein une partie où l'on finit avec un pion de plus et une position un peu meilleure que celle de l'adversaire. Ce n'est pas un jeu épique, ce n'est pas spectaculaire mais cela met tout joueur romantique devant un mur qu'il n'arrive pas à percer

Ci-dessus, Rubinstein affronte Emanuel Lasker en 1909, à Saint-Petersbourg.

Jouer contre une simulation de Rubinstein ?

Joueur historiquement important, Rubinstein ne manque pas de simulation.

Akiba Rubinstein de Chessmaster 4000 Turbo

Chessmaster 4000 Turbo est la première version de la célèbre franchise d'échecs à proposer des simulations de grands maîtres. Dont un Rubinstein. La simulation est ancienne et un peu frustre mais elle est immédiatement disponible, sans installation particulière. Il suffit de lancer CM 4000.

Rubinstein version Chessmaster

Les dernières versions de Chessmaster proposent une simulation de Rubinstein plus fine que celle Chessmaster 4000 et utilisant une bibliothèque d'ouverture dédiée. Si vous n'avez pas ce programme commercial, je vous conseille d'installer dans l'interface Arena une adaptation à l'UCI du moteur The King de Chessmaster, que vous pouvez télécharger sur ce site. Elle est accompagnée de 49 simulations de grands maîtres, parmi lesquels Akiba Rubinstein. La personnalité est enrichie de deux bibliothèques d'ouvertures au format abk d'Arena.

Rubinstein pour Rodent III et Rodent IV


Pawel Koziol avait déjà développé une personnalité Rubinstein pour Rodent II, qu'il a actualisé pour accompagner Rodent III. Cette simulation est toujours disponible, avec la bibliothèque guide "ph-rubinstein2.bin".

Télécharger le profil Rubinstein et sa bibliothèque ?

Rodent IV ne pouvant pas utiliser le profil Rubinstein pour Rodent III, je l'ai adapté pour qu'il puisse fonctionner avec ce moteur. Voir "Akiba Rubinstein pour Rodent IV"...

Moteur Grand Maître Rubinstein


Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Rubinstein, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Rubinstein ?

Biographie de Rubinstein sur Wikipédia

Rubinstein sur Chess.com :  biographie succincte, quatre parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 772 parties.

L'immortelle de Rubinstein : partie commentée de 1907 (ou 1908) jouée à Lodz entre Rubinstein et Gersz Rotlewi.

Nimzowitsch - Rubinstein, Dresde 1926 : Nimzowitsch expérimente dans cette partie les conceptions nouvelles de l'école hypermoderne qui stupéfient le monde des échecs.




José Raúl Capablanca

Né en 1888 à La Havane (Cuba), mort à 1942 à New York à 54 ans.  Champion du monde de 1921 à 1927, il est considéré comme l'un des plus grands joueurs de l'histoire.


Carrière échiquéenne

Capablanca a commencé à jouer aux échecs à l'âge de quatre ans. A huit ans, il était déjà un fort joueur. En 1901, à treize ans, il bat le meilleur joueur cubain.

Capablanca photographié à lâge de 4 ans jouant aux échecs avec son père ->


En 1905, il commence des études supérieures à l'université de Columbia, aux Etats Unis. Inscrit au Manhattan Chess Club, il joue beaucoup aux échecs. En 1909, au cours de l'hiver, il s'offre une tournée de huit semaines dans le pays et affronte l'élite américaine des échecs. Il gagne 168 parties d'affilée sans en perdre une seule et bat facilement le grand champion américain Frank Marshall, en tournoi. Capablanca commence à devenir célèbre.
Mais c'est en Espagne, pour le grand tournoi de Saint-Sébastien, que sa carrière s'internationalise. A la surprise générale il défait facilement tous les ténors de l'époque, à l'exception de Lasker : Bernstein, Marshall, Nimzowitsch, Rubinstein, Tarrasch, Vidmar...
Capablanca abandonne ses études et choisit de faire carrière dans les échecs. Officiellement il travaille au ministère des Affaires étrangères de Cuba mais sa carrière diplomatique consiste essentiellement à jouer aux échecs.


Troisième champion du monde

En 1921, Capablanca met fin au règne de Lasker et devient le troisième champion du monde des échecs. A l'époque, le premier joueur à aligner six parties gagnantes était déclaré vainqueur.  A la quatorzième partie, Lasker abandonne. Capablanca a déjà quatre victoires, dix nulles... et aucune défaite ! Un exploit rarissime.
Dans les années suivantes, il gagne plus de 200 parties et n'en perd que six, ce qui lui a valu le surnom de "Chess machine".

<- Jose Raul Capablanca, en 1919 (auteur inconnu)


Cahin-caha, il règne sur les échecs jusqu'en 1927, date de sa confrontation avec Alekhine. Les aficionados ne donnent pas cher de la peau du russe ; pourtant celui-ci est le premier à obtenir six victoires. Capablanca n'en a que trois, il doit céder le titre. Néanmoins le joueur cubain continue à jouer durant plusieurs années à un très haut niveau. Il cherche à obtenir d'Alekhine qu'il accepte une revanche mais le nouveau champion du monde fait tout pour l'éviter. Ce comportement très peu sportif lui vaudra de recevoir la famesue lettre ouverte de Rudolf Spielmann et intitulée : "J'accuse"...


Fin de carrière

Après 1931, Capablanca s'éloigne progressivement de la scène internationale, alors qu'une nouvelle génération de joueurs apparaît. Euwe, Flohr, Botvinnik, Keres, Fine, Reshevsky sont plus jeunes et marquent des points, alors que Capablanca donne des signes de fatigue. En 1938, il finit avant-dernier du tournoi AVRO et se retire de la scène internationale, sur conseil de ses médecins. Il souffre d'hypertension artérielle, maladie qui causera sa mort en 1942, à seulement 53 ans.


Ci-dessus, Alekhine (à gauche) affronte Capablanca pour le titre de champion du monde en 1927 (auteur inconnu).

Style

Capablanca était un joueur au style naturel considéré comme l'incarnation du joueur purement positionnel. Ses développements étaient logiques et directs et il ne se lançait jamais dans de complexes combinaisons tactiques, préférant conserver une position solide. Comme tous les joueurs positionnels, il se contentait d'obtenir de petits avantages qui, additionnés, se convertissaient en victoire à la fin de la partie. Sa maîtrise des finales était légendaire.


Jouer contre une simulation de Capablanca ?

Capablanca de Chessmaster 4000 Turbo


Si vous souhaitez un Capablanca immédiatement disponible, vous pouvez installer et lancer Chessmaster 4000 Turbo, à présent abandonware. Ce logiciel propose 22 simulations de grands maîtres, parmi lesquelles Capablanca.  

Capablanca pour Chessmaster 10 et 11

Les dernières versions de Chessmaster proposent une simulation de Capablanca un peu plus fine que celle CM 4000. Si vous n'avez pas ce programme commercial, installez dans l'interface Arena la version UCI du moteur The King de Chessmaster et sélectionnez Capablanca parmi les 49 simulations de grands maîtres disponibles. La personnalité est enrichie de deux bibliothèques d'ouvertures au format abk d'Arena.

Capablanca version Lucas Chess


Lucas Chess propose également un profil "Capablanca" dans sa série des "Moteurs GM". Cette simulation est d'une précision comparable à celle de Chessmaster.

Capablanca pour Rodent IV de Rob Robinson

Pawel Koziol proposait avec Rodent II une simulation de Capablanca assez sommaire - compte tenu du nombre de critères de programmation relativement limité de Rodent II. Cette personnalité fonctionne avec Rodent III mais n'a jamais été actualisée par Pawel. En prenant ce vieux profil comme base de départ, j'ai développé ma propre simulation de Capablanca pour Rodent IV. Voir "Capablanca pour Rodent IV".

Moteur Grand Maître Capablanca


Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Capablanca, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.



En savoir plus sur Capablanca ?

Voici quelques pages utiles pour en savoir plus sur le champion cubain :

Biographie de Capablanca sur Wikipédia

Capablanca sur Chess.com : biographie succincte, quatre parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 1310 parties de Capablanca.


Botvinnik-Capablanca, AVRO 1938 : Lors du Tournoi AVRO qui s'est déroulé à Rotterdam en 1938, Mikhaïl Botvinnik a battu José Raúl Capablanca.



Aaron Nimzowitsch

Aaron Nimzowitsch est né en 1886 à Riga en Lettonie (empire Russe); il est mort en 1935 à Copenhague, au Danemark, à 48 ans.

Né dans l'empire Russe et d'origine juive, Aaron Nimzowitsch était néanmoins de culture germanique. Germanophone, il fit d'ailleurs le début de ses études à Berlin, qu'il abandonna très vite cependant pour mener une carrière de joueur d'échecs professionnel. Tous ses livres ont été publiés d'abord en langue allemande.
La première guerre mondiale paralysa ses efforts mais son talent éclata à partir de son installation au Danemark, en 1922 - pays dont il acquit assez vite la nationalité. Il y vécu jusqu'à sa mort.  


Une carrière échiquéenne qui n'aboutit pas

L'apogée de la carrière de Nimzowitsch se situe à la fin des années 1920 et au début des années 1930. Il se situait dans le peloton de tête des meilleurs joueurs mondiaux, mais il n'obtient jamais cependant de titre majeur. Il fut beaucoup desservi par un caractère peu engageant. Egocentré, arrogant et imbue de lui-même, méfiant voire même un peu paranoïaque, il n'obtint jamais les soutiens qui auraient pu booster sa carrière.  
A l'époque, il fallait en effet beaucoup d'argent pour participer à la compétition pour le titre mondial.
Si Nimzowitsch est resté un joueur "historique" c'est surtout pour ses ouvrages théoriques sur les échecs, qui ont eu un retentissement considérable. Nimzowitsch est, avec Richard Réti,  le plus illustre théoricien de l'école "hypermoderne", qui a succédé à l'école classique, laquelle s'était déjà construite en opposition à l'école romantique.


Le "Système" Nimzowitsch

Doté d'un véritable talent de pédagogue, Nimzowitsch fut l'un des fondateurs de l'école hypermoderne et l'auteur de livres qui sont toujours d'actualité. Edités d'abord en langue allemande, "Mon système", suivi de "Pratique de mon système" développaient des conceptions qui tranchaient avec les idées quelque peu dogmatiques en vigueur à l'époque. Traduit et lu dans le monde entier, les livres et les théories de Nimzowitsch ont influencés toutes les générations suivantes de joueurs d'échecs. Résumé de ses conceptions :  

➤Nécessité de contrôler le centre. Cette idée, déjà présente chez Steinitz et Tarrasch, et proposée avec davantage de souplesse et de richesse. Contrôler le centre ne veut pas simplement dire y amasser du matériel… Le contrôle peut se faire à distance.
➤Gêner les mouvements de l'adversaire en bloquant son jeu : une attaque ne réussit en effet qu'avec un avantage de mobilité. En fermant par des moyens divers  les lignes de communication entre les pièces adverses, on crée des affaiblissements structurels, lesquels, à un stade ultime, permettront d'imposer à l'adversaire des coups forcés défavorables. C'est le fameux zugzwang.
➤ La surprotection : il s'agit, après avoir identifié les cases stratégiques pour les deux camps d'accroître soi-même le contrôle de ces positions au détriment de l'adversaire.
➤Le concept des pions liés : Tarrasch avait fait du pion dame isolé l'une de ses armes favorites. Nimzowitch réfute cette menace. Il préfère miser sur des "pions liés", se soutenant mutuellement, une arme pour lui à maîtriser absolument.
➤Le louvoiement : cette tactique consiste à repérer deux faiblesses ennemies et à les attaquer alternativement. Comme il est impossible d'attaquer et de se défendre en même temps, ce louvoiement va susciter chez l'adversaire des affaiblissements structurels qu'il conviendra d'identifier et d'exploiter par la suite.
➤Le "développement élastique" dans l'ouverture : Nimzowitsch est un fervent défenseur de l'idée selon laquelle l'ouverture choisie doit servir une stratégie d'ensemble, qui ne peut-être définie qu'au bout d'un certain temps. Il convient donc de rester souple afin de conserver le plus longtemps possible la faculté de se déterminer pour un type de contrôle du centre ou un autre. Nimzowitch a théorisé et mis en pratique plusieurs ouvertures devenues très populaires comme la Défense nimzo-indienne et la défense Nimzowitsch du pion-roi, par exemple.

Dans un troisième ouvrage théorique majeur, "Die Blockade" (le blocage), Nimzowitsch développe sa technique pour geler le jeu adverse. Karpov a du en boire les moindres mots !


Jouer contre une simulation de Nimzowitsch ?

Beaucoup de bonnes simulations pour Nimzo :

Nimzowitsch de Chessmaster 4000 Turbo

Nimzowitsch est l'une des 22 personnalités de grands maîtres disponibles avec Chessmaster 4000 Turbo, logiciel commercial à présent abandonware. Avantage : la personnalité est immédiatement disponible. Inconvénient : c'est la simulation la plus schématique et elle utilise une bibliothèque généraliste.


Nimzowitsch pour Chessmaster 10 et 11

Les dernières versions de Chessmaster proposent une simulation de Nimzowitsch un peu plus fine que celle CM 4000. Si vous n'avez pas ce programme commercial, installez dans l'interface Arena la version UCI du moteur The King de Chessmaster et sélectionnez Nimzowitsch parmi les 49 simulations de grands maîtres disponibles. La personnalité est enrichie de deux bibliothèques d'ouvertures au format abk d'Arena.

Nimzowitsch pour Rodent III et IV, de Pawel Koziol

Nimzowitsch a été l'une des premières personnalités de grand maître proposées avec Rodent. Il y a eu un Nimzo pour Rodent II, qui a été actualisé pour Rodent III et Nimzo est finalement l'un des trois GM à accompagner Rodent IV. Une simulation savante et fidèle, accompagnée d'une excellente bibliothèque "Nimzowitsch". Voir "Nimzowitsch pour Rodent IV".
A noter : la vieille personnalité Nimzo pour Rodent III est toujours disponible.

Moteur Grand Maître Nimzowitsch

Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Nimzowitsch, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Nimzowitsch ?

Voici quelques pages utiles pour en savoir plus sur le grand théoricien hypermoderne :

Biographie de Nimzowitsch sur Wikipédia

Nimzowitch sur Chess.com : biographie succincte, quatre parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 737 parties.

L'immortelle du Zugzwang, partie commentée de 1923, entre Aaron Nimzowitsch et Friedrich Sämisch.

Johner - Nimzowitsch, Dresde, 1926 : partie commentée considérée comme l'un des premières parties de l'histoire à afficher un style hypermoderne.

Nimzowitsch - Rubinstein, Dresde, 1926 : partie commentée dans laquelle Nimzo explore différentes facettes de la technique hypermoderne.



Rudolf Spielmann


Né en 1883 à Vienne dans une famille juive, Rudolf Spielmann était juriste de formation mais préféra embrasser, avec succès, la carrière de joueur d'échecs professionnel. Il fut même l'un des plus grands joueurs d'attaque de tous les temps, le dernier héritier de l'âge romantique des échecs. Malgré des faiblesses psychologiques qui minaient souvent la qualité de son jeu, le joueur autrichien s'est hissé dans les années 20 parmi les 10 meilleurs joueurs mondiaux. La progression du nazisme dans les années 30 l'a conduit à fuir en Tchécoslovaquie, en Hollande puis enfin en Suède. Sa carrière de joueur d'échecs en a été considérablement contrariée. Il est mort à Stockholm en 1942, dans le dénuement.


Le maître de l'attaque


Petit homme aimable, doux et fragile, Spielmann était tout le contraire sur un échiquier.  Peu de joueurs auront eu un jeu aussi agressif et pugnace. Il jouait en effet uniquement pour gagner et il est resté comme l'un des joueurs au monde ayant concédé le moins de parties nulles.  Son très beau style tactique et prompt à l'échange pouvait paraître démodé car l'époque de Spielmann était celle du jeu "scientifique", positionnel et défensif. Ses ouvertures tranchantes favorisant les jeux ouverts n'étaient plus guère pratiquées que par lui, ce qui lui a valu les qualificatifs de "dernier chevalier du gambit roi" ou de "dernier des romantiques". De fait, son style s'apparentait à celui de Tchigorine ou d'Anderssen, y compris dans le choix des ouvertures. Toutefois, Spielmann avait pris soin d'étudier le jeu positionnel et les principes de la défense ne lui étaient pas du tout inconnus. Tout cela a fait de lui le "maître de l'attaque", le dernier des artistes de l'échiquier, au style tactique brillant et audacieux très apprécié des amateurs d'échecs.


Apport théorique

Spielmann a développé une véritable théorie du sacrifice de pièces, qu'il a exposé dans son livre le plus connu, "L'art du sacrifice aux échecs". On lui doit la première grande classification des sacrifices et les notions de sacrifice de qualité, d'obstruction, de développement… Précurseur de Mikhaïl Tal, il a également théorisé les sacrifices spéculatifs ou perturbateurs, pas forcément justifiés sur le strict plan technique mais très déstabilisant pour l'adversaire dont il ruine les positions. Cet apport théorique, pour important qu'il ait été dans l'histoire des échecs, est relativement oublié aujourd'hui car la connaissance du jeu a tellement progressé depuis Tal que plus aucun joueur de haut niveau ne peut se risquer à un sacrifice purement spéculatif.  


Carrière échiquéenne

J'ai volontairement gardé pour la fin la section "carrière" car même dans sa période la plus faste, Spielmann a toujours eu des résultats très irréguliers. Il a gagné nombre de grands tournois internationaux et à battu un jour ou l'autre tous les grands joueurs de son époque, y compris Steinitz, mais il peinait à concrétiser car il résistait mal à la pression et s'effondrait souvent après plusieurs parties géniales. Ainsi, il n'a jamais été considéré comme un prétendant sérieux au titre mondial. En revanche, sa présence donnait toujours du prix à un tournoi car les amateurs adoraient son jeu risque-tout et plein de surprises.



Jouer contre une simulation de Spielmann ?

Spielmann version Chessmaster 4000 Turbo

Jusqu'ici, il n'y avait  qu'une simulation du jeu de Spielmann, celle qui était associée aux vieux Chessmaster 4000. Ce profil n'était cependant pas génial et il était difficile, avec les bibliothèques associées, de lui voire jouer le gambit du roi ou de Vienne. Il n'a d'ailleurs pas été repris dans les versions ultérieures de Chessmaster.

Spielman pour Rodent IV, par Rob Robinson

Pris au jeu,  j'ai décidé de développer une version pour Rodent IV. Elle doit être considérée pour ce qu'elle est : une ébauche, un peu grossière. Mais certainement bien meilleure que celle de Chessmaster 4000 et utilisant au moins une vraie bibliothèque dédiée - que j'ai pris la peine de construire pour l'occasion. Voir "Rudolf Spielmann pour Rodent IV ?"

Moteur Grand Maître Spielmann

Cette personnalité a été intégrée à la série des "Moteurs Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Spielmann, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Spielmann ?


Voici quelques pages utiles pour en savoir plus sur le dernier romantique :

Biographie de Spielmann sur Wikipédia

Spielmann sur Chess.com : biographie succincte, deux parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 1332 parties.

Voir aussi sur Chess.com l'article "Rudolf Spielmann, le gentleman mortel !" avec plein de petits "puzzle" à résoudre.



Richard Réti

Richard Réti est né en 1889 à Pezinok, près de Bratislava ; il est mort en 1929 à Prague, à 40 ans. Il est donc né Hongrois, puis est devenu Tchécoslovaque après la première guerre mondiale, comme sa région d'origine.
Quoi qu'il ait été un très fort joueur - l'un des plus forts entre 1910 et 1920 - Richard Réti n'a jamais été ni un enfant prodige ni un génie des échecs. Il avait du talent, mais pour arriver au très haut niveau où il s'est situé, il lui a fallu fournir énormément de travail. On peut dire aussi qu'il était avant tout un théoricien.
La rencontre avec Gyula Breyer, un joueur très doué avec qui il s'est lié d'amitié, a certainement été déterminante dans son parcours. Partageant les mêmes conceptions théoriques novatrices, ils s'entraidèrent et élaborèrent ensemble une conception nouvelle des échecs. Ils furent, avec Aaron Nimzowitsch, les véritables fondateurs de l'école hypermoderne.

Réti a été emporté prématurément par une poussée de Scarlatine. Contrairement à Nimzo, il aurait pu devenir champion du monde en écourtant le règne de Lasker, qui durait un peu trop.


Un joueur relativement peu titré

C'est pour ses oeuvres théoriques plus que pour ses titres échiquéens que Réti est passé à la postérité. Tout comme Nimzowitsch, avec lequel il partagea beaucoup de points communs, il fut éclipsé par la première guerre mondiale au moment où il était au sommet de son art. Après la guerre, il remporta plusieurs tournois majeurs : ceux d'Amsterdam et de Göteborg en 1920, celui de Teplitz-Schönau en 1922, de Buenos Aires en 1924 et de Vienne en 1928. Mais son fait d'arme le plus marquant fut de battre le champion du monde José Raúl Capablanca, à New York en 1924. Le Cubain, que l'on surnommait "chess machine", était alors considéré comme pratiquement invincible. La partie est restée assez célèbre, notamment parce que Réti y employa l'ouverture qui porte aujourd'hui son nom (1. Cf3 suivi de 2. c4 sans d4).


Grand théoricien de l'école hypermoderne

Le jeu de Réti contre Capablanca était basé sur une ouverture nouvelle, le "début Réti", dont le but est d'occuper indirectement le centre. Cette partie a joué un rôle important dans la propagation des conceptions théoriques de Réti, qui se basait notamment sur une série d'ouvertures dites "de flanc", refusant l'occupation prématurée du centre, mais s'assurant de son contrôle indirect et à distance ;  quitte à laisser l'adversaire occuper lui-même le centre, tout en préparant les pions qui pourraient l'attaquer et ruiner cette position le moment venu. Cette tactique s'appuie sur la mise en fianchetto des fous et sur l'attaque du centre adverse par les pions de flancs...
Voici une liste non exhaustive de ces ouvertures pour les deux camps. Pour les blancs :


➤le début Réti (1. Cf3 d5 2. c4 )
➤les ouvertures anglaises (1. c4 )
➤L'attaque Nimzo-Larsen (1. b3 e5 2. Fb2 Cc6 3. e3 d5 4. Fb5 Fd6 5. f4)

Pour les noirs :
➤la défense Alekhine (1. e4 Cf6 2. e5 Cd5 3. d4 d6 4. Cf3)
➤la défense est-indienne (1.d4 Cf6 2.c4 g6 3.Cc3 Fg7 4.e4 d6)
➤la défense ouest-indienne (1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.Cf3 b6)
➤la défense nimzo-indienne (1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.Cc3 Fb4.)
➤la défense Grünfeld (1.d4 Cf6 2.c4 g6 3.Cc3 d5)
➤la défense Moderne (1.e4 g6, avec un développement précoce du Fou g7 en fianchetto)
➤la défense Nimzowitsch (1.e4 Cc6)

Réti a critiqué le dogmatisme de l'école classique, dans laquelle les échecs s'étaient un peu figés, mais il était beaucoup plus mesuré que Nimzowitsch, et beaucoup moins arrogant. Il admirait Tarrasch, alors que Nimzowitsch ne manquait jamais une occasion de tourner en dérision les principes du représentant majeur de l'école classique à leur époque. Ses conceptions furent formulées dans plusieurs ouvrages théoriques qui enrichirent considérablement la connaissance des échecs. Ses oeuvres les plus importnates :


➤"Les Idées modernes aux échecs" (1922)
➤"Les Maîtres de l'échiquier" (1930)


Style

Grand théoricien, Réti met naturellement en œuvre les principes hypermodernes qu'il a généreusement formulé. Peu disposé à occuper le centre directement, il joue souvent le système qui porte son nom (Système Réti, 1. Cf3), la défense Alekhine (1. e4 Cf6) et les ouvertures permettant la mise en fianchetto du fou. Il avance lentement et avec prudence, en prenant soin de conserver une position très solide. Malgré ce jeu fortement positionnel, Réti ne joue que modérément en défense.


Jouer contre une simulation de Richard Réti ?

Réti version Chessmaster 4000 Turbo

Réti est l'une des 22 personnalités de grands maîtres disponibles avec Chessmaster 4000 Turbo, à présent abandonware. Avantage : la personnalité est immédiatement disponible. Inconvénient : c'est la simulation la plus schématique et elle utilise une bibliothèque généraliste.


Réti pour Chessmaster 10 et 11

Les dernières versions de Chessmaster proposent une simulation de Réti un peu améliorée par rapport à celle de CM 4000. Si vous n'avez pas ce programme commercial, installez dans l'interface Arena la version UCI du moteur The King de Chessmaster et sélectionnez Réti parmi les 49 simulations de grands maîtres disponibles. La personnalité est enrichie de deux bibliothèques d'ouvertures au format abk d'Arena.

Réti version Rodent III et IV, de Pawel Koziol

Pawel Koziol, auteur du moteur Rodent, à développé une simulation de Réti pour Rodent III. Elle est toujours disponible mais je vous invite plutôt à utiliser la convertion que j'en ai fait pour la dernière version du moteur, Rodent IV. C'est la simulation la plus fine actuellement disponible pour Richard Réti. Voir "Richard Réti pour Rodent IV".

Moteur Grand Maître Réti

Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Réti, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Réti ?

Voici quelques pages utiles pour en savoir plus sur le grand théoricien hypermoderne :

Biographie de Réti sur Wikipédia

Réti sur Chess.com : biographie succincte, sept parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 757 parties de Réti.



Alexandre Alekhine


Né en Russie en 1892 et mort à Estoril (Portugal) en 1946, à l'âge de 54 ans, Alexandre Alekhine est un joueur d'échecs russe, naturalisé français en 1927.


Grand théoricien des échecs

Alexandre Alekhine est véritablement l'un des inventeurs des échecs modernes. Bien que déjà fort joueur doté d'un sens tactique très aigu, il a compris qu'il pouvait encore améliorer son jeu en étudiant les échecs de manière systématique. Il a ainsi été lun des premiers théoriciens des ouvertures, l'une d'elles, employée pour la première fois en 1921, portant son nom : la défense Alekhine.

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Photo : Alexandre Alekhine  (George Grantham / Bain Collection, bibliothèque du Congrès des États-Unis / Pas de précision ni sur la date ni sur le lieu)

Mais il a aussi étudié en profondeur toutes les phases du jeu. Alekhine appartenait, avec Réti et Nimzowitsch, à la "race" nouvelle des joueurs d'échecs: les grands maitres "scientifiques". Il a écrit un grand nombre de livres sur les échecs qui ont considérablement enrichi la connaissance du jeu. Deux ouvrages sont encore beaucoup lus aujourd'hui. "Mes meilleures parties (1908–1923)", recueil de jeux commentés par Alekehine lui-même, est régulièrement cité comme un des meilleurs livres jamais écrit sur les échecs. "New York 1924" est un commentaire du fameux tournoi au cours duquel Alekhine affronta Emmanuel Lasker et Capablanca. Il est assorti d'un long article théorique faisant le point sur les nouveautés apparues au cours de ce tournoi en matière d'ouvertures.

4eme champion du monde

La force nouvelle acquise par l'étude systématique des échecs propulsa rapidement Alekhine vers les sommets. En 1927, à la surprise générale, il ravit à Capablanca, que l'on croyait invincible, le titre de champion du monde. Il le conservera jusqu'en 1935, date de sa défaite contre Max Euwe. Un joueur moins talentueux que lui mais qui a pu bénéficier d'un relachement du champion du monde en titre. Alekhine s'entrainait moins, fumait et buvais beaucoup. Il est même venu visiblement éméché à certaines des parties contre Max Euwe. Après cette cuisante défaite, il mis de l'ordre dans sa vie, cessa de boire et de fumer. Il regagna facilement le titre en 1937 et le conserva jusqu'à sa mort en 1946.  

Portrait d'Alekhine en 1913 (auteur inconnu) ->



Style : un jeu tactique-offensif soutenu par la science positionnelle

Du point de vue du style, Alekhine est toujours resté un joueur tactique et offensif, malgré les connaissances acquises en matière de position. Il était réputé pour ses attaques féroces, qui montrait une grande habileté pour les combinaisons.
L'homme n'avait pas la réputation d'être charmant. Alcoolique et grand fumeur, il était d'un abord antipathique. On lui a reproché après la guerre d'avoir épousée la cause nazie, ce qu'il a toujours nié. Quoi qu'il en soit, son apport aux échecs, en tant que joueur et en tant que théoricien, est considérable. Il appartient au club très fermée des 10 meilleurs joueurs de tous les temps.

<- Alekhine au début des années 1920 (auteur inconnu).



Jouer contre une simulation d'Alekhine ?

Pour Alekhine, nous n'avons que l'embarras du choix :

Alekhine de Chessmaster 4000 Turbo


Si vous souhaitez jouer contre un Alekhine immédiatement disponible, vous pouvez installer et lancer Chessmaster 4000 Turbo, à présent abandonware. Ce logiciel propose 22 simulations de grands maîtres, parmi lesquelles un Alekhine acceptable.  


Alekhine pour Chessmaster 10 et 11


Les dernières versions de Chessmaster proposent une simulation d'Alekhine un peu plus travaillée que celle CM 4000. Si vous n'avez pas ce programme commercial, installez dans l'interface Arena la version UCI du moteur The King de Chessmaster et sélectionnez Alekhine parmi les 49 simulations de grands maîtres disponibles. La personnalité est enrichie de deux bibliothèques d'ouvertures au format abk d'Arena.

Alekhine, moteur "GM" de Lucas Chess

L'interface Lucas Chess propose elle aussi une simulation d'Alexandre Alekhine, dans sa série de 16 moteurs "GM". Elle est d'un niveau de précision comparable à ce que proposait Chessmaster. Elle est de plus accompagnée d'une bibliothèque d'ouvertures dédiée. Pour l'utiliser, il suffit d'installer sur votre ordinateur cette belle interface d'échecs gratuite. Les personnalités "GM" sont immédiatement disponibles.


Alekhine-Prodéo

Ed Schröder a développé un profil Alekhine, pour accompagner son moteur Prodéo. Voir Alekhine pour Prodeo...

Alekhine pour Rodent III et IV, de Pawel Koziol

Pawel Koziol a développé une personnalité Alekhine pour Rodent II et cette très vieille version n'a jamais été actualisée. Elle est donc assez approximative. Toutefois, je propose aussi une personnalité "Alekhine" pour Rodent IV, construite à partir de la vieille simulation pour Rodent II.  Voir "Alekhine pour Rodent IV".

Moteur Grand Maître Alekhine

Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Alekhine, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Alekhine ?


Biographie d'Alekhine sur Wikipédia

Alekhine sur Chess.com : biographie succincte, quatre parties commentées, ouvertures préférées et 2354 parties du quatrième champion du monde.

Bogoljubov - Alekhine, Hastings, 1922 : célèbre partie d'échecs disputée lors du tournoi de Hastings le 21 septembre 1922

La Perle de Zandvoort : célèbre partie d'échecs jouée le 3 décembre 1935 à Zandvoort aux Pays-Bas lors du championnat du monde d'échecs 1935 entre le challenger Max Euwe et le champion du monde Alexandre Alekhine.



Salomon Flohr


Salo Flohr est né en 1908 à Horodenka, alors en Autriche-Hongrie - et maintenant en Ukraine - dans une famille juive.  Ses parents ont été victimes d'un pogrom durant la première guerre mondiale ; Salo Flohr et son frère, devenus orphelins,  ont pu trouver refuge en Tchécoslovaquie, où ils s'établirent. Dans les années vingt, le talent de Flohr pour les échecs éclata. Au début des années trente, il était dans le peloton de tête des meilleurs joueurs mondiaux et un véritable héros dans son pays. Mais l'invasion de la Tchécoslovaquie  par les troupes allemandes le contraignit à nouveau à s'enfuir. Avec l'aide de Botvinnik, il se réfugia en Union Soviétique. Cette nouvelle fuite, traumatisante, affecta son jeu. Très respecté en URSS, il se reconvertit dans le journalisme et devient l'un des piliers du chess sytem russe jusqu'à son décès en 1983.


Carrières échiquéenne

De 1928 à 1937, Salo Flohr participa à 42 tournois internationaux et en remporta une bonne moitié, tout en finissant deuxième ou troisième de la plupart des autres. C'était aussi un redoutable joueur d'olympiades, obtenant à titre individuel deux médailles d'or, une d'argent et une de bronze. Ces brillants résultats lui ouvrirent les portes de la compétition pour le titre mondial. La FIDE le choisit pour le challenger d'Alexandre Alekhine, en 1937 mais  il ne trouva pas l'argent pour participer à la compétition. Réfugié en URSS avec sa famille pour échapper  aux nazis, il participa encore au tournoi AVRO de 1938, destiné à sélectionner l'adversaire d'Alekhine, mais il finit dernier, trop marqué par les événements récents. Le championnat du monde n'aura finalement pas lieu, pour cause de seconde guerre mondiale, mais Flohr semblait encore dans la course après la guerre. Il se qualifia cependant avec quelques difficultés pour le tournoi des candidats de 1950 et finit dernier une fois de plus. Sa carrière échiquéenne était terminée.


Style de jeu

Au fil du temps, la manière de jouer de Flohr a beaucoup changé. Le style brillant et offensif des années trente a laissé la place dans les années quarante à un jeu hyper-défensif, d'une prudence extrême. Flohr avait perdu sa combativité, évitant comme la peste les positions risquées et acceptant la nullité à la moindre situation d'infériorité. Il privilégia les ouvertures tranquilles, en particulier les ouvertures du pion dame, qui s'accommodaient mieux de son jeu devenu ultra-positionnel.


Jouer contre une simulation de Flohr ?

A ma connaissance, il n'existe qu'une seule simulation du jeu de Salo Flohr, celle que proposait Chessmaster. Si vous n'avez pas ce programme, vous pouvez lancer le moteur The King version UCI depuis l'interface Arena et sélectionner celui de Flohr parmi les 49 profils de grands maîtres proposés. La simulation a retenu toutefois le style frileux et défensif du Flohr de fin de carrière, dont nous avons vu plus haut qu'il n'était pas vraiment représentatif des qualités de ce joueur.



En savoir plus sur Flohr ?

Biographie de Salo Flohr sur Wikipédia

Flohr sur Chess.com : biographie succincte, une partie commentée, ouvertures préférées et 1035 parties de Flohr.




Max Euwe

Max Euwe est né en 1901 à Amsterdam, aux Pays-Bas ; il est  mort en 1981 dans la même ville.

Bien qu'il ait été champion du monde de 1935 à 1937, le Hollandais Max Euwe n'a pas marqué fortement de son empreinte le monde des échecs. Sans doute parce que, contrairement à tous les autres - ou presque - il est resté un amateur pour qui les échecs était moins une profession qu'un hobbie pratiqué avec passion. Docteur en mathématique, il fut avant-tout un enseignant et un universitaire, doublé d'un chercheur en mathématique et en informatique. Sur le plan théorique, son apport est modeste. Il a très bien joué, mais sans sans rien révolutionner. Il a écrit, souvent avec d'autres auteurs, de nombreux ouvrages pédagogiquement très réussis et dont certains sont encore appréciés aujourd'hui ; mais rien là-encore qui enrichisse vraiment la science des échecs.  

<- Photo : Max Euwe en 1963 - Par Harry Pot  (ANEFO)


Il a cependant beaucoup fait pour développer la disciplines aux Pays Bas. On se souvient aussi qu'il a été un très bon président de la FIDE, dans les années soixante-dix.


Bref champion du monde

Le tort de Max Euwe fut aussi de remporter de justesse la victoire contre le champion du monde en titre, Alexandre Alekhine, à un moment où celui-ci n'était pas au mieux de sa forme. C'était en 1935. Le joueur Franco-Russe, qui avait des problèmes d'alcool, est venu visiblement éméché à certaines parties et ce fait est resté dans les anales. Alekhine repris d'ailleurs son titre haut la main moins de deux ans plus tard et le conserva jusqu'à sa mort en 1946. Max Euwe continua cependant à jouer à un haut niveau durant une vingtaine d'années, participant notamment à sept Olympiades.  Il fut aussi, de 1970 à 1978, un président de la FIDE respecté et apprécié, qui joua un rôle positif de modérateur dans le conflit entre Bobby Fischer et la FIDE lors du championnat du monde de 1972.

Max Euwe en 1945 (Photo Theo van Haren Noman / ANEFO) ->



Style

Max Euwe est un joueur au style assez équilibré entre tactique et stratégie positionnelle.  Il jouait fréquemment à la manière des hypermodernes lorsqu'il avait les blancs mais avec les noirs, il préfèrait les lignes classiques, mettant souvent en oeuvre une défense slave. Son jeu était clair, direct, méthodique et efficace. Bien que n'étant pas du tout un attaquant féroce, il lui arrivait parfois de créer la surprise en se lançant dans des positions déséquilibrées et à double-tranchant dont il sortait souvent victorieux.  Max Euwe était en effet un très bon tacticien.


Jouer contre une simulation de Max Euwe ?

Trois possibilités existent :

Max Euwe, moteur GM de Lucas Chess

Le bref champion du monde a été pris comme modèle pour l'un des 16 moteurs "GM" de Lucas Chess. Téléchargez ma bibliothèque d'ouvertures obtenue à partir de 1640 parties gagnantes ou nulles du champion, en remplacement de la petit bibliothèque de Lucas Chess.

Max Euwe version Chessmaster : Max Euwe a également été simulé pour le jeu Chessmaster. Vous trouverez sur la  page dédiée à son moteur, The King, la possibilité de télécharger le profil Euwe ainsi que les trois bibliothèques d'ouvertures, "spécial Euwe",  à utiliser conjoibntement avec l'interface  Arena.

Max Euwe pour Rodent IV, par Fabien Sauser et Rob Robinson

C'est tout frais, il y a maintenant une personnalité Euwe pour le moteur Rodent IV ! Je l'ai développé en collaboration avec Fabien Sauser. Voir "Max Euwe pour Rodent IV ?"


En savoir plus sur Euwe ?


Biographie de Max Euwe sur Wikipédia

Euwe sur Chess.com
: biographie succincte, trois parties commentées, ouvertures préférées et 1775 parties de Max Euwe.

La Perle de Zandvoort : célèbre partie d'échecs jouée le 3 décembre 1935 à Zandvoort aux Pays-Bas lors du championnat du monde d'échecs 1935 entre le challenger Max Euwe et le champion du monde Alexandre Alekhine.



Reuben Fine


Reuben Fine est né à New York à 1914 et il est mort dans cette même ville en 1993, à l'âge de 78 ans. Joueur professionnel à partir du début des années 30 il fut l'un des meilleurs joueurs américains et, jusqu'à la seconde guerre mondiale, l'un des cinq meilleurs mondiaux. Injustement peu connu, il fait partie de ces joueurs qui, à l'instar de Kortchnoï, Keres ou Rubinstein, avaient tout pour être champion du monde mais ne l'ont pas été pour diverses raisons qui tiennent plus à l'adversité et au hasard qu'à un manque de capacités.
Après la guerre, Reuben Fine continua à jouer en professionnel quelques années mais il abandonna la compétition en 1951 pour se tourner vers la psychologie et la psychanalyse.


Carrières échiquéenne

Sur le territoire national, Reuben Fine a un palmarès contrasté. Alors qu'il remportait systématiquement l'US Open (7 fois en tout), il ne réussit jamais à conquérir le titre de champion des Etats Unis, qui revenait systématiquement à son rival américain de toujours, Samuel Reshevsky, juif orthodoxe d'origine polonaise, un joueur pourtant à priori moins fort que lui.
Ses succès à l'international sont plus marquants. Il remporte dans les années trente beaucoup de grands tournois internationaux et il est le fer de lance de l'équipe olympique américaine, à qui il permet d'empocher l'or à trois reprises, en 1933, 1935 et 1937. En 1938, il arrive à égalité avec Paul Keres pour la première place du tournoi AVRO de 1938, qui avait pour but de sélectionner le challenger d'Alekhine pour le titre de champion du monde. Mais Alekhine disposant d'une certaine latitude pour le choix de son adversaire, les discussions traînent en longueur et retardent le début de la compétition. Le déclenchement de la seconde guerre mondiale mettra fin aux tractations.

Après la guerre et la mort d'Alekhine, Fine est invité par la FIDE à participer à un nouveau processus de sélection pour le titre de champion du monde, mais il décline. Les échecs ne lui rapportent plus de quoi vivre décemment et il prépare sa reconversion professionnelle. A cette période, il est absorbé par sa thèse de doctorat en psychologie. Il est également refroidi par l'incertitude qui pèse sur la tenue du championnat et par l'influence que les soviétiques exercent sur la FIDE, laquelle est complaisante avec l'habitude qu'ils ont prise de jouer entre eux des "parties de salon" afin de favoriser leur meilleur champion. On se souvient que ce fut l'un des points de discorde vingt ans plus tard entre la FIDE et Bobby Fischer.
Lorsque Fine obtint son doctorat en 1951, il abandonna la compétition.

Reuben Fine, essayiste

Si Reuben Fine n'a pas révolutionné les échecs, d'un point de vue théorique, il a été en revanche un essayiste de grand talent, auteur de quelques-uns des meilleurs ouvrages sur la discipline. Publié en 1941, Basic Chess Endings, un recueil d'analyses de fins de partie, est toujours considéré aujourd'hui comme un ouvrage majeur.
Autre livre de référence, The Ideas Behind the Chess Openings ("Les idées cachées dans les ouvertures d'échecs") s'intéresse aux ouvertures moins pour détailler une multitude de variantes que pour mettre à jour les principes qui les sous-tendent.
Alors qu'il ne jouait plus aux échecs qu'en amateur Reuben Fine a publié en 1956  The Psychology of the Chess Player,  une analyse du comportement du joueur d'échecs dans une perspective psychanalytique.



Style de jeu

Très fin connaisseur des ouvertures, Fine avait la réputation de baser son jeu sur un bon début de partie, recherchant l'initiative dès les premiers coups puis ne concédant plus aucune faiblesse. En réalité, il était un joueur beaucoup plus complet, à l'aise dans tous les compartiments du jeu, notamment dans les finales, qu'il maîtrisait aussi bien que les ouvertures. Son jeu était assez équilibré, mais davantage tourné vers l'attaque que la défense et affichait une forte préférence pour les lignes ouvertes.


Jouer contre une simulation de Reuben Fine ?

Méconnu ou oublié, Fine avait bien besoin d'une franchise américaine pour lui rendre hommage. Sans Chessmaster et son moteur The King, il n'y aurait certainement aucune simulation du champion avorté. Vous pouvez lancer le moteur The King version UCI depuis l'interface Arena et sélectionner parmi les 49 profils de grands maîtres proposés celui de Fine. Sur la page consacrée au moteur de Chessmaster, vous trouverez également un lien pour télécharger trois bibliothèques d'ouvertures réalisées à partir des parties de ce joueur.



En savoir plus sur Reuben Fine ?

Biographie de Fine sur Wikipédia

Fine sur Chess.com : biographie succincte, deux parties commentées, ouvertures préférées et 568 parties de Reuben Fine.




Xavier Tartakover  


Savielly Grigorevitch Tartakover, dit Xavier Tartakover, est né à Rostov-sur-le-Don en Russie en 1887,  d'un père autrichien et d'une mère polonaise, tous deux d'origine juive.  Il est mort en 1956, en France.


Un personnage hautement romanesque

La vie de Tartakover aura été on ne peut plus romanesque, pleine de surprises et de rebondissements. Ses parents ont fui l'URSS alors qu'il avait 12 ans. Il obtint son bac à Genève, en Suisse, puis poursuivi ses études à Vienne, en Autriche, où il décrocha un doctorat en Droit.  Il a passé la première guerre mondiale dans les rangs de l'armée austro-hongroise, s'installa ensuite à Paris mais prit la nationalité polonaise - dont pourtant il ne parlait pas la langue. Durant la seconde guerre, il participa à la résistance française sous le nom de "lieutenant Cartier". Il adopta finalement la nationalité française lorsque la Pologne, après la guerre, tomba dans le giron soviétique.

<- Tartakover encore jeune (date et auteur inconnus)

Tartakover était un personnage haut en couleur, souvent à contre-courant, pourvoyeur de jeux de mots savoureux, d'un caractère jovial mais pas toujours facile.  Il avait deux passions, l'une lui rapportait beaucoup d'argent, les échecs, et une autre lui en faisait perdre plus encore, les jeux d'argent.  Les casinos l'ont conduit progressivement à la misère.


Carrière échiquéenne


Tartakover a découvert le jeu assez tardivement, durant ses études de droit en Autriche mais il est vite devenu un brillant amateur. Il obtint ses premiers grands succès après la première guerre mondiale. Durant les années de 1930 à 1935 il gagna beaucoup de tournois prestigieux, tels les tournois de Hastings (1924, 1926, 1927), de Londres (1927), de Pologne (1935, 1937)... il permit à l'équipe polonaise de remporter plusieurs médailles lors des olympiades d'échecs... Il aurait pu prétendre au titre mondial mais sa concentration n'était pas constante. Il craquait souvent à la fin des épreuves, ruinant par de grosses gaffes des jours d'efforts fructueux.

Tartakover dans les années 50 (auteur inconnu) ->


Après la seconde guerre mondiale, il décida de devenir professionnel, mais ses résultats ont été moins brillants. Il remportera tout de même une quatrième fois le tournoi de Hastings, en 1946 et amènera une médaille d'or à la France à l'olympiade d'échecs de 1950. C'est durant cette période en revanche que ses talents de pédagogue et de journaliste des échecs s'affirmèrent.


Style

Dans le domaine des échecs aussi Tartakover était fantasque.  Il explorait souvent des sentiers peu fréquentés, notamment en matière d'ouvertures.  Ses coups excentriques, ses ouvertures improbables n'étaient pas toujours des paris gagnants mais ils avaient au moins le mérite de déstabiliser ses adversaires. Tartakover cherchait généralement à obtenir un avantage dans l'ouverture, en employant des lignes peu usitées, voire nouvelles, ce qui lui permettait souvent d'obtenir un avantage positionnel ou tactique, quand cela ne se retournait pas contre lui...


Apport théorique

Plus que tous autres, il employait quantité d'ouvertures différentes, aussi bien avec les blancs qu'avec les noirs. Se réclamant de l'école hypermoderne, Tartakover aura été un explorateur insatiable de territoires inconnus en matière d'ouvertures. Plusieurs sont restées célèbres:
➤L'ouverture 1.b4, appelé par Tartakower lui-même l'ouverture "Orang-Outang", utilisée pour la première fois à New York en 1924.
➤Les ouvertures "catalanes", baptisées ainsi parce que Tartakover les a employées massivement à Barcelone en  1929. Elles consistent, pour les blancs, à combiner la mise en fianchetto du fou Fg2 avec le duo de pions blancs d4 et c4.
➤ La "variante Tartakover du Gambit dame"  (1.d4 d5 2.c4 e6 3.Cc3 Cf6 4.Fg5 Fe7 5.e3 0-0 6.Cf3 h6 7.Fh4 b6). Beaucoup de très grands joueurs l'ont utilisés et l'utilisent encore.
Une bonne vingtaine de variantes d'ouvertures déjà connues portent aussi son nom.

Tartakover a publié une trentaine de livres, dont certains ont été de grands succès, notamment:
➤ "La Partie d'échecs hypermoderne" (1925)
➤ Le "Bréviaire des échecs" (1934). Ce dernier n'est pas un ouvrage théorique mais un livre d'initiation qui a été lu par des générations de joueurs débutants.
Écrivant pour de nombreuses revues spécialisées, il a été un brillant commentateur de l'actualité échiquéenne, se voyant même décerner un officieux de "Champion des journalistes d'échecs".

Jouer contre une simulation de Tartakower ?

Le moteur de Chessmaster, The King, est doté d'une personnalité "Tartakover". Installez le moteur dans l'interface Arena et depuis le menu de configuration, choisissez la personnalité Tartakover parmi les 49 profils de grands maîtres. N'oubliez pas de guider Arena vers l'une des trois bibliothèques que j'ai construites à partir d'un échantillon de 1290 parties de ce joueur.



En savoir plus sur Tartakover ?

Biographie de Tartakover sur Wikipédia

Tartakover sur Chess.com : biographie succincte, deux parties commentées, ouvertures préférées et 568 parties de Tartakower.

Maróczy - Tartakover, Teplitz-Schönau, 1922 : fameuse partie considérée comme la meilleure de Tartakower et couronnée par un troisième prix de beauté lors du tournoi de Teplitz-Schönau tenu en février-mars 1922.



Efim Bogolioubov

Efim Bogolioubov  est né à Kiev, en Ukraine,  en 1889, alors que la région était sous la tutelle de l'empire Russe, puis, plus tard,  de l'Union Soviétique. Naturalisé Allemand en 1926, il s'est installé définitivement en Allemagne où il est mort en 1952, à l'âge de 63 ans.


Carrière échiquéenne

Bogolioubov est une étoile mineure dans la constellation des grands joueurs d'échecs. C'était un excellent joueur, qui fit partie de l'élite mondiale de 1918 à la fin des années trente, sans réussir à atteindre les plus hauts sommets. Il affronta, sans succès, Alekhine pour le titre de champion du monde, en 1929 et en 1934. La seconde guerre mondiale mit sa carrière entre parenthèses. A la fin des hostilités, il revint à la compétition mais son temps était passé.


Apport théorique

Principalement on lui doit la défense Bogo-Indienne (1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.Cf3 Fb4+), moins populaire que la défense Ouest-Indienne mais néanmoins solide et toujours occasionnellement utilisée.


Jouer contre une simulation de Bogolioubov ?

Seul Chessmaster a proposé une simulation du jeu de Bogolioubov. Vous pouvez l'utiliser en installant le moteur The King avec l'interface Arena. Vous sélectionnerez le profil Bogolioubov dans la liste des joueurs proposés. Trois bibliothèques d'ouvertures, adaptées à des niveau de force différents, sont également disponibles pour accompagner le profil.


En savoir plus sur Bogolioubov ?

Biographie de Bogolioubov sur Wikipédia

Bogolioubov  sur Chess.com
: biographie succincte, cinq parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 1267 parties.

Bogoljubov - Alekhine, Hastings, 1922 : célèbre partie d'échecs disputée lors de la 10e et dernière ronde du tournoi de Hastings le 21 septembre 1922 par Alexandre Alekhine avec les pièces noires contre Efim Bogoljubov




Vassily Smyslov

Vassili Vassilievitch Smyslov est né en 1921 à Moscou, Russie : il est mort en 2010, dans sa ville natale. Il a été brièvement champion du monde des échecs, en 1954.

Un peu étonné de trouver un profil Vassily Smyslov dans la collection des "Moteurs GM". En effet, ce joueur Russe, même s'il a été champion du monde, n'a laissé que de modestes traces dans la culture échiquéenne. Peut-être parce que, comme Max Euwe, il était davantage un très brillant amateur qu'un joueur d'échecs professionnel… Il a mené en effet parallèlement une carrière de compositeur et de chanteur d'opéra. Il se laissa aussi accaparer par la présidence de la puissante fédération soviétique des échecs.

<- Smyslov en 1977 au tournoi de Tilbourg, au Pays-Bas (Koen Suyk / ANEFO)



Champion du monde éphémère

Vassily Smyslov aura été durant une grande partie de sa vie un très fort joueur d'échecs, sans réussir cependant à se distinguer véritablement des grands maîtres du moment. D'où de nombreuses victoires dans les tournois internationaux et un grand nombre de sélection pour les épreuves du championnat du monde (sept en tout dont 4 finales) toutes infructueuses... sauf en 1957.

En 1954,  Smyslov avait déjà pu tenter sa chance contre Botvinnik, contre qui il fit jeu égal. Le privilège de tenant du titre permis à Botvinnik de le conserver de justesse. En 1957, Smyslov retrouva à nouveau Botvinnik face à lui. Il gagna cette fois assez nettement, mais Botvinnik exerça son droit à la revanche et repris tout aussi facilement le titre à Smyslov un an plus tard. Celui-ci redevint alors l'éternel outsider, engrangeant de nombreuses victoires jusque dans les années 80, tout en restant pour un temps "celui qui pourrait peut-être un jour, encore..."



Style

Vassily Smyslov possède un style de jeu positionnel aux traits assez peu marqués ; sa maîtrise des phases finales du jeu était reconnue comme exceptionnelle.


Jouer contre une simulation de Vassily Smyslov ?

Quelques possibilités :

Smyslov version Chessmaster 4000 Turbo

Chessmaster 4000 Turbo, à présent abandonware, a été le premier programme d'échecs à offrir des simulations de grands maîtres. Il y en a 22 en tout, parmi lesquels un Vassily Smyslov assez correct.

Smyslov, personnalité de Chessmaster 10 et 11

Une autre possibilité est d'utiliser la simulation de Smyslov proposée avec Chessmaster 10 ou 11. Elle est un peu plus précise que celle de CM 4000. Si vous ne possédez pas ce logiciel, installez son moteur The King, dans l'interface Arena. Vous pourrez lancer la simulation de Smyslov avec l'une des trois bibliothèques abk que j'ai créées spécialement pour l'accompagner.

Smyslov, moteur GM de Lucas Chess :
Lucas Chess propose un profil de jeu imitant le champion russe dans sa série "Moteurs GM". Si vous souhaitez obtenir une bibliothèque un peu plus consistante que la mini-Smyslov de Lucas Chess, téléchargez ici la bibliothèque que j'ai créé à partir de 4604 parties de Smyslov.


En savoir plus sur Smyslov ?

Biographie de Smyslov sur Wikipédia

Smyslov sur Chess.com : biographie succincte, trois parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 3027 parties de Smyslov.


Bobby Fischer vs Vassily Smyslov, Palma de Majorque, 1970 : cette célèbre partie est proposée dans la collection "Parties mémorables" du jeu commercial Power Chess, désormais abandonware (et donc gratuit). Elle est commentée par la reine, l'une des personnalités du jeu.



Mikhaïl Botvinnik

Mikhaïl Botvinnik est né en 1911 à Kuokkala (aujourd'hui Repino) petite commune proche de Saint-Pétersbourg, en Russie. Il est mort en 1995 à Moscou à 84 ans.  Joueur d'échecs de premier plan durant des décennies, il était aussi ingénieur électricien et informaticien.



Champion du monde et créateur de l'école soviétique

Champion du monde d'échecs de 1948 à 1957, de 1958 à 1960 et de 1961 à 1963, il a été le premier joueur soviétique de classe mondiale. Brillant organisateur, il a largement contribué à créer, après la seconde guerre mondiale,  la très efficace école soviétique des échecs, qui a formé plusieurs générations de grands maîtres internationaux ; lesquels dominèrent la discipline pendant 40 ans. Chouchou du régime, son influence a été considérable. Il a notamment joué un rôle important dans la conception du nouveau système de championnat du monde d'échecs, après la guerre.

Photo : Botvinnik en 1936 (archives nationales ANEFO) ->


En tant que joueur d'échecs, malgré un palmarès prestigieux dont plusieurs titres de champion du monde, Botvinnik n'est généralement pas considéré comme un joueur génial. C'était surtout un maître dans la préparation et un théoricien qui passait beaucoup de temps à étudier ses propres parties et celles des autres joueurs. Ses travaux ont fait avancer la science des échecs. Il a développé de nombreuses ouvertures originales et enrichi la théorie de la phase finale avec des analyses rigoureuses.


Un style positionnel-offensif

Sur le plan du style, Botvinnik pratiquait un jeu méthodique, très équilibré, produisant des positions claires mais ne craignant pas les complications tactiques. Un jeu positionnel mais qui maintenait une pression offensive constante sur l'adversaire. Il appartient au groupe restreint, avec Bobby Fischer, des joueurs "positionnel-offensifs".


Jouer contre une simulation de Botvinnik ?


L'embarras du choix :


Botvinnik version Chessmaster 4000 Turbo

Le vieux CM 4000 Turbo, désormais abandonware, offrait 22 simulations de grands maîtres, dont un Botvinnik assez crédible.

Botvinnik version Chessmaster 10 et 11

Le profil Botvinnik de CM 4000 a été affiné et proposé ensuite de la version 9 jusqu'à l'ultime version 11 de la célèbre franchise d'échecs. Si vous ne possédez pas ce logiciel, installez la version UCI du moteur The King de Chessmaster dans l'interface Arena et sélectionnez Botvinnik parmi les 49 profils GM proposés.

Botvinnik, "moteur GM" de Lucas Chess

Lucas Chess propose également un profil "Botvinnik" dans sa série des "Moteurs GM".  


Botvinnik pour Rodent III et IV, de Pawel Koziol

Botvinnik accompagne Rodent depuis la version II de cet excellent moteur. Il reste disponible pour Rodent III mais j'ai adapté ce vieux profil de Pawel Koziol à Rodent IV, ultime version de ce génial moteur d'échecs. Voir : Botvinnik pour Rodent IV?

Moteur Grand Maître Botvinnik

Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Botvinnik, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Botvinnik ?

Biographie de Botvinnik sur Wikipédia

Botvinnik sur Chess.com : biographie succincte, cinq parties commentées, ouvertures préférées et 1319 parties de Botvinnik.

Botvinnik-Capablanca, AVRO 1938 : Lors du Tournoi AVRO qui s'est déroulé à Rotterdam en 1938, Mikhaïl Botvinnik a battu José Raúl Capablanca.



Miguel Najdorf

Mieczyslaw Mandel Najdorf est né en 1910 en Pologne, dans une commune proche de Varsovie. Il est mort à Malaga, en Espagne, en 1997. Il appartenait à l'équipe polonaise participant aux 8ème olympiades de Buenos Aires en 1939 lorsque la guerre éclata et que son pays fut envahi par les troupes allemandes. D'origine juive, il jugea plus prudent de rester en Argentine et d'adopter la nationalité de ce pays. Il changea son prénom pour Miguel. Najdorf appris plus tard la disparition de sa femme et de son enfant et de la plupart des membres de sa famille.


Carrière échiquéenne

Najdorf commence à se faire remarquer en 1922, en faisant match nul contre Alexander Alekhine. En 1935 il est l'un des meilleurs joueurs de l'équipe olympique polonaise, qui compte aussi Tartakower, celui qu'il a toujours considéré comme son maître.  

<- Miguel Najdorf en 1973 à Wijk aan Zee (Photo Bert Verhoeff / ANEFO)


Pendant la guerre, son activité est réduite mais il remporte tout de même un certain nombre de compétitions en Amérique du sud.  De 1946 à 1950, son talent éclate. Il gagne un grand nombre de tournois internationaux qui font de lui un des premiers joueurs à obtenir la norme de Grand Maître International de la FIDE.  Cependant, il ne réussit pas à se qualifier pour le championnat du monde de 1948. En 1950 il participe aux tournois des candidats qui devront affronter Botvinnik, le champion en titre. Il finit 5ème. Trois ans plus tard, il participe au tournoi des candidats de Zurich et termine 6e sur 15. Il ne réussit plus à se qualifier dans les années suivantes.
Najdorf a probablement payé sa décision de ne pas devenir un joueur d'échecs professionnel, préférant rester un amateur génial. Homme d'affaires avisé, il tirait de gros revenus de ses diverses activités.  Ne jouant pas aux échecs à plein temps, il manquait de préparation face à l'élite de l'époque. Najdorf a néanmoins continué à jouer aux échecs jusqu'à la fin de sa vie. Dans les années 70, il était encore parmi les 100 meilleurs joueurs du monde.  


Spécialiste des parties à l'aveugle

Najdorf était un adepte des parties à l'aveugle. En 1943, il réussit à conduire 40 parties en même et à en remporter 36, n'en perdant que trois. Cette exhibition avait pour but d'attirer l'attention de ce qui restait de sa famille et de ses amis, en Europe et en Russie.  


Personnage haut en couleur

Miguel Najdorf fut un joueur très populaire, à la fois par son style de jeu, très souvent surprenant, et parce que c'était un homme très sociable, plein d'humour et d'esprit. Certaines de ses saillies sont restées célèbres. Comme celle-ci par exemple : "Quand Boris Spassky vous offre une pièce, vous feriez bien d'abandonner sur le champ. Mais quand Mikhail Tal offre une pièce, il vaut mieux continuer à jouer, car il pourrait vous en offrir encore une, puis une autre..."


Style de jeu

Najdorf n'est pas de ceux qui se laissent enfermer dans un style. Il est rarement prévisible mais on peut noter une nette préférence pour l'attaque. Son jeu est généralement mobile et ouvert. Il accorde un intérêt limité à la solidité de sa position et à la protection de son roi.
En matière d'ouverture, son répertoire est vaste. Il peut jouer le pion dame comme l'ouverture anglaise ou le début Réti lorsqu'il a les blancs -  car Najdorf avait absorbé l'apport hypermoderne et la théorie du contrôle du centre à distance.
Lorsqu'il a les noirs, il opte souvent pour la King's indian ou la défense sicilienne.


Contribution théorique


Najdorf à beaucoup contribué à enrichir la théorie des ouvertures. La variante sicilienne qui porte son nom (1. e4 c5 2. Cf3 d6 3. d4 cxd4 4. Cxd4 Cf6 5. Cc3 a6) est une ouverture très productive qui a été employée par des générations de grands maîtres. Encore aujourd'hui, elle est fréquemment jouée par Anand, Topalov, Kariakine, Grichtchouk ou notre meilleur français,  Maxime Vachier-Lagrave. Le joueur argentin a également popularisé plusieurs variantes d'ouvertures classiques.


Jouer contre une simulation de Najdorf ?

Le moteur de Chessmaster, The King, est doté d'une personnalité "Najdorf". Installez le moteur dans l'interface Arena et depuis le menu de configuration, choisissez la personnalité "Najdorf" parmi les 49 profils de grands maîtres. N'oubliez pas de guider Arena vers l'une des trois bibliothèques que j'ai construites à partir d'un échantillon de plus de 1600 parties du grand maître argentin.


En savoir plus sur Najdorf ?

Biographie de Najdorf sur Wikipédia

Najdorf sur Chess.com : biographie succincte, sept parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 1838 parties.

L'Immortelle polonaise, Varsovie, 1930 : fameuse partie d'échecs au cours de laquelle Najdorf sacrifie quatre pièces mineures pour obtenir le gain.




Tigran Petrossian

Tigran Petrossian est né en 1929 de parents arméniens à Tbilissi, en République de Géorgie, appartenant alors à l'URSS. Il est mort  à Moscou en 1984, à 55 ans.


Un champion à la longévité exceptionnelle


Petrossian à accédé en 1952 au rang de Grand maître international. A partir de cette date, son ascension sera continuelle, jusqu'à obtenir en 1963 le titre suprême de champion du monde, qu'il conserva jusqu'en 1969. Petrossian a été aussi à quatre reprises champion d'URSS (en 1959, 1961, 1969 et 1975), un titre également très convoité. Plusieurs fois invaincu lors des tournois interzonaux, vainqueur de plusieurs olympiades, il est resté jusqu'en 1980 parmis les 10 meilleurs joueurs du monde.


Style de jeu positionnel et fortement défensif


Petrossian est réputé pour son jeu positionnel hyper-défensif et pour sa capacité exceptionnelle à prévoir les attaques. A croire, écrira un journaliste, "qu'il sait avant-même son adversaire ce qu'il va faire". Il est généralement solidement campé en défense, attendent le moment où le joueur adverse commettra une faute et lui donnera l'occasion de contre-attaquer.


Jouer contre une simulation de Petrossian ?

Les représentations de Petrossian sont nombreuses et intéressantes.

Petrossian de Chessmaster 4000 Turbo

Petrossian est l'un des 22 personnalités de grands maîtres disponbile avec Chessmaster 4000 Turbo, à présent abandonware. Avantage: la personnalité est immédiatement disponible. Inconvénient : c'est la simulation la plus shématique et elle utilise une bilbiothèque généraliste.

Petrossian de Chessmaster 10 et 11

Parmi les 49 GMI proposés par le programme Chessmaster, il y avait une simulation de Tigran Petrossian. Vous pouvez l'utiliser en installant dans l'interface Arena la vielle version du moteur  The King de Chessmaster que je propose sur ce site. Le profil est accompagné de deux bilbiothèques d'ouvertures abk, une petite (18 1/2 coups) et une grosse (45 1/2 coups).

Petrossian, "moteur GM" de Lucas Chess

Lucas Chess propose également un profil "Petrossian" dans sa série des "Moteurs GM". Son niveau de finesse est comparable à la version de Chessmaster et il utilise une petite bibliotèque réalisée avec les ouvertures du joueur arménien.

Petrossian pour Rodent III et IV, de Pawel Koziol

Déjà proposée avec Rodent II, la personnalité Petrossian de Pawel Koziol est l'un des plus anciennes. Je l'ai adapté pour qu'elle puisse être utilisé avec le moteur Rodent IV. Voir : Petrossian pour Rodent IV?

Moteur Grand Maître Petrossian

Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Petrossian, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.

A noter : les moteurs AdroitChess et Mustang jouent d'une manière ressemblante à celle de Petrossian.


En savoir plus sur Petrossian ?

Biographie de Petrossian sur Wikipédia

Petrossian sur Chess.com : biographie succincte, trois parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 2286 parties.



Efim Geller

Efim Petrovitch Geller est né en 1925 à Odessa, en Ukraine, dans une famille juive. Il est décédé en 1998 à Moscou. Ce très grand joueur est resté durant plusieurs décennies dans la poignée des meilleurs mondiaux et un sérieux prétendant au titre mondial, sans jamais réussir à l'obtenir.


Carrière échiquéenne

Efim Geller n'est pas très connu des joueurs d'échecs contemporains, bien qu'il ait été du début des années cinquante jusqu'à la fin des années soixante-dix parmi les vingt meilleurs  joueurs mondiaux. Cette relative ignorance est probablement dû au fait qu'il n'a jamais réussi à conquérir le titre mondial. Il a pourtant été sélectionné six fois pour le cycle des candidats, terminant 3e en 1956 et 1962, et demi-finaliste en 1965.

<- Geller en 1977, à Wijk aan Zee, comme presque toujours avec une cigarette à la bouche (Suyk, Koen / ANEFO).


Comme le rappel Silman sur Chess.com, "Il fit mieux que de se défendre contre Mikhail Tal (6 victoires, 6 défaites, 23 nulles) et Paul Keres (7 victoires, 8 défaites, 21 nulles) et avait un score positif contre Mikhail Botvinnik (4 victoires, une défaite, 7 nulles), David Bronstein (5 victoires, 4 défaites, 12 nulles), Bobby Fischer (5 victoires, 3 défaites, deux nulles), Lajos Portisch (4 victoires, deux défaites, 12 nulles), Vasily Smyslov (11 victoires, 8 défaites, 37 nulles) et Tigran Petrossian (5 victoires, 3 défaites, 12 nulles"). Quatre d'entre-eux sont pourtant devenus champion du monde ! Par manque de chance, il aura à affronter à deux reprises durant le cycle des candidats un Boris Spassky en pleine forme contre lequel Geller a toujours eu des difficultés. Ironiquement, un peu comme Fischer a toujours eu des difficultés avec Geller…


Style et apport théorique

Efim Geller était connu pour son style d'attaque original, actif et tranchant, préférant les positions ouvertes aux échiquiers encombrés. Il était aussi réputé pour sa considérable maîtrise des ouvertures et pour son apport théorique en la matière. Il fut notamment l'un des premiers joueurs à (re)découvrir le potentiel dynamique de la défense Est-Indienne avec les noirs. Cette science des échecs, Boris Spassky l'a mis à profit en 1972 en employant Geller comme secondant lors de son affrontement contre Bobby Fischer. L'américain redoutait le joueur ukrianien, contre lequel il avait un score très négatif. C'est sans doute la raison pour laquelle Karpov sollicita lui aussi Efim Geller, pour le championnat du monde de 1975. Pour lequel, on se souvient, Fischer fut déclaré forfait, celui-ci n'ayant pas accepté les conditions de la FIDE.


Jouer contre une simulation d'Efim Geller ?

Seul Chessmaster a proposé une simulation du brillant joueur ukrainien. Le profil décrit un joueur fortement attaquant, privilégiant modérément la valeur positionnelle des pièces, avec une mobilité propre assez élevée et un faible contrôle central. La solidité structurelle et défensive est moyenne, corollaires habituels d'un style de jeu offensif.
Si vous n'avez pas Chessmaster, installez le moteur The King de Chessmaster dans l'interface Arena et sélectionnez "Geller" dans la collection de GM proposée. Vous trouverez également sur cette page trois bibliothèques d'ouvertures obtenues à partir d'un échantillon brut de 2198 parties du joueur ukrainien, une petite (6 coups), une moyenne (15 coups), une grande (30 coups), afin d'adapter la personnalité à des niveaux de force différents.


En savoir plus sur Efim Geller ?

Biographie de Geller sur Wikipédia


Geller sur Chess.com : biographie succincte, une partie commentée, ouvertures préférées et sélection de 2417 parties.




Mikhail Tal

Mikhail Tal est né en 1936 à Riga, en Lettonie.  Il est mort en 1992 à Moscou (Russie), à l'âge de 56 ans. malgré sa réputation de "joueur de café", il remporta le titre de champion du monde en 1960 et resta

Un fauve dans l'arène


Après la guerre, les soviétiques considérèrent  les échecs comme un enjeu d'image majeur pour le régime et firent tout pour favoriser le jeu. Des dépisteurs parcouraient la Russie et les Républiques associées à la recherche de nouveaux talents. C'est ainsi que le pédagogue et très fort joueur Alexandre Koblenz découvrit le jeune Tal.  Par miracle, Koblenz était lui aussi par nature un attaquant féroce, à la manière des romantiques. Tout en instruisant le jeune joueur, il ne fit donc rien pour contrecarrer son style naturel. Tal avait un véritable talent pour les attaques coordonnées, apparemment fluide et harmonieuse.  Jouant très vite et prenant des risques, il perdait beaucoup de parties mais s'en moquait. Il en gagnait aussi beaucoup !



Quand Koblenz se décide à lâcher son élève dans l'arène, il fait rapidement sensation. En 1957, il a à peine 21 ans lorsqu'il remporte le titre de champion d'URSS, compétition considérée comme aussi élevée que le championnat du monde, en éliminant les plus forts joueurs soviétiques de l'époque: Petrossian, Bronstein et même Botvinnik, le champion du monde en titre et ultra-favori de l'épreuve.

<- Mikhaïl Tal en 1962 (Harry Pot / Archives nationales néerlandaises, ANEFO).


Cette victoire ouvre à Tal la porte du tournoi interzonal de Portoroz (Slovénie), qu'il remporte facilement. C'est une seconde porte qui s'ouvre alors : le droit de participer au "Tournoi des Candidats", processus de sélection du futur candidat au titre mondial. La compétition se déroule en Yougoslavie en 1959;  Mikhail Tal accumule 20 pts sur 28, ne subissant qu'une défaite contre Keres, lui permettant d'accéder au championnat du monde.



Un champion qui a la faveur du public

La victoire de Tal sur Mikhaïl Botvinnik fut un grand moment dans l'histoire des échecs. La confrontation est spectaculaire. Tout oppose les deux joueurs. Botvinnik est un scientifique sérieux et méthodique, il ne joue jamais un coup sans une très bonne raison. Sa vie est ordonnée, programmée. Tal est fantasque, d'allure souvent négligée et joue très vite, à l'instinct, des coups inattendus qui déstabilisent ses adversaires et lui permettent de gagner mais qui se révèlent souvent, après analyse de la partie, comme médiocre. Ses principes de vie sont peu rigoureux, il mène une existence un peu marginale, joue aux échecs la nuit contre n'importe qui, semble tout prendre à la légère, y compris les échecs.
Tal est très jeune, Botvinnik approche de la cinquantaine et a déjà une longue carrière derrière lui. Botvinnik, comme la plupart des grands champions soviétiques, est Russe et moscovite, Tal vient d'une petite République. Botvinnik est un homme du système, loin du vulgum pecus, Tal est un homme du peuple qui joue dans les clubs et les cafés des parties rapides contre des amateurs inconnus.
Enfin, leur style de jeu est très différent. Botvinnik est un joueur positionnel-offensif, maintenant la pression sur l'adversaire dans le but non de faire un coup-d'éclat mais d'affaiblir la position adverse. Rien dans son jeu n'est dû au hasard. Tal est un hyper-attaquant qui joue au feeling. Il accorde relativement peu d'importance à la position, se lance dans des attaques comportant des sacrifices de pièce surprenants, souvent à l'appel d'une simple intuition et non sur la base d'une véritable stratégie d'attaque.

Mikhaïl Tal en 1982 (Rob C. Croes / Archives nationales néerlandaises, ANEFO) ->


Comme on pouvait s'y attendre, Tal a le soutien des amateurs et du public mais l'intelligentsia des échecs ne voit en lui qu'un "joueur de café" et parie sur Botvinnik. La victoire de Tal fut très bénéfique car elle donna un coup de fouet à la pratique des échecs, qui s'enfonçait de plus en plus dans une technique et s'éloignait de l'art. Botvinnik n'était pas populaire : trop froid, trop austère, trop technique, trop proche du système. Avec ses coups délirants et fantaisistes, Tal était vu comme un véritable artiste. Il a réveillé une passion des échecs qui commençait à s'assoupir. Ce qui me fait dire qu'on aurait bien besoin aujourd'hui d'un nouveau Tal.



Le déclin

Le déclin de Mikhail Tal fut relatif mais assez rapide. Il ne réussit pas à conserver son titre, qui revint à Botvinnik l'année suivante. Sa condition physique joua contre lui. Sa carrière, après la conquête du titre, fut handicapée par des soucis de santé de diverses natures : problèmes cardiaques, problèmes intestinaux qui se conclurent en appendicite, coliques néphrétiques et insuffisance rénale grave - dont il finit par mourir.

Mais il y une autre raison à son reflux : les fameuses combinaisons de Tal n'étaient souvent que des bluffs dont le déroulement tenait plus du hasard que d'un plan préétabli. Les positions auxquelles il arrivait étaient généralement médiocres, comme les analyses des parties le montraient fréquemment, mais semblaient malgré-tout gagner miraculeusement. En fait c'est en grande partie parce que les sacrifices de pièces de Tal faisaient peur et que les joueurs positionnels ne savaient comment combattre un adversaire qui explosait littéralement toute tentative de construire une position cohérente, en amenant le chaos sur l'échiquier.
Il leur a fallu quelque temps pour découvrir que le jeu de Tal était en partie une supercherie, même si le joueur Letton avait une vision rapide des combinaisons et une grande habileté à tendre des pièges. Une fois ses "trucs" éventés, Tal se retrouva un peu dans la même situation que Marshall face à Capablanca. Le brouillon de son jeu, les désavantages positionnels auxquels il conduisait, finirent par l'affaiblir face à des adversaires préparés à le contrer.

Il n'en reste pas moins que Tal est toujours resté un joueur très populaire parmi les amateurs d'échecs, même encore aujourd'hui. Son jeu flamboyant et spectaculaire inspire toujours, comme on peut s'en apercevoir facilement à la lecture des discussions sur les forums. Le champion Letton laisse aussi beaucoup de parties considérées comme des classiques du jeu offensif, voire de véritables "prix de beauté".


Jouer contre une simulation de Mikhaïl Tal ?


Tal est resté un joueur d'échecs très populaire, dont le style hyper-offensif a fait l'objet de nombreuses tentatives de reproduction. Jugez plutôt :

Tal de Chessmaster 4000 Turbo

La plus ancienne reproduction est celle de Chessmaster 4000 Turbo, logiciel commercialisé en 1993 (bientôt 30 ans !) et à présent abandonware. Le nombre de paramètres disponibles est un peu limité mais la simulation est néanmoins tout à fait correcte. Elle a de plus l'avantage de pouvoir être utilisée rapidement, sans nécessité d'installation particulière.

Tal version Chessmaster 10 et 11

Le profil a été repris et affiné sur chaque nouvelle édition de Chessmaster jusqu'à la dernière. Si vous n'avez pas ce programme, vous pouvez jouer contre la personnalité Tal en installant dans l'interface Arena la vieille version du moteur The King de Chessmaster que je propose sur ce site. N'oubliez pas de télécharger également sur cette même page le pack de bibliothèques d'ouvertures - dont deux concernent Tal.

Tal, "moteur GM" de Lucas Chess

Lucas Chess propose aussi une personnalité "Mikhaïl Tal" dans sa série des "Moteurs GM".

Le Tal de Prodéo

Le moteur d'échecs Prodeo a nativement un style assez éloigné du champion letton mais il propose tout de même un fichier de personnalité "Tal" assez crédible, probablement aussi bon que celui de Chessmaster ou de Lucas Chess.  


Tal pour Rodent III et IV de Brendan J. Norman et Pawel Koziol

Brendan J. Norman, grand connaisseur de Rodent, a fournit pour Rodent III une première imitation de Tal. Celle-ci a d'ailleurs été adaptée à une version bricolé du moteur Rodent et proposée par l'auteur comme moteur autonome, sous le nom d'Open Tal (voir plus bas).
Par la suite, Pawel Koziol a proposé avec Rodent IV une version de Tal sensiblement différente de la personnalité de Brendan Norman. La reproduction de l'américain est caricaturalement agressive et représente un Tal attaquant classique, centré sur ses propres attaques. Celle de Pawel Koziol est un peu plus raisonnable et imite le Tal attaquant bloqueur, qui explose par ses mouvements les tentatives de mouvement de ces adversaires. Les deux sont valables et la version de Norman peut d'ailleurs être facilement adaptée à Rodent IV. Voir : M. Tal pour Rodent IV

Moteur Grand Maître Tal

Bien entendu, la personnalité Tal existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec cette personnalité, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.

Une personnalité imitée par de nombreux moteurs d'échecs

Tal est sans doute la personnalité qui a le plus motivé les programmeurs à imiter son jeu. Plusieurs programmes ou moteurs d'échecs peuvent raisonnablement prétendre y être arrivés. C'est le cas des moteurs Open Tal et Gambit Fruit, qui ont un style de jeu "à la Tal".  


Chess system Tal. Ce vieux programme commercial abandonné avait la réputation d'être très fidèle au style de Mikhaïl Tal.

Je me dois aussi de signaler l'existence du programme d'échecs Chess System Tal II, que Chris Whittington a commercialisé au milieu des années 90, aujourd'hui freeware. L'interface est vieillote et peu pratique mais elle fonctionne sur les systèmes Windows récents. Surtout, CST II tournait avec un moteur qui avait la réputation d'imiter très fidèlement le jeu du champion Letton ; tout en offrant un niveau de force honorable pour l'époque (environ 2300 Elo). Le programme peut-être téléchargé ici :

https://fr.freedownloadmanager.org/Windows-PC/Chess-System-Tal-II-GRATUIT.html
Page alternative :
http://eric.terrien.pagesperso-orange.fr/page1/page19/page19.html
(chercher dans la page "CST II.zip")



En savoir plus sur Mikhaïl Tal ?

Biographie de Tal sur Wikipédia

Tal sur Chess.com : biographie succincte, six parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 3189 parties.



Viktor Kortchnoï

D'origine russe, Viktor Kortchnoï est né en 1931 à Leningrad. Il a fuit l'Union Soviétique en 1976 et a demandé l'asile politique à la Suisse, dont il a obtenu la nationalité en 1992. Il est mort en 2016, à l'âge de 85 ans.

La plus longue carrière

Viktor Kortchnoï a commencé à faire surface en tant que joueur d'échecs au début des années 50, en URSS. Il n'est pas précoce. Comme il le reconnaît lui-même, il n'a jamais été un enfant prodige. En tant que joueur, il n'était pas non plus phénoménal ; il a obtenu son titre de grand maître international tardivement, à l'âge de 25 ans.  Mais c'est un travailleur acharné, un besogneux doté d'une volonté de fer. Sa carrière démarre certes un peu tard, en 1956, mais elle sera néanmoins l'une des plus longues et des plus fructueuses de l'histoire du jeu. Kortchnoï a été pendant  plus de trente ans parmi les dix meilleurs joueurs mondiaux, avec un classement de numéro 1 en 1965 et de numéro deux de 1967 à 1970. Il n'est sorti du top ten qu'en 1990, reculant lentement dans les classements. A 75 ans, il comptait encore parmi les cent meilleurs mondiaux (photo Fred Grinberg/Sputnik).


L'éternel outsider du titre mondial

Kortchnoï a accumulé plus que n'importe quel autre les premières places, seul ou en équipe, des compétitions les plus prestigieuses, nationales et internationales. Cependant, il n'a jamais réussi à conquérir le titre mondial. Ce n'est pas faute d'avoir essayé ! Il  détient le second record des sélections pour l'épreuve (derrière Karpov) : 1963, 1969 (demi-finaliste), 1972 (demi-finaliste), 1975 (demi-finaliste), 1978 (finaliste contre Karpov), 1981 (demi-finaliste), 1985 (demi-finaliste), 1986, 1987, 1990 (8eme de finale).
Il lui a toujours manqué le "petit quelque chose" nécessaire pour conquérir le titre et c'était peut-être le soutien de son pays de naissance. Dans une interview, Kortchnoï regrettait qu'il n'ait pas été celui que voulait Brejnev. Le fait est que les autorités soviétiques ont poussé d'autres joueurs que lui et que sa carrière n'avançait pas, bien qu'il fut un grand joueur. Trop brun ? Trop juif ? Trop bourgeois ?
Après sa défection, au moment où il était le plus fort, il s'est retrouvé durant plusieurs années dans la position très inconfortable d'apatride, qui voyait tous les joueurs russes fuir les compétitions auxquelles il participait. Sans parler du poids des ennuis que sa fuite occasionnait à sa femme et à son fils, restés en URSS.



Style

Bien que son style ait évolué au fil du temps, les grandes lignes sont restées les mêmes: Kortchnoï joue d'abord en défense. Son jeu est alors positionnel, matérialiste, faiblement offensif. Il incite l'adversaire à l'attaquer, au besoin en proposant un sacrifice tentant pour son adversaire. Lorsque celui-ci se décide enfin, il contre-attaque vigoureusement, en prenant des risques inhabituels pour un joueur défensif. Mais la manoeuvre est souvent couronnée de succès car Kortchnoï est aussi un très bon tacticien, capable de déployer un redoutable jeu offensif.

Kortchnoï en 2008  (Rorkhete) ->


On lui a souvent reproché de ne pas avoir un jeu harmonieux et lui-même le reconnaît volontiers. "Je n'avais pas le style brillant de Kasparov" déclarait-il à un journaliste à la fin de sa vie, admettant que cela avait été pour sa carrière un inconvénient. Mais personne ne niera, par contre, qu'il était efficace. Kortchnoï n'a peut-être pas été champion du monde mais il a battu un jour ou l'autre tous les tenants du titre, y compris Magnus Carlsen

Apport théorique

Kortchnoï a contribué à enrichir la connaissance des ouvertures, en jouant des variantes totalement nouvelles de nombre d'ouvertures classiques. Ces innovations, il les a détaillé et étudié dans de nombreux articles théoriques et dans plusieurs monographies sur le sujet.


Jouer contre une simulation de Kortchnoï ?

Pour commencer, sachez que deux moteurs d'échecs jouent de façon proche de Kortchnoï : Mustang et Alarm. Mustang est à la portée d'un bon joueur car son niveau Elo est modéré (2040). Bien qu'il soit un moteur tactique, il est un peu faible en calcul et face à un joueur patient et bon en défense, il peinera à réussir la phase offensive.
Plus fort (2200 Elo), Alarm se sortira beaucoup plus facilement de la phase offensive et sera un adversaire redoutable même pour un très bon joueur. Si vous envisagez de l'utiliser, référez-vous à mon article.

Kortchnoï version Chessmaster 10 et 11

Parmi les 49 GMI proposés par le programme Chessmaster, il y avait évidemment une simulation de Viktor Kortchnoï. Vous pouvez l'utiliser en installant dans l'interface Arena la vielle version du moteur The King de Chessmaster que je propose sur ce site. Le profil est accompagné de deux bilbiothèques d'ouvertures abk, une petite (18 1/2 coups) et une grosse (45 1/2 coups).

Kortchnoï pour Rodent III et Rodent IV, par Rob Robinson

Aucun moteur libre ou gratuit ne fournissant un profil spécifique "Kortchnoï", j'ai mis à profit ma conaissance du système de programmation de Rodent III pour en créer un pour ce moteur. Il est accompagné d'une bibliothèque d'ouvertures Polyglot, obtenue à partir de 6930 parties gagnantes de Viktor Kortchnoï. Voir : "Profil Kortchnoï pour Rodent III"
Plus récemment, j'ai adapté ce profil pour qu'il puisse fonctionner avec Rodent IV. Voir: Kortchnoï pour Rodent IV.


En savoir plus sur Viktor Kortchnoï ?

Biographie de Kortchnoï sur Wikipédia

Kortchnoï sur Chess.com : biographie, onze parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 5638 parties.




Boris Spassky

Boris Spassky est né en 1937 à Léningrad (URSS). Repéré dès son plus jeune âge par les autorités soviétiques, poussé pour devenir un grand champion, il gravit rapidement les échelons. Il conquiert d'abord le titre de champion du monde junior, en 1955, devient grand maître international dans la foulée, à 19 ans, et obtient sa première sélection pour le championnat du monde en 1956. De 1958 à 1961, il connait une relative éclipse, du fait de l'ascention de Mikhaïl Tal et de Tigran Petrossian. Après une longue série d'excellents résultats il participe au tournoi des candidats de 1965 et arracha à Petrossian, un an plus tard, le titre de champion du monde. Spassky resta numéro un mondial de 1969 à 1972.



Héros malheureux du "match du siècle" contre Bobby Fischer


Boris Spassky perdit son titre trois ans plus tard, lors du championnat du monde d'échecs 1972, au cours de la confrontation d'échecs la plus médiatisé qu'on ait connu dans l'histoire du jeu. Le russe affrontait en finale le champion américain Bobby Fischer. Les épreuves se déroulaient à Reykjavik, en Islande, où Fischer refusait de se rendre. Les autorités soviétiques sommèrent Spassky de rentrer au pays.

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Boris Spassky au tournoi des candidats de 1956 à Amsterdam (Herbert Behrens / ANEFO)

Disposant de deux points d'avance, il aurait été déclaré vainqueur par défaut. Mais, sportivement, il refusa de s'exécuter et attendit patiemment que Fischer revienne s'asseoir devant l'échiquier. Le régime lui fit payer cher sa défaite. Spassky épousa alors une française et s'expatria en France, dont il acquis la nationalité en 1976. L'ancien champion du monde représenta même notre pays lors des olympiades d'échecs de 1984, 1986 et 1988, ainsi qu'au championnat du monde par équipes de 1985. En 2012 il est retourné vivre à Moscou.


Style universel

Spassky est l'un des grands joueurs d'échecs dont le jeu est le plus complet. Très bon attaquant mais aussi solide défenseur, maîtrisant le jeu positionnel aussi bien que la tactique, il était à l'aise dans tous les compartiments du jeu. Imaginatif et quelque peu aventurier, il lui arrivait souvent de joueur des ouvertures inhabituelles, ce qui lui permit parfois de battre de grosses pointures comme Karpov ou Fischer.

Boris Spassky au tournoi d'échecs Interpolis de Tilburg, septembre 1980 (Hans van Dijk / ANEFO) ->


Mais plus fréquemment ces ouvertures exotiques l'entraînaient en des territoires inconnus qui ne lui portaient pas chance. Ses secondants réussirent à le convaincre de ne pas trop s'éloigner des sentiers battus et il se résolu à ne plus jouer que des ouvertures solides et classiques.  Spassky est réputé pour avoir souvent joué avec les blancs la Nimzo-indienne, variante de Leningrad (1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.Cc3 Fb4. 4.Fg5...), et avec les noirs la défense Tarrash (1. d4 d5 2. c4 e6 3. Cc3 c5), avec laquelle il vainquit Petrossian.



Jouer contre une simulation de Spassky ?

Spassky version Chessmaster 4000 Turbo

Boris Spassky est l'un des 22 personnalités de grands maîtres disponbile avec Chessmaster 4000 Turbo, à présent abandonware. Avantage : la personnalité est immédiatement disponible. Inconvénient : c'est la simulation la plus shématique et elle utilise une bilbiothèque généraliste.

Boris Spassky version Chessmaster 10 et 11

La simulation de Boris Spassky a été affinée dans les versions ultérieures de Chessmaster. Si vous n'avez pas ce programme, vous pourrez quand même jouer contre cette personnalité en installant dans l'interface Arena la vieille version du moteur The King de Chessmaster que je propose sur ce site. Vous trouverez également ici deux bibliothèques d'ouvertures spéciales "Spassky".


Les profils "Spassky" pour Rodent III et Rodent IV, de Pawel Koziol

Pawel Koziol proposait une personnalité Spassky avec Rodent II, mais cette vieille version n'a pas été actualisée depuis. Je l'ai adaptée et affinée pour qu'elle puisse fonctionner avec Rodent IV. Voir : Boris Spassky pour Rodent IV ?

Spassky, "moteur GM" de Lucas Chess

Lucas Chess propose également un profil "Spassky" dans sa série des "Moteurs GM".


En savoir plus sur Boris Spassky ?

Biographie de Boris Spassky sur Wikipédia

Boris Spassky sur Chess.com : biographie, huit parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 2733 parties de Spassky.

Larsen - Spassky, Belgrade, 1970 : partie célèbre jouée le 31 mars 1970 à l'occasion du match URSS - Reste du monde.



Bent Larsen

Jørgen Bent Larsen est né en 1935 à Thisted (Danemark). Il est mort en 2010 à Buenos Aires (Argentine) à 75 ans.



Le meilleur joueur non-soviétique?

Bent Larsen, grand maître international depuis 1956, a été candidat au championnat du monde d'échecs à quatre occasions : en 1965, 1968, 1971 et 1977. Il a remporté un nombre considérable de tournois majeurs au cours de sa carrière et fut sans conteste le meilleur joueur Danois de l'histoire et probablement le meilleur joueur de Scandinavie, du moins jusqu'à l'apparition de Magnus Carlsen dans les années 2000.

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Bent Larsen en 1977 (Hans Peters / Anefo)

Dans les années 70, alors que les joueurs Russes dominaient encore les échecs mondiaux, Bent Larsen était considéré, avec Bobby Fischer, comme le meilleur joueur non-soviétique. A l'instar de Paul Keres, David Bronstein ou Viktor Kortchnoï, il resta très longtemps au sommet de l'élite des échecs sans réussir à remporter le titre mondial. Son esprit combatif et son jeu peu orthodoxe, souvent surprenant, en fit cependant un joueur très populaire, que les organisateurs d'évènements s'arrachaient.


Style de jeu


Vu du côté style, Larsen est difficile à définir car il ne joue jamais de la même façon. Le joueur scandinave a une multitude de facettes, ce qui ne manquait pas de perturber ses advesaires. On observe néanmoins souvent un attaquant coriace qui, comme Fischer, joue pour gagner et accumuler des points et non pour se contenter de nulles tranquilles. Bobby Fischer avait la même qualité - ou le même défaut, selon le point de vue d'où l'on se place. Larsen prenait des risques et n'hésitait pas à se lancer, à la façon de Tal, dans des positions très déséquilibrées. Il aimait également explorer d'autres voies, popularisant de nouvelles ouvertures dont l'une porte son nom (1. b3 : attaque Nimzo-Larsen) tandis que l'autre,  dites "défense scandinave" (1.e4 d5) fait clairement référence à Larsen - qui s'en servit pour battre Karpov, champion du monde en titre, en 1979.  Il a enfin aussi apporté à des ouvertures classiques des variantes très productives, avec lesquelles il battit nombre de joueurs de premier plans, dont à nouveau Karpov en 1980.


Bent Larsen au tournoi de Wijk aan Zee, en 1961 (Harry Pot / ANEFO)

Cependant, ces variantes n'étaient pas toujours aussi efficaces et elles lui ont fait perdre sans doute plus de parties qu'elles ne lui en ont fait gagner. On se souvient de la déculotté que lui a infligé Bobby Fischer lors du match de demi-finale des candidats pour le championnat du monde d'échecs de 1972 : six à zéro. Fischer était beaucoup trop fort pour que les risques pris par Larsen au cours de cette confrontation soit payant.  

Voici par exemple ce qu'en pensait Petrossian : "Je fais partie de ces joueurs qui ont toujours regardé la façon de jouer de Larsen avec un certain scepticisme. Mais maintenant je regarde comment il joue ! Evidemment, il n'est pas un joueur du style aussi solide que la plupart des Grands-Maîtres soviétiques, mais il peut gagner contre n'importe qui et perdre contre n'importe qui. C'est un joueur, compte tenu de son caractère et de sa vision créative, qui aura du mal à obtenir sa qualification pour un match pour le titre mondial, mais son audace et son approche non routinière des positions ne peut pas manquer d'interpeller tous les connaisseurs du jeu d'échecs".

En résumé, Bent Larsen jouait pour la beauté et non pour gagner à tout prix. Extrêmement fort, il était le plus redoutable joueur de tournois de son époque. Il en a gagné un nombre invraissemblable. En tournoi, les compétiteurs rencontrent beaucoup d'aversaires différents n'ayant pas eu l'occasion de se préparer à s'affronter.  Dans ces situations, le caractère aventurier de Larsen contribuait beaucoup à déstabiliser l'adversaire et était plus un avantage qu'une faiblesse. Il n'en était pas de même dans le cadre du championnat du monde. Face aux adversaires du plus haut niveau de son temps, parfaitement préparés à l'affronter, son aventurisme était au contraire un handicap. Le fait est que cela lui fit souvent perdre des points et l'empêcha probablement d'emporter le titre.


Jouer contre une simulation de Larsen ?


Larsen version Chessmaster 10 et 11


Le programme Chessmaster offrait une personnalité "Larsen". Vous pouvez la lancer en installant dans l'interface Arena la vieille version du moteur The King de Chessmaster, que je propose sur ce site. Elle mime un Larsen plus offensif, assez différent de celui de Pawel Koziol pour Rodent III.

Les profils Larsen pour Rodent III et Rodent IV

Un profil "Larsen", développé par Pawel Koziol, accompagnait Rodent II et Rodent III. L'auteur du moteur Rodent ne l'ayant pas adapté à Rodent IV, je m'en suis chargé. L'auteur de Rodent avait préféré représenter le GM danois en disciple de Nimzowitsch. J'ai profité de l'occasion pour développer un "Larsen" plus offensif. C'est donc deux personnalités Larsen différntes que vous trouverez sur cette page : "Bent Larsen pour Rodent IV".

Moteur Grand Maître Larsen

Les deux facettes du grand maître danois sont également disponibles sous la forme de "Moteurs Grand Maître", moteurs Rodent IV autonomisés avec les deux personnalités Larsen, déclinées chacune en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnées d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Bent Larsen ?

Biographie de Bent Larsen sur Wikipédia

Bent Larsen sur Chess.com : biographie, huit parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 2733 parties de Spassky.

Larsen - Spassky, Belgrade, 1970 : partie célèbre jouée le 31 mars 1970 à l'occasion du match URSS - Reste du monde.




Larry Evans

Larry Evans est né en 1932 à New York ; il est mort en 2010 à Réno, dans le Nevada. Il fut longtemps l'un des meilleurs joueurs américains et un journaliste spécialisé dans les échecs de grande renommée, auteur de nombreux ouvrages très populaires. Evans a également collaboré à la réalisation de la franchise Chessmaster.


Carrières échiquéenne

Bien qu'il ait été un très bon joueur, Larry Evans aura eu une carrière essentiellement américaine. Il fut ainsi en 40 ans cinq fois champion des Etats-Unis (1951, 1952, 1962, 1968, 1980), remporta quatre fois l'Open américain (en 1951, 1952, 1954, 1971). A l'international,  il obtint cependant plusieurs médailles d'or et d'argent en tant que membre de neuf équipes olympiques américaines.
Très bon technicien des échecs, Evans seconda Bobby Fischer pour le championnat du monde de 1972.


Carrières d'écrivain et journaliste

Evans a publié à 18 ans son premier livre sur les échecs et n'a jamais cessé de commenter la discipline. Il a signé plus d'une vingtaine de livres, dont certains sont de véritables ouvrages de référence. C'est le cas par exemple du traité d'ouvertures "Modern Chess Openings", coécrit avec Walter Korn et considéré longtemps comme la bible en matière d'ouvertures.  Il était probablement le journaliste spécialisé le plus connu des aficionados américains, écrivant durant 30 ans pour le magazine Chess Life et pour une cinquantaine d'autres journaux à travers les Etats Unis. Parmi de nombreuses récompenses, on retiendra le titre de "Meilleur journaliste spécialisé de l'année 2000".
Enfin, Evans fut également l'un des piliers de la franchise Chessmaster, écrivant une grande partie du contenu didactique du programme.


Style de jeu

"Défenseur, spécialiste de la prise de pions", spécifie sa fiche dans Chessmaster qui précise encore : "à l'affût d'une capture de pion, ce tempérament (défensif) est réputé pour pouvoir endurer des heures de labeur afin de mener un simple petit pion jusqu'à la victoire.."
Larry Evans est de fait un joueur fortement défensif qui, à la manière de Petrossian ou Kortchnoï, se lance parfois dans de vigoureuses contre-offensives lorsque l'adversaire commet une erreur ou si sa position est très affaiblie.
En matière d'ouvertures, Evans aime la partie anglaise (1. c4) lorsqu'il a les blancs, la King's Indian ou la défense sicilienne s'il a les noirs.


Jouer contre une simulation de Larry Evans avec The King

Seul Chessmaster a proposé une simulation du jeu d'Evans, une star mineure dans le monde des échecs. Si vous n'avez pas ce programme, vous pouvez installer ma version UCI du moteur The King dans Arena et sélectionner le profil "Evans" parmi les 49 proposés. Les bibliothèques d'ouvertures de Chessmaster n'ayant pu être récupérées, j'en ai réalisé trois autres, à partir d'environ 700 parties d'Evans (une petite de 12 ½ coups de profondeur, une moyenne de 30 ½ coups et une grosse de 60 ½ coups).


En savoir plus sur Larry Evans ?

Biographie d'Evans  sur Wikipédia

Evans sur Chess.com : mini-bio, deux parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 727 parties.




Bobby Fischer

Robert James Fischer, dit Bobby Fischer, est né en  1943 à Chicago, aux États-Unis.  Il est mort le 17 janvier 2008 à Reykjavik en Islande.

Fischer, qui a commencé à jouer aux échecs à l'âge de 6 ans, n'a dans un premier temps, pas été particulièrement brillant ni dans le domaine des échecs, ni ailleurs. Ce n'est qu'à partir de 10 ans que son génie commence à éclater. Il deviendra à 15 ans le plus jeune grand maître international de l'histoire. Après une ascension compliquée dans les arcanes des échecs mondiaux, remplie de contretemps et de controverses, il ravira aux soviétiques le titre de champion du monde en 1972 en battant le champion en titre Boris Spassky, mettant fin provisoirement à la domination des russes.



Un grand champion fragile

Véritable génie des échecs (d'aucuns estiment qu'il fut le meilleur joueur de tous les temps), il aurait pu régner sur la discipline pendant des années mais préféra se retirer de la compétition. Doté d'un caractère difficile et excentrique, ses caprices, ses accès de colère et ses déclarations à l'emporte-pièce ternirent sa réputation. Souffrant de plus de délire de persécution, il plongea peu à peu dans la misère tandis que son état psychologique se dégradait (un psychiatre lui diagnostiqua une schizophrénie paranoïde). Fâché avec les autorités américaines, puis japonaises (il a vécu plusieurs années au Japon) il se réfugia en Islande en 2005 et obtient la nationalité islandaise.


Robert Fischer en 1960 à Leipzig (Bundesarchiv Bild)

Un style rare et inimitable


Maître en stratégie, Fischer a un jeu positionnel très offensif, à sa manière inimitable : il exerce une pression constante sur son adversaire mais reste prudent, entrant rarement dans de trop complexes combinaisons tactiques. Cela donne un jeu très équilibré, d'apparence simple et clair, assez proche de celui de Botvinnik.
Bobby Fischer connaissait certaines ouvertures mieux que personne et maîtrisait particulièrement bien les phases finales du jeu, ce qui lui permettait de convertir en victoire une position plus solide que celle de son adversaire.   


Jouer contre une simulation de Bobby Fischer ?

Grand maître très populaire, Bobby Fischer ne manque pas d'imitations :

Fischer de Chessmaster 4000 Turbo

Evidemment Bobby Fischer, champion du monde américain, ne pouvait pas être absent de la première sélection de 22 simulations de GM offerte par Chessmaster 4000 Turbo.  Ce programme est désormais abandonware. Vous pouvez l'utiliser librement. Il tient la route et la simulation de Fischer aussi, bien qu'assez rustique et dépourvue d'une bibliothèque d'ouvertures dédiée.

Fischer version Chessmaster 10 et 11


La personnalité Fischer a accompagné toutes les éditions de Chessmaster jusqu'à l'ultime version 11. Bien qu'ancienne, la franchise d'échecs n'est pas encore abandonware. En revanche, vous pouvez lancer la personnalité Fischer en installant dans l'interface Arena le moteur The King de Chessmaster, convertie pour fonctionner avec l'UCI et doté de deux bibliothèques d'ouvertures que j'ai créé spécialement pour lui.

Fischer, "moteur GM" de Lucas Chess

L'interface Lucas Chess propose aussi une simulation correcte du jeu de Bobby Fischer.

ProDeo-Fischer

On monte en gamme avec ProDeo. Ed Schröder a développé une belle simulation de Bobby Fischer pour accompagner son moteur. Avec plus d'une centaine de paramètres à régler, c'est une simulation fine et fiable qui nous est offerte.


Fischer pour Rodent III et IV, de Pawel Koziol

Fischer accompagne Rodent depuis ses débuts. Il y a donc un Fischer pour Rodent II et une version actualisée pour Rodent III. Par contre, ce profil de Pawel Koziol n'a pas été adaptée pour fonctionner avec la version IV du moteur. C'est pourquoi je me suis pris par la main pour adapter ce bon vieux Fischer à Rodent IV. Voir :  "Bobby Fischer pour Rodent IV".

Smarthink

Le moteur Smarthink ne propose pas de simulation Fischer mais ce moteur d'échecs a un style de jeu réputé proche
de celui du grand champion américain.  


En savoir plus sur Robert Fischer ?

Biographie de Fischer sur Wikipédia

Fischer sur Chess.com : biographie, trois parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 1192 parties.

La Partie du siècle : célèbre partie entre Donald Byrne et Bobby Fischer à New York en 1956.


Bobby Fischer vs Vassily Smyslov, Palma de Majorque, 1970 : cette célèbre partie est proposée dans la collection "Parties mémorables" du jeu commercial Power Chess, désormais abandonware (et donc gratuit). Elle est commentée par la reine, l'une des personnalités du jeu.




Anatoly Karpov

Anatoly Karpov est né en 1951 à Zlatooust, dans l'oblast de Tcheliabinsk en URSS (Russie).

Pur produit de l'école soviétique d'échecs, Karpov fut toujours un proche du régime, contrairement à Kasparov, qui avait l'âme d'un rebelle et d'un dissident. Repéré par Mikhaïl Botvinnik en personne, alors qu'il avait 13 ans, l'ancien champion du monde a tout fait pour faire grandir la jeune pousse à l'abri des vicissitudes. Il a été soumis à un régime à part, protecteur mais néanmoins intense et méthodique, qui lui a valu le surnom de "champion-éprouvette du Soviet Union".
Ses débuts sont discrets et bons, sans plus. Ce n'est qu'en 1970, à 19 ans, qu'il remporte ses premiers succès dans des tournois internationaux. Mais là encore, sans casser la baraque.



Champion du monde pour longtemps

En 1974, Karpov se qualifia pour les 1/2 finales du championnat du monde, où il élimina facilement Boris Spassky, puis Viktor Kortchnoï. A 23 ans, à l'âge où d'autres grands champions ont déjà un solide palmarès derrière eux, Karpov devient enfin le challenger officiel du champion en titre, Bobby Fischer.  Mais là encore, la victoire ne fut pas mémorable puisque Fischer déclara forfait et que Karpov ne fut sacré champion du monde que par défaut.

<- Anatoli Karpov en 1977 (Koen Suyk / ANEFO)


Après cette progression laborieuse, Karpov enchaîna les victoires et il domina les échecs mondiaux durant un quart de siècle. Il a été champion du monde de 1975 à 1985, puis à nouveau de 1993 à 1999. Et dans toute sa carrière il aura disputé pas moins de onze finales de championnat du monde.  Un record !



Un style fortement positionnel

Le style du maître ne fait pas vibrer les foules. Karpov, qui a été beaucoup influencé par Capablanca dans sa jeunesse, est le parfait joueur positionnel. Il est calme, ne perd jamais son sang-froid, n'affiche aucune faiblesse de caractère ou de physique. Il avance froidement, méthodiquement, sans la moindre recherche esthétique ou désir de coup d'éclat. Contrairement à Bobby Fischer, qui joue pour gagner, Karpov se contente du nul s'il ne peut pas prendre l'avantage sur l'adversaire lorsqu'il a les noirs.


Anatoli Karpov en 2018 (duma.gov.ru) ->


Tout cela ne fait généralement pas des prix de beauté pour la postérité, mais c'est très efficace! Possédant une science positionnelle hors du commun, Karpov a du génie pour geler le jeu adverse. C'est un boa-constrictor qui étouffe ses victimes dans la prise lente du béton d'une position sans faille.


Jouer contre une simulation de Karpov ?

Comme Fischer, Karpov est très populaire parmis les joueurs d'échecs et les simulations ne manquent pas :

Karpov de Chessmaster 4000 Turbo

Difficile d'imaginer une liste de grands maîtres historique sans y inclure Karpov. C'est donc l'une des 22 personnalités de grands maîtres disponibles avec Chessmaster 4000 Turbo, programme commercial à présent abandonware. Avantage : la personnalité est immédiatement disponible. Inconvénient : c'est la simulation la plus shématique et elle utilise une bilbiothèque généraliste.

Karpov version Chessmaster 10 et 11

La personnalité Karpov était bien entendu présente sur toutes les éditions de Chessmaster après CM 4000 Turbo. Si vous n'avez pas Chessmaster 10 ou 11, vous pouvez lancer la simulation Karpov en installant dans l'interface Arena la vieille version du moteur The King de Chessmaster, convertie pour fonctionner avec le protocole UCI.  

Karpov, "moteur GM" de Lucas Chess

Evidemment, l'interface Lucas Chess recèle elle-aussi une simulation du jeu de Karpov, dans sa série des "moteurs GM".

Karpov-Prodéo

Prodeo, excellent moteur programmable d'Ed Schröder, offre aussi son profil spécifique "Karpov", qui est d'autant plus crédible que le style natif du moteur est assez proche.  


Les profils Karpov pour Rodent III et IV, de Brendan Norman

Brendan J. Norman a élaboré une première simulation de Karpov pour Rodent II. Pawel Koziol l'a adapté à Rodent III, puis, à mon tour, je l'ai adapté à Rodent IV. Voir : "Karpov pour Rodent IV".

Moteurs au style proche de Karpov

Plusieurs moteurs offrent un style de jeu ressemblant à celui de Karpov. C'est le cas de Komodo, l'un des plus forts moteurs actuels. Bien que beaucoup moins fort, Mustang joue également à la manière de Karpov.


En savoir plus sur Anatoli Karpov ?

Biographie de Karpov sur Wikipédia

Karpov sur Chess.com : biographie succincte, trois parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 4375 parties.

Championnat du monde 1985 Karpov vs Kasparov : célèbre partie d'échecs gagnée par Kasparov en paralysant le jeu blanc grâce à un cavalier infiltré en d3.

Championnat du monde d'échecs 1990, Lyon 1990, Kasparov vs Karpov : partie durant laquelle Kasparov a battu Karpov grâce a un jeu d'attaque resté célèbre.




Garry Kasparov

Garry Kasparov est né en 1963 à Bakou (RSS d'Azerbaïdjan, URSS). Il a exercé un règne écrasant sur le monde des échecs entre 1985 et 2005, année de sa retraite des échecs.



L'anti-Karpov

Sur bien des points Garry Kasparov est l'anti-Karpov.  Il est aussi bouillant que Karpov est  placide; il a toujours eu des relations difficiles avec le régime soviétique et avec les institutions des échecs, contrairement à son ex-compatriote ; il a l'âme d'un dissident alors que Karpov n'a jamais fait de vagues. Et bien évidemment, son style de jeu est diamétralement opposé. Au monotone style positionnel-défensif de Karpov il oppose un flamboyant jeu tactique-offensif qui a beaucoup contribué à sa popularité.
On peut dire sans trop de risque de se tromper que la confrontation des deux joueurs symbolisaient aussi les forces qui travaillaient la société soviétique en profondeur : Kasparov était le neuf, Karpov le vieux…



Champion du monde en 1985, à 22 ans

Enfant précoce, son parcours échiquéen est émaillé de coups d'éclats. Il arrivait à battre son père aux échecs à 6 ans ; à 9 ans, il se qualifiait pour la finale du championnat de blitz de Bakou. A 12 ans, il battait un grand maître international et à 13 remportait le championnat d'Azerbaïdjan puis le championnat junior d'URSS. Mais c'est à 16 ans qu'il commença véritablement à faire parler de lui en gagnant haut-la-main un tournoi qui l'opposait à 14 grands maîtres ; puis en remportant, les années suivantes, un grand nombre de tournois prestigieux.

<- Portrait : Garry Kasparov en 1993 (Owen Williams, The Kasparov Agency)


A 19 ans, ses succès lui donnent la possibilité de participer au championnat du monde. On connaît la suite : il affronta Karpov au cours d'un interminable match qui dura plusieurs mois; mais ni lui ni le champion en titre n'arrivèrent  à obtenir les 6 points nécessaires pour engranger la victoire. La FIDE mit fin à la confrontation, "pour préserver la santé des joueurs" et Karpov conserva le titre. Mais pour peu de temps. L'année suivante, Kasparov élimine Karpov et devient à 22 ans le 13eme champion du monde. Il conservera le titre jusqu'en 2000; En 2005, à 42 ans, il abandonnera la compétition, pour se consacrer à la rédaction de plusieurs ouvrages majeurs sur les échecs.



Premier joueur à avoir dépassé les 2800 points Elo en 1990, il atteint neuf ans plus tard le classement le plus élevé jamais enregistré : 2 851 points. Un record qui n'a été battu jusqu'ici que par Magnus Carlsen. Il est considéré comme l'un des 5 joueurs d'échecs les plus forts de l'histoire des échecs - souvent même comme le meilleur.

Kasparov vainqueur à Linarès en 2005 (Owen Williams, The Kasparov Agency) ->



Style : un brillant attaquant

Kasparov est un brillant tacticien et un féroce attaquant qui prend et cherche à conserver l'initiative. Il sacrifie facilement des pièces mais en se basant sur une idée générale de où il veut arriver, non sur la promesse d'une simple intuition, comme Mikhaïl Tal.  Même s'il ne peut pas prévoir précisément le résultat final de ses choix, il parvient le plus souvent à s'extraire des complications qu'ils ont entraîné.


Jouer contre une simulation de Kasparov ?


Là encore, nous n'avons que l'embarras du choix :


Kasparov version Chessmaster 4000 Turbo

Kasparov est évidemment l'une des 22 personnalités de grands maîtres proposées avec Chessmaster 4000 Turbo, à présent abandonware. Avantage : la personnalité est immédiatement disponible. Inconvénient : la simulation est bonne mais un peu rustique.

Kasparov version Chessmaster 10 et 11 ?


Bien qu'incontournable, Kasparov a été contourné par Ubisoft, après CM 4000 Turbo : Chessmaster 9, 10 et 11 ne proposaient pas de profil imitant l'ancien champion du monde, très certainement parce que celui-ci était partenaire de la franchise concurrente d'Electronic Arts, Kasparov'gambit. Cet "oubli" a été réparé puisqu'une bonne âme a développé ultérieurement une simulation "Kasparov". Toutefois, elle ne me parait pas très convainquante. Vous pouvez la lancer en installant dans l'interface Arena une vieille version du moteur The King de Chessmaster, téléchargeable sur ce site. Mais les versions de Rodent, Prodéo ou Lucas Chess me paraissent un meilleur choix.

Kasparov, "moteur GM"de Lucas Chess

Inévitablement, l'interface Lucas Chess compte une simulation du jeu de Kasparov dans sa série de "moteurs GM".  

Kasparov-Prodéo

Prodeo offre un très bon profil "Kasparov".



Kasparov pour Rodent III et IV


Curieusement, Kasparov ne semble avoir motivé ni Pawel Koziol, ni Brendan Norman, qui a pourtant un faible pour les personnalités très offensives. Un auteur inconnu a toutefois publié une simulation de Kasparov dite "83" qui me semble très correcte. Elle fonctionne avec Rodent III et on peut la télécharger sur ce site. Bien sûr, je me suis empressé de la traduire pour Rodent IV. On peut donc l'utiliser aussi avec la dernière version du moteur de Pawel Koziol. Voir: "Kasparov pour Rodent IV"


Moteurs au style proches de celui de Kasparov

Plusieurs très bons moteur d'échecs imitent  le style offensif de Kasparov, avec des niveaux de force très différents. C'est le cas de Sissa (de force moyenne), de GreKo (très fort) et de Stockfish (plus fort que Kasparov lui-même).



En savoir plus sur Garry Kasparov ?

Biographie de Kasparov sur Wikipédia

Karpov sur Chess.com : biographie détaillée, sept parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 2420 parties.

Championnat du monde 1998 Karpov vs Kasparov : célèbre partie d'échecs gagnée par Kasparov en paralysant le jeu blanc grâce à un cavalier infiltré en d3.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Seizi%C3%A8me_partie_du_Championnat_du_monde_d%27%C3%A9checs_1985

Championnat du monde d'échecs 1990, Lyon 1990, Kasparov vs Karpov : partie durant laquelle Kasparov a battu Karpov grâce à un jeu d'attaque resté célèbre.

Deep Blue vs Kasparov, 1996
: durant cette partie célèbre, un ordinateur a battu pour la première fois un très grand champion humain.

Cette célèbre partie est également proposée dans la collection "Parties mémorables" du jeu commercial Power Chess, désormais abandonware (et donc gratuit). Elle est commentée par la reine, l'une des personnalités du jeu.

Deep Blue vs Kasparov, 1997 : cette partie est également restée dans les annales du fait que l'ordinateur d'IBM a réussi à battre Kasparov en 19 coups et à peine plus d'une heure de jeu.

Kasparov contre le monde, 1999 : dans cette partie Kasparov avait les blancs ; il jouait par l'entremise d'Internet contre l'équipe "reste du monde", soutenue notamment par le champion français Etienne Bacrot.

L'immortelle de Kasparov, Wijk aan Zee, 1999 : partie entre Kasparov et Topalov, que Kasparov considère comme son meilleur jeu.

Championnat du monde d'échecs 2000 classique, Kasparov vs Kramnik. Cette partie pour laquelle Kramnik a obtenu la nullité avec les noirs est considérée comme le pivot de son ascension vers le titre de champion du monde.




Nigel Short


Né en 1965 à Leigh, en Grande Bretagne, Nigel Short est un joueur d'échecs à la précocité exceptionnelle. Son premier fait d'arme a été de battre Viktor Korchnoï à l'âge de 10 ans. Certes au cours d'une épreuve de parties simultanées, mais quand même ! A 12 ans, il était déjà en mesure de participer au championnat de Grande Bretagne. A 14 ans il obtenait la norme de maître international, après avoir gagné, ex-aequo avec John Nunn et Robert Bellin, le championnat britannique. Il participe à plusieurs championnats du monde junior mais n'obtient jamais le titre. En 1980, c'est Kasparov qui le lui ravit. Néanmoins ses brillants résultats à de nombreuses épreuves de renom lui valent d'être reconnu grand maître International à 19 ans.  


Grand champion britannique

Short gagna à plusieurs reprises le championnat britannique : ex-aequo en 1979 (mais perdant au départage), puis gagnant en 1984, 1987 et 1998. Il a été également champion d'Angleterre, tournoi à élimination directe, en 1991, champion du Commonwealth en 2004, 2006 (à Bombay) et en 2008 (à Nagpur) et champion Open de l'UE en 2006.


Sur les rives du championnat du monde


Les résultats de Short au tournoi interzonal de Bienne, en 1985, lui permettent de participer au tournoi des candidats. C'est le premier britannique à obtenir son ticket d'entrée, mais il finit dixième. Il se qualifie à nouveau pour le cycle suivant et atteint cette fois le quart de finale. Il perd contre un compatriote, Jon Speelman. Au cycle de 1990-1993, il est finaliste, après avoir éliminé Boris Guelfand, Karpov et Jan Timman, face à Garry Kasparov.
C'est à ce moment que survient le "schisme" qui divisa le monde des échecs durant plus de 12 ans. La FIDE ayant décidé du lieu de la finale et du montant du prix sans consulter aucun des deux finalistes, ceux-ci se rebellèrent et créèrent la Professional Chess Association, la PCA, qui organisa la finale indépendamment de la FIDE. Sponsorisée par le journal britannique The Times, qui offrit la coquette somme de 2,5 millions de dollars, l'épreuve eut lieu à Londres et Kasparov l'emporta nettement (+6 -1 =13).

Ci dessus, photo de Przemyslaw Jahr (Nigel Short au Championnat d'Europe d'échecs par équipes Varsovie 2013)

Comme la FIDE ne reconnut pas ce match, le championnat du monde 93 repris avec Karpov et Timman, précédemment battus par Short.  Il est probable que si Short n'avait pas suivi Kasparov dans l'aventure PCA, il aurait été déclaré champion du monde.
A partir de cette date, la PCA s'installa en rivale de la FIDE et organisa durant plusieurs années son propre championnat du monde.
Short se qualifia sans difficulté pour le  PCA de 1995 et fut battu par Gata Kamsky en finale, à Linarès. Par la suite, le joueur britannique ne réussit plus jamais à s'approcher aussi près du titre. En 1999, au championnat du monde FIDE, il perdit en huitième de finale contre Shirov.  Il sera sélectionné pour tous les championnats suivants jusqu'en 2007 mais sans réussir à dépasser le deuxième tour.


Style de jeu

Short a un style de jeu assez classique et tactique. C'est un attaquant féroce qui recherche généralement des positions ouvertes et des lignes de jeu offensives qui débutent généralement par le classique 1. e4. Lorsqu'il a les noirs, Short joue souvent le gambit de la dame refusée.
Le joueur britannique avance vite et accorde relativement peu d'attention à la solidité de sa position ou à la sécurité de son roi. Son défaut est précisément sa difficulté à jouer autrement. Face à un joueur positionnel très fort en défense, il s'est parfois retrouvé démuni.


Jouer contre une simulation de Nigel Short ?


Short pour Chessmaster 10 et 11

Jusqu'ici, seul Chessmaster offrait une simulation du jeu de Nigel Short. Si vous souhaitez l'affronter, installez le moteur The King dans l'interface Arena et depuis le menu de configuration, choisissez la personnalité "Short" parmi les 49 profils de grands maîtres. N'oubliez pas de guider Arena vers l'une des trois bibliothèques que j'ai construites à partir d'un échantillon de parties du grand maître anglais.

Short pour Rodent IV, de Rob Robinson

Mais depuis peu, Rodent IV dispose d'une personnalité "Short", plus
fine et plus forte que celle de Chessmaster, que j'ai développé moi-même l'été dernier. Voir "Nigel Short pour Rodent IV".

Moteur Grand Maître Short

Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Short, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.



En savoir plus sur Nigel Short ?

Biographie de Short sur Wikipédia

Short sur Chess.com : biographie succincte, quatre parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 2420 parties.



Yasser Seirawan


Yasser Seirawan est un grand maître international américain,  né à Damas en 1960 d'un père syrien et d'une mère anglaise. Après avoir abandonné la compétition, il est devenu journaliste et commentateur de talent de l'actualité échiquéenne. Il a écrit de nombreux livres et créé le magazine Inside Chess, dont il a été le rédacteur en chef. Sa notoriété est davantage américaine qu'internationale.


Carrières échiquéenne

Seirawan commence à faire parler de lui à 13 ans, en obtenant le titre de champion junior de l'Etat de Washington. Quelques années plus tard, il devient champion du monde junior, en Norvège. Dans les années suivantes, il remporte plusieurs tournois importants, notamment ceux de Wijk aan Zee, Lugano et New York, au début des années 80. Ces résultats et sa deuxième place tournoi interzonale de Bienne, en 1985, lui ouvrent les portes de la sélection des joueurs appelés à participer au championnat du monde 1987.  Finissant 10ème, il ne passe pas le premier tour.  Il se qualifie encore pour le cycle suivant et est éliminé en 8eme de finale. Bien qu'appartenant à l'élite mondiale des échecs, Seirawan reste un cran en dessous des meilleurs des années 80 et 90.
Aux Etats Unis, en revanche, c'est un astre de première magnitude. Il a réussi à quatre reprises à remporter le championnat américain : en 1981, 1986, 1989 et 2000.  Membre de l'équipe olympique américaine durant de nombreuses années, il a également beaucoup contribué à lui obtenir plusieurs médailles d'argent et de bronze.

Photo : Yasser Seirawan (Chess World Championship Bonn 2008). Auteur : Georgios Souleidis


Style de jeu

Seirawan déploie un jeu fortement défensif. Il possède une connaissance de la position exceptionnelle et une maîtrise des finales parfaite. Son tempérament prudent le pousse souvent à utiliser la défense Caro-Kann et ses variantes, lorsqu'il a les noirs. Cela lui permet d'opposer une forte résistance et d'obtenir au minimum la nullité. Pour un joueur défensif, il fait preuve d'une grande ténacité et ne se contente pas facilement d'une partie nulle. En matière de tactique offensive, il privilégie - relativement - la promotion de pions.


Jouer contre une simulation de Seirawan ?

Seul Chessmaster a proposé jusqu'ici une imitation du jeu de Seirawan. Si vous n'avez pas Chessmaster, vous pouvez lancer le moteur The King version UCI depuis l'interface Arena et sélectionner parmi les 49 profils de grands maîtres proposés celui de Seirawan. Sur la page consacrée au moteur de Chessmaster, vous trouverez également un lien pour télécharger trois bibliothèques d'ouvertures que j'ai réalisées à partir d'une sélection de parties de ce joueur.


En savoir plus sur Yasser Seirawan ?

Biographie de Seirawan sur Wikipédia


Seirawan sur Chess.com : biographie succincte, six parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 1753 parties.




Larry Christiansen

Le grand maître américain Larry Christiansen est né en 1956 en Californie. Il est très populaire aux Etats Unis pour le sens tactique aigu qu'il met au service d'un jeu d'attaque féroce.
Joueur précoce, il a remporté à plusieurs reprises le championnat junior des Etats Unis (1973, 1974, 1975 et 1977), avant d'être propulsé au rang de Grand Maître International à l'âge de 21 ans, sans passer par la "case" Maître International, cas rarissime.
Il a remporté le titre de champion des Etats Unis en 1980, 1983 et 2002. Il fut également quatre fois vice-champion de ce même titre.

Etoile mineure

Ses succès à l'international demeurent cependant relativement modestes. Il a participé à de nombreuses Olympiades en équipe, où il a été souvent brillant, gagnant la médaille d'or comme membre en 1993 et la médaille d'argent comme capitaine en 1998. Il a remporté une vingtaine de tournois internationaux, dont le très prestigieux tournoi de Linares, en 1979 et 1981.  Mais s'il a été sélectionné deux fois pour le championnat du monde FIDE (1998 et 2002) et une fois pour la coupe du monde (en 2013), il a été éliminé assez vite.

Ci-contre, Larry Christiansen (Photo James F. Perry)

Style

Christiansen est un joueur au tempérament agressif, doté d'un sens tactique aigu, pratiquant  allègrement le sacrifice de pièces. Il est très respecté par ses collègues grands maîtres - et apprécié du public - pour sa capacité à créer des occasions d'attaque dangereuses à partir de n'importe quelle position.
En matière d'ouvertures, il est connu pour apprécier la défense Est-Indienne, la défense Benoni contre 1 d4 et la Sicilienne-Paulsen contre 1 e4.

Christiansen, pédagogue

Christiansen est un excellent pédagogue, un temps entraîneur de l'équipe d'échecs du MIT. Il a écrit une douzaine d'ouvrages dont le très populaire "Storming the Barricades", publié en 2000. "Rocking the Ramparts", quatre ans plus tard, a obtenu également un bon succès.  Les titres de ces livres parlent d'eux-mêmes : le GMI américain y aborde principalement... l'attaque ! Ils s'adressent avant-tout aux compétiteurs désireux de développer, tactiquement, un jeu plus agressif.


Jouer contre une simulation de Christiansen ?

A ma connaissance, il n'existe qu'une seule simulation du jeu de Christiansen, celle que proposait Chessmaster pour le moteur The King. Le joueur américain doit sans doute en partie cet honneur au fait qu'il a été battu par Chessmaster 9000 en 2002 au cours d'un match en quatre jeux, par un score de 1,5 à 2,5. Ces parties sont commentées par Christiansen lui-même et disponibles depuis dans Chessmaster.
Si vous n'avez pas Chessmaster, vous pouvez lancer le moteur The King version UCI depuis l'interface Arena et sélectionner parmi les 49 profils de grands maîtres proposés celui de Christiansen. Sur la page consacrée au moteur de Chessmaster, vous trouverez également un lien pour télécharger trois bibliothèques d'ouvertures que j'ai réalisées à partir de plus de 1600 parties de ce joueur.


En savoir plus sur Larry Christiansen ?

Biographie de Christiansen sur Wikipédia


Christiansen sur Chess.com : sélection de 1761 parties.




Ulf Andersson

Ulf Andersson est né à Västerås, en Suède, en 1951. Inconnu du grand public, peu connu des joueurs d'échecs eux-mêmes, le GMI suédois a pourtant été pendant plusieurs années dans le top ten des meilleurs joueurs mondiaux, atteignant le 4eme rang durant quelques mois en 1983. Son style lent et ultra positionnel n'en faisait pas un joueur populaire mais sa science de la défense a beaucoup enrichi la connaissance des échecs.


Carrière échiquéenne

Champion de suède en 1969, à 18 ans, maître international en 1970, GMI en 1972, il enchaîne dans les années suivantes les victoires à de nombreux tournois internationaux : Memorial Capablanca, Belgrade, Buenos Aires, Hastings (trois fois de suite), Dortmund, Turin, Rome, Wijk Aan Zee, Reggio Emilia… Il participe à quatre tournois interzonaux et il est sélectionné à deux reprises pour le championnat du monde. En 1998 et 1999, il est éliminé au second tour lors du départage. Par la suite, ses résultats ont fortement décliné. En 2013, il n'est plus que le 404ème joueur mondial. Son intérêt s'est porté sur les échecs par correspondance, dont il est vite devenu la  figure de proue.  


Photo : Ulf Andersson en 1983 à Wijk aan Zee (photo Rob Bogaerts / Anefo)

Style : un défenseur progressant lentement


Peu de joueurs ont un style aussi tranché et aussi constant qu'Ulf Andersson. Le GMI suédois joue fortement en défense, avançant prudemment, en cherchant dans le jeu de son adversaire la moindre velléité offensive et s'employant à mettre aussitôt en place les mesures prophylactiques appropriées. Andersson va chercher systématiquement à exploiter les faiblesses de la position de son adversaire, accumulant petit avantage sur petit avantage, avançant lentement dans des parties très longues qui ne laissent que peu d'opportunités à son adversaire de lancer des offensives ou de déployer un contre-jeu. Lui-même passe rarement à l'offensive et on ne le verra pour ainsi dire jamais lancer une attaque directe contre le roi adverse. Cela donne des parties souvent considérées comme ennuyeuses.  
Néanmoins, Andersson n'est pas un joueur statique. Contrairement à Petrossian, qui se sent bien dans les positions fermées, Andersson ne les recherche pas spécialement et il joue très bien les positions laissant beaucoup d'espace. Il n'est d'ailleurs pas exagérément matérialiste et échange volontier des pièces si cela peut simplifier la position et l'emmener en finale avec un gain positionnel. A ce propos, Andersson a toujours été considéré comme un fantastique joueur de finale, condition nécessaire pour convertir en victoire les gains positionnels accumulés. Peu de joueurs auront eu une telle maîtrise des fins de partie.

La technique d'Ulf Andersson fait qu'il est très difficile à battre. C'est une forteresse ! Mais inversement, elle ne lui permet pas souvent de prendre l'avantage face à un adversaire très fort. C'est donc un joueur qui a un taux très élevé de parties nulles.

Apport théorique : un GMI beaucoup étudié

Ulf Andersson n'a pas produit de traités ou d'articles théoriques mais il a été indirectement un contributeur très important à l'enrichissement de la théorie. Le public a surtout retenu de lui sa modernisation de la formation en hérisson, redevenue grâce à lui très populaire, dans les années 70. Ce plan de développement pour les noirs était connu depuis longtemps mais considéré comme peu efficace. Andersson a révélé son potentiel mais une fois passé l'effet de mode, le hérisson est retombé dans l'oubli. En revanche, les parties du GMI suédois sont examinées et décortiquées dans nombre de traités et monographies et par des wagons de formateurs, qui s'intéressent beaucoup à ses techniques de défense.  

Si Ulf Andersson n'a pas formalisé lui-même ses principes théoriques, d'autres l'on fait à sa place, notamment Cyrus Lakdawala, avec "How Ulf Beats Black: Ulf Andersson's Bulletproof Strategic Repertoire for White" (ouvrage non-traduit en français). Autre livre apprécié des aficionados : "Grandmaster Chess Strategy : What Amateurs Can Learn from Ulf Andersson's Positional Masterpieces", de Jurgen Kaufeld & Guido Kern. Notez que New in chess propose gratuitement une version pdf de cet ouvrage, en anglais. Suivez le lien ci-dessus...





Jouer contre une simulation d'Andersson ?

Andersson a un jeu si typé qu'il est intéressant de pouvoir affronter un moteur d'échecs proche du style du GMI suédois.

Andersson de Chessmaster 4000 Turbo

La seule simulation disponible d'Andersson jusqu'ici était celle du vieux Chessmaster 4000 Turbo. C'est l'une des rares personnalités de la version 4000 Turbo qui n'ait pas fait l'objet d'une actualisation dans les versions ultérieurs de Chessmaster. Les profils de CM 4000 ne sont pas tous excellents mais celui d'Andersson me parait valable, compte tenu de ce que je sais du GMI suédois. Par contre, il y a peu de chance de le voir jouer sa fameuse ouverture en hérisson, CM 4000 ne proposant pas de bibliothèques spécifiques avec ses personnalités GM.

Andersson pour Rodent IV par Rob Robinson

Néanmoins, j'ai travaillé à la réalisation d'un profil Andersson pour Rodent IV, qui sera certainement un meilleur choix que le profil Chessmaster CM 4000. Voir : "Ulf Andersson pour Rodent IV". Cette personnalité ayant encore besoin d'être testée en profondeur, aucun moteur "Grand Maître Andersson" n'est pour le moment disponible. Mais ça ne tardera pas.


En savoir plus sur Ulf Andersson ?

Biographie succincte d'Andersson sur Wikipédia

Andersson sur Chess.com : biographie succincte, trois parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 2994 parties.



Vladimir Kramnik

Vladimir Kramnik est né en 1975 à Touapsé, petit commune de la région de Krasnodar, en Russie. Ce joueur russe a été l'un de ces champions d'échecs très précoces tel que Kasparov, Fischer ou Polgar. Il a commencé à jouer aux échecs à 5 ans et à 11 ans était déjà considéré comme assez bon pour intégrer la prestigieuse école d'échecs de Mikhaïl Botvinnik.

Vladimir Kramnik - Maria Emelianova / Chess.com) ->


Il n'a pas encore 17 ans lorsque ses performances exceptionnelles lors des Olympiades de 1992 permettent à l'équipe de Russie de remporter l'épreuve. Il obtient dans la foulée le titre de GMI, sans passer par la case "MI", un cas rarissime. A partir de là, sa progression sera extrêmement rapide. Après le tournoi de Linarès, où il battit Garry Kasparov pour la première fois, l'ancien champion du monde assura que le jeune joueur russe serait un jour champion du monde. Il ne se trompait pas.


Triple champion du monde

En 1993 et 1993, Kramnik fut sélectionné pour les épreuves des candidats mais fut éliminé en cours de route.  Ce n'était qu'un galop d'essai. Dans les années suivantes, il remporta un grand nombre de tournois prestigieux tandis que son jeu évoluait peu à peu. Son style initiale, tactique et combinatoire, cédait la place à un jeu positionnel plus prudent et moins agressif, une évolution qu'il pensait nécessaire, à raison, pour conquérir le titre mondial.  
En 2000, il remporte enfin l'avant dernier dernier championnat du monde "classique", qui se déroule à Londres, en battant assez nettement Garry Kasparov, qui détient le titre depuis 15 ans. Quatre ans plus tard, il doit défendre son titre contre contre Peter Leko. Le joueur Hongrois déploie un jeu hyper-défensif avec lequel Kramnik n'est pas du tout à l'aise. Il gagne, mais de justesse.



(Photo : Kramnik face à Leko - Dortmund. Sparkassen Chess Meeting 2006)


Le creux de la maladie

Les années suivantes sont difficiles pour Kramnik, qui subit une poussée sévère de spondylarthrite ankylosante, une maladie génétique provoquant d'intolérables douleurs articulaires. En 2005, il s'arrête durant six mois de jouer aux échecs pour subir un traitement lourd qui s'avèrera efficace.
Entre-temps, les deux championnats du monde concurrents ont fusionné. Il n'y a à nouveau plus qu'une épreuve "unifiée". En 2006, Kramnik, revenu aux échecs, champion du monde sortant "classique", affronte le champion Bulgare Veselin Topalov, champion du monde sortant "FIDE". La rencontre est très tendue car Topalov accuse, sans preuve, Kramnik de tricher.  Déstabilisé, le joueur russe est déclaré forfait pour une partie qui revient à Topalov. A la fin des parties lentes, le résultat est cependant égal : 6-6. Kramnik l'emporte au départage, par 2,5-1,5.



Le reflux

En 2007, Kramnik perd son titre en laissant Vishy Anand le devancer dans un tournoi en double-ronde avec huit joueurs, après quelques mauvaises parties contre Grichtchouk puis contre Morozevitch. Il a néanmoins acquis un droit à la revanche et affronte donc à nouveau Vichy Anand un an plus tard. Cette fois il perd assez nettement contre le joueur indien. Kramnik reconnaît sa défaite et avoue que son adversaire était à ce moment là  tout simplement plus fort que lui, "dans tous les compartiments du jeu". Il en identifie l'une des raisons : Anand s'est préparé avec les nouveaux outils informatiques, auxquels Kramnik ne croyait pas. C'était une erreur. "J'ai minimisé leur importance et vers la moitié du match j'ai réalisé qu'il était trop tard." avouait-il au cours d'une interview donnée au site Chess.com.

Dans les années suivantes il est systématiquement sélectionné pour participer aux épreuves du championnat du monde, sans réussir à reprendre le titre. Il restera cependant encore de nombreuses années parmi les quatre meilleurs joueurs mondiaux, ne reculant que très lentement, rang par rang...
Kramnik a cependant un problème : il n'a pas - et dit-il n'a jamais eu - le goût de la compétition. Les contraintes inhérentes à la vie d'un joueur de très haut niveau lui pèse. Il y a quelques mois, à seulement 43 ans, il a annoncé  l'abandon de sa carrière de joueur professionnel, avouant n'avoir plus assez de goût pour les échecs.  


Le style

Kramnik, joueur très polyvalent, n'est pas de ceux que l'on peut enfermer dans un style particulier. Excellent en défense, il est aussi capable de développer avec succès de complexes combinaisons tactiques. Dans ses parties de championnat du monde, il aura beaucoup joué de manière positionnel, par prudence, tant le niveau des joueurs qu'il affronte est élevé. Mais dans beaucoup d'autres tournois, où les enjeux sont moins importants (et les joueurs moins forts), on retrouve souvent beaucoup de son style initial, offensif et combinatoire.


Jouer contre une simulation de Vladimir Kramnik ?

Prodeo (2700 Elo), avec son profil par défaut, a un jeu qui ressemble à celui de Vladimir Kramnik. Mais Lucas Chess propose un vrai profil Kramnik, dans sa collection de "Moteurs GM", qui sera probablement un meilleur choix. L'interface propose une mini-bibliothèque d'ouvertures "Kramnik" au format Polyglot (.bin). Si vous souhaitez quelque chose de plus consistant, vous pourrez toujours télécharger sur Echecs & Informatique deux bibliothèques d'ouvertures réalisées à partir de 6981 parties de Kramnik, l'une au format Polyglot, pour Lucas Chess, l'autre au format Abk, pour Arena.
Télécharger "kramnik.abk"?

Télécharger "kramnik.bin"?


En savoir plus sur Vladimir Kramnik ?

Biographie de Kramnik sur Wikipédia

Kramnik sur Chess.com : biographie succincte, sept parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 3303 parties.

Championnat du monde d'échecs 2000 classique, Kasparov vs Kramnik. Cette partie pour laquelle Kramnik a obtenu la nullité avec les noirs est considérée comme le pivot de son ascension vers le titre de champion du monde.




Vassily Ivanchuk

Ce grand maître ukrainien, né en 1969, a été l'un des cinq meilleurs joueurs mondiaux du début des années 90 à la fin de la décennie 2000. Après 2013, il s'est laissé distancer progressivement par des joueurs plus jeunes mais a continué à jouer longtemps à un très haut niveau. En 2022 il est encore classé 67eme mondial et affiche un Elo de 2678.


Carrière échiquéenne

Le premier fait d'armes notable d'Ivanchuk a été de remporter le championnat d'Europe d'échecs junior, en 1987. Quelques mois plus tard, il gagne l'open de New York puis le championnat du monde junior. Cela lui vaut d'obtenir dans la même année 1988 la norme de maître international puis celle de grand maître international.

<- Ivanchuk en 2016 au championnat du monde de parties rapides (Photo de Maria Emelianova)

L'année 1989 se présente comme un feu d'artifice pour le GMI ukrainien : il remporte coup sur coup le tournoi de Bienne, d'Erevan et surtout le prestigieux tournoi de Linarès devant Karpov et Short. Les années 90 et 91 sont tout aussi brillantes, avec notamment une nouvelle victoire à Linarès devant toute l'élite mondiale avec un score incroyable de 9,5/13. C'est aussi au cours de ce tournoi qu'il a battu consécutivement Karpov et Kasparov.
L'ascension d'Ivanchuk se poursuit dans les années suivantes. Il remporte une troisième fois Linarès en 1995, le tournoi de Wijk aan Zee en 1996...


Eternel challenger de la coupe du monde et du championnat du monde

Parallèlement, Ivanchuk progresse en direction du championnat du monde FIDE. C'est là qu'apparaît la faiblesse du joueur ukrainien : il résiste mal à la pression. Lorsque l'enjeu est très important, il lui arrive de craquer et de faire de grosses gaffes. Les défaites le démoralisent et font chuter sa motivation. C'est certainement ce qui explique qu'il n'ait remporté ni la coupe du monde ni le championnat du monde ; et qu'il n'ait jamais dépassé le niveau de second joueur mondial. Néanmoins, de 1997 à 2017 il a toujours obtenu sa qualification pour le championnat du monde. C'est en 2002 qu'il sera le plus près de l'emporter. Cette année-là, il sera finaliste mais perdra contre Ruslan Ponomariov. En 2017, dernière participation notable, il atteindra le quart de finale pour être défait par Levon Aronian.
Après 2018, Ivanchuk a dégringolé dans les classements. Mais jusqu'à cette date, il est resté un redoutable joueur de tournois, enregistrant un grand nombre victoires - mais faisant preuve aussi parfois de chutes de forme spectaculaires.
Le GMI ukrainien a également été un très fort joueurs de parties rapides, remportant plusieurs titres majeurs : le championnat du monde de blitz en 2007, le Memorial Tal en blitz en 2008, le championnat du monde de parties rapides en 2018…


Style

Ivanchuk préfère généralement jouer en défense et de manière très classique mais se laisse difficilement enfermer dans un style particulier. Par exemple, il lui arrive souvent de faire des sacrifices inattendus et de jouer dans des positions très désavantageuses du point de vue matériel, sans perdre le contrôle de la partie.  Son répertoire d'ouvertures est énorme et il concède peu d'habitudes dans ce domaine, ce qui nuit à la préparation de ses adversaires.
Beaucoup de grands joueurs considèrent Ivanchuk comme un génie des échecs mais l'analyse de ses parties montrent cependant que s'il dispose d'une maîtrise technique remarquable dans tous les domaines du jeu, il n'a que rarement été novateur.


Jouer contre une simulation de Vassily Ivanchuk ?

Il n'existe qu'une seule simulation du jeu du joueur ukrainien, celle qui accompagnent Chessmaster depuis la version 9, Ivanchuk étant à l'époque du développement de ces logiciels une brillante étoile montante.


En savoir plus sur Vassily Ivanchuk ?


Biographie d'Ivanchuk sur Wikipédia

Ivanchuk sur Chess.com : biographie assez complète, dix parties commentées, ouvertures préférées et 4546 parties disponibles.



Alexei Shirov

Alexei Shirov est né en 1972 à Riga, en Lettonie, à l'époque république soviétique. Marié à une Argentine, il s'est installé avec elle en Espagne et a pris la nationalité espagnole en 1996. En tant que joueur d'échecs, il a également adhéré à la fédération espagnole et a représenté durant plusieurs années l'Espagne dans les épreuves internationales. Il a néanmoins gardé des liens forts avec la Lettonie où il se rend très souvent. En 2011, il  est même retourné s'y installer. Il représente à nouveau la fédération lettone d'échecs.

Quelle orthographe ?

Lorsqu'il faut gérer de grosses collections de parties, on peine souvent avec les joueurs russes ou des pays de l'Est, dont l'orthographe varie beaucoup d'un pays à l'autre. Le cas de Shirov est l'un des pires. Officiellement, en France, il s'appelle Alexeï Chirov. Mais dans le monde anglo-saxon, c'est Alexeï Shirov, avec un "s".  Pour les espagnols, c'est Aleksejs Sirovs. Et dans les Pays Baltes, on préfère Aleksejus Sirovas. Si vous devez rassembler une collection de parties de ce joueur, mieux vaut connaître tous ses noms possibles.

<- Photo : Shirov en 2010 - Stefan64

Un joueur influencé par Mikhaïl Tal


Shirov est actuellement  le 78ème joueur mondial, mais il a été pendant de nombreuses années (avec des aller-retour) dans le Top Ten des meilleurs mondiaux ; et même durant une courte période le second. Son plus haut classement Elo a été de 2755, en 2008, alors qu'il se classait au 4e rang mondial.
Shirov est le meilleur joueur Letton mais ce pays a eu un autre champion d'envergure : Mikhaïl Tal. Est-ce un hasard si Shirov est comme son illustre aîné un joueur au style très offensif, qui prend des risques et ose des combinaisons complexes ? Sans doute pas. Shirov joue néanmoins de manière moins brouillonne et moins casse-cou que Tal.

Le public et les aficionados des échecs adorent les parties des joueurs offensifs, avec leurs coups brillants et spectaculaires. De ce côté là, on est servi, avec Shirov. C'est pourquoi on trouve facilement 12.000 parties de lui, qui n'a jamais remporté le titre mondial, alors qu'on peine à en rassembler 3500 de Magnus Carlsen, champion du monde depuis 2013 mais dont le jeu n'intéresse pas grand monde, en dehors des spécialistes.  
Malheureusement, les styles attaquants sont risqués et la plupart des joueurs offensifs, pour se maintenir au niveau nécessaire, ont dû mettre beaucoup d'eau dans leur vin et jouer comme les autres : positionnel et en défense. Pas Shirov, dont la devise pourrait-être: "Attaquant un jour, attaquant toujours". Tant mieux pour nous mais cela l'a probablement privé du titre mondial.


Vingt ans dans les parages du championnat du monde


Alexeï Chirov est devenu champion du monde des moins de 16 ans en 1988, puis vice-champion du monde junior (moins de 20 ans) en 1990 (à égalité de points avec le vainqueur, Ilia Gourevitch). Il n'a obtenu le titre de GMI qu'en 1992, à l'âge de 20 ans, alors que d'autres ont été bien plus précoces. Il n'en reste pas moins qu'il a été très jeune un joueur remarqué pour son style brillant et bouillant. Et qu'il a été entre 1990 et 2007 l'un des meilleurs mondiaux, sans cesse sélectionné pour les divers championnats du monde ; et arrivant très souvent assez près du titre, sans jamais réussir à l'obtenir.

<- Shirov en 2014, à Baden-baden - Stefan64

Sa première sélection pour le cycle des candidats date de 1990. Mais il n'avait que 18 ans et pas encore l'envergure suffisante pour se maintenir très longtemps. En 1993, il manque de peu d'être qualifié. En 1997, il fait un premier bon, mais il est éliminé en quart de finale du championnat du monde FIDE contre Vishy Anand.

Ses excellents résultats dans diverses compétitions et sa côte Elo très élevée incitent les organisateurs du CM "classique" à le sélectionner pour affronter, en 1998, le champion en titre depuis des années, Garry Kasparov. Mais les discussions avec Shirov sont arrêtées en raison de divers problème, dont une certaine mésentente avec Kasparov, qui a fait fuir les sponsors. Finalement c'est Kramnik, que Shirov avait pourtant battu lors des sélections, qui affrontera Kasparov et deviendra champion du monde "classique".

Au championnat du monde FIDE de 1999,  il est éliminé en quart de finale par Nisipeanu, un joueur pourtant à sa portée; au CM FIDE de 2000 il fait mieux : il arrive en finale mais perd encore contre Anand, un joueur contre qui Shirov aura toujours eu du mal à s'imposer. Il perd d'ailleurs à nouveau contre lui en quart de finale du Championnat du monde FIDE de 2001.
En 2002, il est  1/2 finaliste du tournoi des candidat pour le "classique" de 2004. C'est Peter Leko qui affrontera le tenant du titre, Kramnik.  

En 2005, il n'est pas présent pour le championnat du monde  FIDE, car il n'entre pas dans les critères de sélection. En 2007, il participe encore au tournoi des candidats mais, éliminé au second tour par Levon Aronian, il n'a fait guère mieux que de la figuration. Cependant, la même année, il réussit plus brillamment lors de la coupe du monde FIDE, où il est finaliste. Cette compétition servait de sélection pour le tournoi des candidats du championnat du monde de 2010, auquel cependant il ne peut participer. Pour ce qui est du championnat du monde, ce sera son dernier coups d'éclat.  En 2009, il est éliminé en huitième de finale de coupe du monde et dans les années suivantes il ne passe pas le deuxième tour. Aujourd'hui, à 47 ans, Shirov est encore dans le groupe des 100 meilleurs joueurs mondiaux, mais il n'est plus un joueur de premier plan.


Jouer contre une simulation d'Alexei Shirov ?

Il n'y a pas quantité de simulations de Shirov, un joueur pourtant très populaire. Il est probable que d'ici peu je tente d'élaborer une imitation avec Rodent IV. En attendant nous avons le vieux profil Chessmaster, pas si mal, et le "Petit-Shirov" Chessterfield, dont je suis aussi l'auteur.

Shirov version Chessmaster

Le moteur The King est accompagné d'une simulation d'Alexei Shirov. Comme ce moteur ne tourne en pratique qu'avec Arena, j'ai réalisé deux bibliothèques abk, une petite (18 1/2 coups) et une grosse (45 1/2 coups).   

Petit-Shirov Chessterfield

Mon "Petit-Shirov" est un moteur Chessterfield dont le fichier de poids a été obtenu par apprentissage de plus de 14.000 parties du champion Letton. Comme c'est trop peu pour permettre au réseau neuronal de jouer correctement, j'ai renforcé le réseau avec des parties gagnantes des moteurs cités ci-dessous et avec des parties de joueurs humains proches par le type de jeu (Topalov, Morozevich, Nakamura, Tal, Sutovsky...). Au total environ 42.000 parties ont servi à la constitution du fichier de poids dont un gros tiers appartient à Shirov. Sa force est modeste: environ 1850 Elo. Mais le style est là.
Comme d'habitude, j'ai créé une bibliothèque d'ouvertures au format Abk d'Arena pour accompagner la simulation. Il est possible également d'utiliser les bibliothèques abk pour The King.

Télécharger le fichier de poids "Shirov" et sa bibliothèque abk ?


Moteurs d'échecs au style proche de Shirov

Trois moteurs d'échecs au moins ont un jeu offensif et spéculatif assez proche du style de Shirov : AnMon (2550 Elo), Rhetoric (2800 Elo) et Houdini (3200 Elo). AnMon et Rhetoric sont moins forts qu'Houdini mais leur jeu a un aspect plus naturel.


En savoir plus sur Alexei Shirov ?

Biographie de Shirov sur Wikipédia

Shirov sur Chess.com : biographie succincte, dix parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 4375 parties.




Judit Polgar


Ce n'est pas pour avoir été championne du monde que Judit Polgar laissera une trace forte dans l'histoire des échecs, mais parce qu'elle a été jusqu'à ce jour la seule femme ayant pu prétendre au titre mondial. Elle ne l'a jamais remporté mais en a été assez près, entre 1996 et 2005, période durant laquelle elle a été classée au 10eme rang et même au 8eme rang en 2004 et 2005.

Le fait est là : les femmes jouent peu aux échecs et leurs plus grandes championnes sont d'un niveau nettement inférieur aux meilleurs hommes. Non que je crois qu'elles soient biologiquement moins douées pour cela. C'est plutôt un fait culturel. Échappant totalement à ce schéma, grâce à son père, Judit Polgar a toujours répugné à participer aux compétitions féminines, préférant affronter les hommes sur leur propre terrain. Avec succès puisqu'elle a réussi à se maintenant dans le "Top Ten" des meilleurs joueurs pendant huit ans, dont quelques années en huitième position. Son plus fort classement : 2735 Elo.


Un style offensif qui paye

Judit Polgar passe pour une joueuse agressive. Son style est cependant loin d'un MiKhaïl Tal. Il est souvent prudent et positionnel, l'échange étant pratiqué même parfois comme avec réticence ; ses choix d'ouvertures sont assez conventionnels. Mais elle est capable de fulgurances. Si elle trouve un angle d'attaque, elle sort de sa réserve, prend des risques, sacrifie du matériel et se lance dans des combinaisons audacieuses et déséquilibrées mais, souvent gagnantes. C'est aussi ce qui a fait sa renommé. Le public adore les joueurs attaquants, à condition qu'ils réussissent. Ceux qui arrivent à un haut niveau sont peu nombreux et peinent en général à se maintenir. Dans sa meilleure période, de 1996 à 2004, elle aura été, avec Alexei Shirov, l'un des joueurs les plus spectaculaires du circuit. Rares sont d'ailleurs les grands noms des échecs de son époque qu'elle n'aura pas réussi à inscrire un jour ou l'autre à son tableau de chasse. On y trouve notamment Vishy Anand, Magnus Carlsen, Anatoly Karpov, Garry Kasparov, Vladimir Kramnik, Boris Spassky, Veselin Topalov...

(Photo ci-dessus : Judit Polgar en 2014 - Oliver Moody)

Judit Polgar est aussi un excellente joueuse de parties rapides. Parmi ses nombreux titres de gloire, n'oublions pas non plus de signaler qu'elle est devenue grand maître international en 91 à l'âge de 15 ans, battant d'un mois le record de Bobby Fischer.


Une famille de joueuses d'échecs

Judit Polgar, née en 1976 à Budapest, est la plus jeune d'une fratrie de trois soeurs : Susan, Sofia et Judit. Sa carrière exceptionnelle est en quelque sorte le fruit d'une expérience de laboratoire. Son père, László Polgar, enseignant hongrois d'origine juive, avait décidé de prouver que le génie n'est pas inné mais acquis. Il a obtenu, avec quelques peines, l'autorisation des autorités hongroises d'éduquer lui même ses trois filles. Il leur a appris très tôt à jouer aux échecs et les a soumis à un entraînement intensif qui a fait de toutes trois des championnes. Acquis aux idéaux socialistes, László voulait démontrer qu'un enfant correctement stimulé dès son plus jeune âge pouvait obtenir un succès exceptionnel dans n'importe quel domaine intellectuel. Il a réussi son pari, mais si l'ainé, Susan, a été longtemps au sommet de l'élite échiquéenne féminine, Sofia n'a fait qu'une carrière assez modeste. Et même si ses deux soeurs ont été de fortes joueuses, seule Judit pourrait être qualifiée de géniale.  


Fin de carrière à 38 ans

Judit Polgar a mis fin à sa carrière de joueuse d'échecs en 2014, à 38 ans, afin de se consacrer à sa famille et à ses enfants. Elle est néanmoins restée très proche des échecs, écrivant des livres, chroniquant les grandes compétitions et créant une fondation en Hongrie chargée de la promotion des échecs dans l'éducation.


Jouer contre Judit Polgar ?

En matière de simulation de Judit Polgar, vous avez trois possibilités. Le profil Prodeo version Polgar, le profil de Chessmaster et mon moteur Chessterfield "MiniPolgar".  

<- Judit Polgar en 2008, par Stefan64

ProDeo, version Polgar

Au milieu des années 90, Ed Schröder, créateur de plusieurs grands moteurs d'échecs, a été le premier à incorporer dans une console de jeu d'échecs un moteur imitant le style d'un joueur, en l'occurrence celui de la championne hongroise. Pas étonnant si son moteur gratuit, Prodeo, propose un profil à son nom (Voir "Jouer contre Alekhine, Anand, Fischer, Karpov, Kasparov, Polgar ou Tal ?")

Ed Schröder a laissé ses profils de personnalité présents dans les distributions récentes de Prodeo mais a négligé de les adapter aux nouvelles versions. Quelques manipulations assez simples, que je vous indique sur cette page vous permettront de le faire avec ProDéo 2.2 ou avec Prodéo 2.6. Vous pourrez jouer contre une version simulée de Judit Polgar, dotée d'une force de 2700 Elo, comparable au niveau de la championne.  
Si Prodéo-Polgar tourne avec Arena, téléchargez la bibliothèque d'ouvertures au format Abk que j'ai créé avec près de 8000 parties gagnantes ou nulles de la championne.

Polgar version Chessmaster 10 et 11

La joueuse hongroise a fait l'objet d'une simulation intégrée au jeu Chessmaster. Vous trouverez sur la page dédiée à son moteur, The King, la possibilité de télécharger le profil Polgar ainsi que les trois bibliothèques d'ouvertures, "spécial Polgar",  à utiliser conjoibntement avec l'interface Arena.

MiniPolgar Chessterfield

Si vous n'avez pas besoin d'un niveau de force très élevé, je peux vous proposer aussi mon petit moteur "MiniPolgar", à réseau neuronal, à utiliser de préférence avec Arena. J'ai employé le module d'apprentissage de Chessterfield pour lui apprendre à jouer comme elle, en lui faisant ingurgiter toutes les parties que j'ai pu trouver de la championne, soit environ 13.000. Ce n'était pas suffisant pour obtenir un niveau de force élevé, alors j'ai du "renforcer" le moteur en lui ajoutant des parties de joueurs au style proche de celui de Polgar (Shirov, Morozevich, Nakamura...).
MiniPolgar est accompagné d'une bibliothèque d'ouvertures construite elle-aussi avec les parties de Polgar, au format Abk d'Arena.
Utilisation : téléchargez l'archive "Mini-Polgar", décompressez-là dans le dossier "Engine" d'Arena et installez le moteur dans l'interface (Voir "Installation et gestion des moteurs").
N'oubliez pas de lui indiquer le chemin vers la bibliothèque, "Polgar Judit.abk", qui se trouve dans le même dossier que le moteur (Voir "Arena et les bibliothèques d'ouvertures").


En savoir plus sur Judit Polgar ?

Biographie de Judit Polgar sur Wikipédia

Judit Polgar sur Chess.com : biographie succincte, six parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 2084 parties.





Viswanathan Anand

Viswanathan Anand, dit "Vishy Anand", est né en 1969 à Madras (aujourd'hui Chennai) en Inde. Ce joueur a lui aussi été très précoce, devenant maître international à l'âge de 15 ans et grand maître international à 19 ans, en 1988. Il a été le premier indien à obtenir ce titre. Ses dispositions pour les échecs sont phénoménales. Non seulement c'est un joueur complet, bon dans tous les compartiments du jeu, mais il joue aussi ses parties à une vitesse bien supérieure à la moyenne des joueurs. Anand est d'ailleurs l'un des meilleurs joueurs au monde de parties rapides et blitz.  



Ascension rapide...

L'ascension de Vishy Anand dans le monde des échecs indien a été d'autant plus rapide que l'Inde, comme tous les pays du continent asiatique, n'a pas une grande tradition échiquéenne et que la concurrence est faible. À 16 ans, il remporte ainsi le titre national adulte (puis les années suivantes). Peu après, sa carrière s'internationalise. A 18 ans, il est le premier joueur d'Asie à obtenir le titre de champion du monde junior, remporte à Wijk aan Zee, en 1989, son premier grand tournoi international. Il gravit ensuite rapidement les échelons de la compétition internationale, remportant nombre de grands tournois.


<- Viswanathan Anand en 2017 (Barnos, travail personnel)

...mais lente conquête du titre mondial

Ses résultats lui permettent d'être sélectionné pour les championnats du monde de 1991 et 1994, pour lesquels il atteint le quart de finale. Pour le championnat du monde "classique" (PCA) de 1995, il perd en finale contre Kasparov, à New York, par le score de 10,5 à 7,5. En 1998, il perd à nouveau en finale du championnat du monde FIDE contre Karpov, mais cette fois au départage. Anand ne participe pas au championnat du monde FIDE de 1999, occupé à négocier avec Kasparov l'organisation d'un match indépendant qui n'a finalement jamais lieu. Trois ans perdus. Finalement, il devient champion du monde FIDE en 2000 en battant Alexei Shirov à Téhéran.

Anand perd son titre deux ans plus tard, après avoir été éliminé en 1/2 finale par Vassili Ivantchouk. Lequel est battu à son tour par Ponomariov. Le GM indien a de nouveau un passage à vide, ne participant en 2004 à aucun des deux championnats du monde. Au championnat du monde FIDE de 2005, il perd en finale contre Veselin Topalov. Enfin, entre 2007 et 2013, il s'assoie durablement dans le fauteuil de champion du monde. Les deux grandes épreuves ont été réunifiées et Anand gagne successivement le titre en 2007 à Mexico contre Vladimir Kramnik, puis la revanche contre Kramnik en 2008, en 2010 à Sofia contre Topalov, en 2012 à Moscou contre Boris Guelfand.

En 2013, Magnus Carlsen lui ravit le titre en finale. Il perd à nouveau en finale contre le norvégien en 2013 et 2014. Depuis, Anand  est un peu en perte de vitesse. Il reste tout de même dans le top 15 des meilleurs joueurs mondiaux (15eme en août 2021).



Un style de jeu universel

Anand est réputé pour jouer avec une rapidité hors normes, trouvant des combinaisons tactiques en quelques secondes. Il est d'ailleurs champion du monde de parties rapides sans discontinuer depuis 2003.  C'est un joueur très fort en tactique, qui joue de manière assez agressive, mais c'est également un solide défenseur. Son style est très équilibré.
En matière d'ouvertures, il n'est pas un aventurier. Il joue souvent
1.e4 alorsqu'il a les blancs ; avec les noirs, il ne s'éloigne guère des défenses classiques les plus solides.


Jouer contre une simulation d'Anand ?

Belle collection de simulation pour Vishy Anand :

Anand version Chessmaster 10 et 11


Un profil "Anand" était proposé avec le programme Chessmaster. Vous pouvez le lancer en installant dans l'interface Arena une vieille version du moteur The King de Chessmaster, modifiée pour fonctionner avec le protocole UCI. Vous pourrez le télécharger sur ce site.

Anand-Prodeo et Anand "moteur GM" de Lucas Chess

Ed Schröder a développé pour son moteur Prodeo toute une collection de profils imitant le style de grands joueurs, dont Vishy Anand. Lucas Chess propose également un profil "Anand" dans sa série des "Moteurs GM".


Anand pour Rodent III et Rodent IV, par Pawel Koziol

Un profil Anand accompagne Rodent depuis la version II. Pawel Koziol l'a actualisé pour Rodent III mais pas pour Rodent IV. Je m'en suis donc chargé.

Pawel Koziol a représenté Anand en attaquant prudent, mais le joueur indien pouvait être aussi parfois un défenseur modéré. J'ai donc proposé un profil pour cette autre facette d'Anand. Voir: "Vishy Anand pour Rodent IV".

Moteur Grand Maître Anand

Je propose également cette personnalité sous la forme de "Moteurs Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec les deux personnalités d'Anand, chacune déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.


En savoir plus sur Vishy Anand ?

Biographie de Vishy Anand sur Wikipédia

Anand sur Chess.com : biographie succincte, sept parties commentées, ouvertures préférées, sélection de 4145 parties.




Peter Léko

Peter Léko est un joueur d'échecs hongrois né en 1979 à Subotica (actuellement en Serbie). Enfant prodige, il a obtenu le titre de grand maître international à 14 ans et 4 mois, record qui ne sera battu (de deux mois) que par Etienne Bacrot.


Carrière échiquéenne

Champion du monde des moins de 16 ans en 1994, Léko explosa littéralement en 1998 ; affrontant l'élite mondiale des échecs, à Dortmund, Madrid et Tilburg il gagna consécutivement 40 parties, n'en perdant qu'une seule.
Léko a enchaîné dans les années suivantes les victoires à de nombreux tournois internationaux: Dortmund (en 1999, 2002 et 2008), Linarès (2003), Wijk aan Zee (2004)...
Ces succès lui ont permis d'être sélectionné à quatre reprises pour le championnat du monde à élimination directe, atteignant le troisième tour en 1999 et 2000. Il avait à peine 20 ans.
Finaliste du championnat du monde 2004, il affrontera le tenant du titre, Vladimir Kramnik, faisant jeu égal avec lui : 7-7 ; ce qui permis toutefois à ce dernier de conserver le titre.

Parmis les grands succès de Léko, on compte également sa victoire au championnat du monde rapide de Dubaï, en 2002.

Par la suite, Léko a un peu déçu. 5eme joueur mondial, il est à nouveau sélectionné pour les championnats du monde de 2005 et 2007, mais finit respectivement 5eme et 4eme, alors que beaucoup le donnaient comme favori. Il reste néanmoins une dizaine d'années dans le "Top 10" des meilleurs joueurs du monde.
De 2011 à 2015, le joueur hongrois a participé à la coupe du monde FIDE, mais il sera éliminé au 1er tour en 2011, au second en 2013 et au 3eme en 2015.

Actuellement (en 2021), à 40 ans, Peter Léko pointe à la 76eme place. Il n'est plus dans le peloton de tête, préférant mettre sa science des échecs au service d'autres joueurs. Il est par l'exemple l'entraîneur du très jeune joueur allemand Vincent Keymer, probablement un futur grand nom de la discipline. A l'occasion de compétitions majeures, Léko joue volontiers le rôle de secondant (par exemple auprès de Viswanathan Anand ou de Ian Nepomniachtchi...).


Style ultra-défensif

Peter Léko est moyennement apprécié des aficionados car c'est un joueur très peu combatif. Il campe en défense, déployant un jeu positionnel très solide, ne prenant jamais aucun risque. Il est très difficile à battre mais accumule les parties nulles, acceptant la nullité si elle lui est proposée même en situation de faible infériorité.  
C'est ce même tempérament frileux qui le pousse à préférer les ouvertures peu tendues.


Jouer contre une simulation de Peter Léko ?

Chessmaster proposait une simulation de Peter Léko. Si vous n'avez pas ce programme, il vous suffira de lancer le moteur The King version UCI depuis l'interface Arena et de sélectionner le profil "Léko" dans la liste des 49 personnalités proposées.  Sur la page consacrée au moteur de Chessmaster, vous trouverez également un lien pour télécharger trois bibliothèques d'ouvertures que j'ai réalisées à partir de plus de 1600 parties de ce joueur.


En savoir plus sur Peter Leko ?

Biographie de Leko sur Wikipédia


Leko sur Chess.com : biographie succincte, six parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 2751 parties.




Veselin Topalov

Veselin Topalov, né en 1975 à Roussé en Bulgarie, a été champion du monde des échecs en 2005 et le meilleur joueur mondial - ou le second joueur - entre  juillet 2006 et novembre 2009.  Son style flamboyant lui a valu également l'une des plus prestigieuses récompenses de l'époque : l'Oscar des échecs. 


Champion du monde et premier joueur mondial

Veselin Topalov ne commence à jouer aux échecs qu'à l'âge de huit ans mais ses progrès sont fulgurants. Peu avant son quatorzième anniversaire, il gagne le championnat du monde des moins de 14 ans, finit second du championnat du monde des moins de 16 ans en 1990 et obtient le titre de Grand Maître International en 1992, à 17 ans.  Dans les années suivantes, il accumule les victoires à des tournois majeurs. Sélectionné pour le championnat du monde 2004, il atteint la demi-finale avant d'être battu par Roustam Kassimdjanov. Il conquiert haut  la main le titre mondial l'année d'après en obtenant 10 points sur 14 possibles.

Veselin Topalov au championnat d'Europe d'échecs par équipes de Varsovie, en 2013 (Photo Przemyslaw Jahr) ->


En 2006, les championnats du monde FIDE et classique sont réunifiés. Pour sa première édition, la nouvelle compétition se passera d'une longue sélection : il est simplement décidé que Topalov, champion du monde de la fédération internationale, affrontera Kramnik, le champion du monde "classique" à Elista, capitale d'une  petite république russe, la Kalmoukie, La confrontation est assez perturbée, Topalov accusant Kramnik de tricherie. A la fin des 12 parties, le score est égal : 6-6. Mais Kramnik remporte le titre au départage. 

Premier joueur mondial en 2006, Topalov est le troisième joueur de l'histoire des échecs à dépasser 2800 Elo. Il conservera la tête du classement mondial de juillet 2006 à janvier 2007, cédera un moment la place à Viswanathan Anand, puis la reprendra en octobre 2008. Il la conservera jusqu'en novembre 2009. Par la suite, la carrière du grand maître bulgare a marqué le pas. Quinze ans après la conquête du titre mondial, Topalov reste tout de même encore (en juin 2021) le 10eme joueur mondial. 


Le plus beau style depuis Garry Kasparov

Veselin Topalov est réputé avoir un style proche de Garry Kasparov, ce que confirme Topalov lui-même. Vladimir Kramnik, qui a attentivement étudié son jeu pour le championnat du monde réunifié de 2006, a écrit à son sujet : "Le style du grand maître bulgare se caractérise par un jeu très agressif avec une recherche perpétuelle de coups dynamiques complexes, souvent au prix de sacrifices. Cette tendance peut le conduire à perdre des parties dans une position égale..." 

(ci-contre, Topalov en 2012, au tournoi de Wijk aan Zee - Photo Stefan64)

Comme Kasparov, Topalov est loué pour son style très esthétique. Malgré la complexité de ses combinaisons, ses parties produisent la même impression d'harmonie que celle de son aîné, Garry Kasparov. Le joueur bulgare est aussi un battant qui joue pour gagner, même avec les noirs. C'est à son style et à sa combativité autant qu'à ses brillants résultats qu'il doit son ''Oscar des échecs''. 


Simulations de Topalov pour Rodent IV

L'un des meilleurs connaisseurs du moteur Rodent, Brendan J. Norman, a développé une simulation du jeu de Veselin Topalov pour Rodent III. Sa diffusion est restée confidentielle mais l'auteur de Rodent, Pawel Koziol, l'a finalement publié sur son espace GitHub à l'occasion de la mise en circulation de Rodent IV. Restait à en assurer la conversion pour cette ultime version du moteur de Pawel Koziol, ce dont je me suis chargé.
L'auteur ayant volontairement accusé les traits stylistique du GMI, j'ai développé une version alternative, plus douce. Voir "Topalov pour Rodent IV".


En savoir plus sur Topalov ?

Biographie de Topalov sur Wikipédia

Topalov sur Chess.com : biographie succincte, sept parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 2620 parties.

L'immortelle de Kasparov, Wijk aan Zee, 1999 : partie entre Kasparov et Topalov, que Kasparov considère comme son meilleur jeu.




Magnus Carlsen

Magnus Carlsen n'est pas une personnalité très connue du grand public, comme a pu l'être autrefois Garry Kasparov, un temps son mentor. Pourtant, il n'a rien du champion du monde de passage qui chauffe le fauteuil en attendant le retour du vrai champion - ou l'arrivée du suivant. Aussi précoce que Kasparov ou peu s'en faut (GM à 13 ans), détenteur du record du Elo le plus élevé jamais atteint par un humain (2882) et bien sûr victorieux d'un nombre faramineux d'épreuves prestigieuses, dont le championnat du monde, c'est un phénomène, qui n'a pas à rougir de la comparaison avec les plus grands joueurs du passé

(photo : Magnus Carlsen par Niki Riga /Chess.com).


Détenteur du titre mondial depuis 2013

En 2013, Magnus Carlsen a ravi à Vishy Anand le titre de champion du monde que le joueur indien détenait sans discontinuer depuis cinq ans.  Il le conservera contre Anand l'année suivante, contre Sergueï Kariakine en 2016, contre Fabiano Caruana en 2018 et contre Ian Nepomniachtchi en 2021. Autre fait remarquable : il est le premier joueur à détenir simultanément le titre dans les trois contrôles de temps notés par la FIDE : "standard", "rapid" et "blitz". Car évidemment, Carlsen est aussi un redoutable joueur de parties rapides !


Ordinateur humain

Le style de jeu de Carlsen n'est pas totalement conventionnel. Pour commencer, il ne se préoccupe pas spécialement d'obtenir un avantage dès l'ouverture. Il se contente de faire en sorte d'arriver à une position solide. S'il est un bon "généraliste" des ouvertures, il n'en est pas un spécialiste, comme l'a fait remarquer Vishy Anand. Par contre il possède une vision de la situation sur l'échiquier d'une justesse qui confine au surnaturel. Sa capacité à évaluer la valeur d'une position fait concurrence à celle de puissants moteurs d'échecs tel que Stockfish, plus fort que les meilleurs joueurs humains.  
Cette maîtrise de la position fait de lui un joueur à la Karpov. L'analogie du boa-constrictor, qui prend son temps et entoure lentement sa proie en l'étouffant, autrefois affublé à l'ancien champion du monde russe, est remployée pour Carlsen, non sans raison. Dans une finale considérée à priori comme nulle, il est capable de reprendre le dessus grâce à de petits avantages positionnels accumulés.
C'est un peu le revers de la médaille. Carlsen n'est pas un joueur offensif, adepte des coups fumants, comme il le reconnaît lui même : "Je n'essaie pas de briller par un coup flamboyant, ni d'écraser mon adversaire, mais je joue, coup après coup, en restant concentré et créatif" (interview à Numero.com). Du coup son jeu ne passionne pas les foules.

Jouer contre une simulation de Magnus Carlsen ?

Trop jeune pour être présent dans Chessmaster 4000 Turbo et pas assez connu pour être dans Chessmaster 10 et 11, Carlsen n'a pas intéressé non plus Pawel Koziol, qui préfère les grands maîtres d'autrefois. La seule simulation disponible du champion du monde en titre reste celle qui accompagne l'interface Lucas Chess. Le GMI norvégien est en effet l'une des 16 personnalités "GM" offertes avec le logiciel. Bien que de qualité, elle n'a pas la finesse d'une simulation réalisée avec Rodent. Ce sera toutefois certainement l'une des prochaines personnalités pour Rodent IV que je développerai. Je vous tiendrai informés.
Si besoin, téléchargez ici une bibliothèque d'ouvertures Polyglot (.bin) réalisée à partir de 2648 parties gagnantes ou nulles de Carlsen. Elle pourra remplacer la petite bibliothèque de Lucas Chess.





Maxime Vachier-Lagrave


Maxime Vachier-Lagrave, dit souvent "MVL", est né en 1990 à Nogent-sur-Marne, dans la région parisienne. C'est le meilleur joueur français actuel et probablement le meilleur joueur français de tous les temps - si l'on excepte le jeune joueur d'origine iranienne, Alexis Firouzja.

MVL a commencé à jouer aux échecs à l'âge de cinq ans et a rapidement accumulé les faits d'armes : champion de France des moins de 8 ans en 1997,  des moins de 10 ans en 1999, des moins de 12 ans en 2000 puis des moins de 16 ans en 2002... A 16 ans et 10 mois, il remporte le titre de champion de France.
A l'international, il remporte, en 2009, le titre de champion du monde junior. Vachier-Lagrave a obtenu la norme de grand maître international à 14 ans et 4 mois, un record battu seulement par Abhimanyu Mishra (devenu GMI à 12 ans et 4 mois).


Carrières échiquéenne

Après 2009, la carrière de MVL s'internationalise. Il remporte plusieurs fois le tournoi de Bienne, gagne le championnat d'Europe de blitz (en 2010 et 2012) et participe à plusieurs reprises aux sélections de la coupe du monde : il atteint la huitième de finale en 2009, la demi-finale en 2013, le quart de finale en 2015, la demi-finale en 2017 et 2019...
Il se classe premier, second ou troisième de nombreuses compétitions ou tournois, ce qui fait de lui en 2016 et 2017 le deuxième joueur mondial, avec un Elo de plus de 2800 points. Il semble alors qu'il soit l'un des concurrents les plus sérieux de Magnus Carlsen pour le titre mondial. Mais son échec en finale de la coupe du monde lui interdit de participer au tournoi des candidats du championnat du monde 2018.

<- Maxime Vachier-Lagrave lors du tournoi de Dortmund 2016 (photo : Euku)


Ses résultats dans les années suivantes seront un peu décevants : troisième du Grand Prix FIDE 2019, troisième de la coupe du monde 2019, il ne peut en principe être sélectionné pour le championnat du monde. Les organisateurs ont la possibilité de choisir un huitième candidat, mais leur choix se porte sur le russe Kirill Alekseïenko. Finalement, c'est le retrait de l'Azerbaïdjanais Teimour Radjabov, pour cause de pandémie, qui permet à MVL de participer au tournoi des candidats. L'épreuve commence en mars 2020. Tout se passe bien au début pour le joueur français, qui est premier æquo avec Ian Nepomniachtchi, à la septième ronde. Mais l'aggravation de la pandémie contraint la FIDE à suspendre le tournoi, qui ne reprend qu'un an plus tard. MVL termine second, à un minuscule 1/2 point derrière Nepomniachtchi, qui affrontera donc Carlsen au prochain championnat du monde.
Une petite déception pour lui comme pour nous, mais MVL n'a que 30 ans et encore beaucoup de temps devant lui.


Style de jeu

Maxime Vachier-Lagrave est un redoutable attaquant, très fort en tactique car capable de calculer très profondément. Son jeu est dynamique et mobile, ne reculant devant aucune complication. Il aime les situations déséquilibrées et confuses, dont il est souvent en mesure de s'extraire.  C'est un joueur très peu matérialiste, qui sacrifie très facilement du matériel.
On a souvent reproché à MVL d'avoir un répertoire d'ouvertures très limité. Lorsqu'il a les blancs, il joue le plus souvent 1. e4 en misant sur des classiques variantes de la Ruy Lopez, de la Giuoco piano ou de la Caro-Kann. Avec les noirs, il privilégie  la défense sicilienne, en particulier la Najdorf contre 1. e4 ;  et la défense Grünfeld, qu'il maîtrise comme personne, contre 1. d4.  
C'est un choix délibéré de sa part, qui a, dit-il lui-même, ses avantages et ses inconvénients. Il semble cependant que cela lui réussisse plutôt, pour le moment...



Jouer contre une simulation de MVL ?

Maxime Vachier-Lagrave pour Rodent IV, par Rob Robinson

Très peu de joueurs de la dernière génération ont droit à une simulation. J'ai commencé à combler ce manque avec une simulation du joueur français pour Rodent IV. Le profil est disponible sur la page que je consacre aux grands maîtres de Rodent IV. Voir "Maxime vachier-Lagrave pour Rodent IV ?"


Moteur Grand Maître Vachier-Lagrave

Cette personnalité existe aussi sous la forme d'un "Moteur Grand Maître", moteur Rodent IV autonomisé avec la personnalité Nimzowitch, déclinée en 10 niveaux de force, de 1200 à 3000 Elo, et accompagnée d'un jeu complet de bibliothèques pour s'adapter à la force choisie.



En savoir plus sur Maxime Vachier-Lagrave ?

Biographie de Vachier-Lagrave sur Wikipédia

Vachier-Lagrave sur Chess.com : biographie succincte, cinq parties commentées, ouvertures préférées et sélection de 3241 parties.


Le site officiel du champion français


 
 
 
 
 
 
 
 
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